OGM : les vrais ennuis commencent

10 février 2008

Notre aimable Parlement est en train de discuter la loi sur les OGM, post-Grenelle de l’Environnement. Les débats avancent dans le style un cheval (pour les pro-OGM), une alouette (pour les contre) : j’interdis le Monsanto 810, mais je permets les “expériences” en plein champ ; je donne le droit de cultiver sans OGM, mais aussi de cultiver avec (comme s’il y avait un juste équilibre) ; etc.

Dans le même temps, la presse spécialisée (presque personne ne reprend l’info) donne une inquiétante nouvelle. Aux Etats-Unis, on a planté beaucoup d’OGM, notamment de coton. Certaines de ces cultures ont un gène emprunté à un microbe, le Bacillus thuringiensis, qui produit une toxine appelée Cry1Ac, laquelle est insecticide et rend le coton capable de lutter contre ses parasites.

Problème. Le coton qui sécrète l’insecticide en question, et dont on pensait qu’il était “miraculeux” (les semenciers nous le vendaient pour tel), a induit chez les insectes qui le boulottent un phénomène de résistance. Notamment chez les chenilles de papillons noctuelles Helicoverpa zea. Certaines souches de ces bestioles se moquent désormais des toxines de la plante.

Le même phénomène s’est produit avec tous les insecticides : on a utilisé le DDT, le DDD et leurs cousins, avant de voir apparaître des résistances et de devoir utiliser d’autres molécules, toujours plus toxiques, notamment des organophosphorés et des organochlorés (parathion, malathion, lindane, gaucho, régent… : rien que de beaux noms).

Grâce aux semences OGM, non seulement nous aurons des problèmes de dispersion de gènes indésirables dans la nature ; non seulement nous diagnostiquerons des troubles de la santé chez les consommateurs (allez m’expliquer qu’un maïs ou un blé bourrés d’insecticides internes sont à recommander !) ; mais nous allons mettre notre agriculture dans une situation désastreuse. Si les ravageurs résistent aux OGM insecticides, et que la variété des semences continue de chuter parce que les semenciers accroissent leur monopole, alors les bestioles s’en donneront à coeur-joie.

Il nous faudra traiter à grands coups de pesticides chimiques des champs d’OGM bourrés de pesticides biologiques. Nous aurons répandu dans le sol, l’eau, l’air et les êtres vivants, y compris nos enfants, au gué, au gué, non pas deux fois moins de pesticides, comme on veut nous le fait croire, mais deux fois plus.

Une éclatante victoire de la raison humaine…

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42 Responses to OGM : les vrais ennuis commencent

  1. San C says:

    Aaaah, les fameux OGM. Ce miracle de création humaine qui, sous de souvent faux prétextes, notamment la mise à mort potentielle de la famine, se sont insinués bien méchamment dans notre société verreuse…
    A quand le jour où notre organisme sera rendu si confus par ce bombardement de substances non naturelles qu’il ne se reconnaîtra ni d’Eve, ni d’Adam, et que nous nous réveillerons avec des cornes sur la tête et une queue en tire-bouchon? Ou bien les transmutations ont-elles déjà commencé?…
    Mais enfin, soyons optimistes, car tout va si bien dans le meilleur des mondes…

  2. Jean-Christophe says:

    Ce que vous exposez ici était prévisible sauf par les politicards qui nous dirigent hélas

  3. Le cyclo écolo says:

    Le mur approche… et pour les politicards qui nous dirigent, ce ne sont que ceux que nous méritons !

  4. Anne-Marie says:

    Petite anecdote et témoignage : Dans les années 80, (hier à l’échelle de la Terre), combien de victimes humaines sont arrivées en urgence au Centre Anti-poison de Tunis,(au service de réanimation) ayant ingéré volontairement ou touché accidentellement du parathion, poudre du Diable, vendue sur les marchés à côté de produits inoffensifs?Preuve que les fabricants préfèrent leur tiroir caisse et ne se soucient pas de l’utilisation de leurs produits chimiques. Leurs comportements changera-t-il en 2008? Combien de molécules ont été testées pour le programme Reach? Et testées sur qui?(Voir le site de Anditode Europe ) Merci à Yves Paccalet pour toutes ses interventions et aussi pour son accueil sur ce blog!

  5. Gilles says:

    Ceci n’est pas de la provocation (nous avons ici depuis quelques temps un troll professionnel, je m’en voudrais de lui piquer son job :-) ) mais je me demandais comment positionner, par rapport à la note de Yves, la position du sieur de Kervasdoué qui dit grosso modo « l’interdiction du DDT a causé des milliers de morts car les vecteurs du paludisme qu’il détruisait ont proliféré » (je résume).

    Soyons clairs je soutiens le discours d’Yves (entres autres) à 100% et je considère le sieur de Kervasdoué comme un dangereux individu (en tous les cas son discours l’est). En revanche, il est toujours bon de bien connaitre le propos de celui à qui l’on s’oppose. Et je suis curieux de lire vos arguments par rapport à ces positions trop entendues ces temps-ci (il est passé sur Inter à deux reprises à peu de temps d’intervalle).

  6. Fred says:

    Eh bien, on dirait qu’on fait fausse route avec ces OGM… Au départ je n’étais vraiment contre l’idée moi, je pensais qu’on pourrait sauver l’humanité avec ce genre de truc. Mais la nature reprends toujours le dessus et il faudra bien se faire à l’idée qu’on aura pas le choix et qu’on devra toujours continuer à nourrir ces petits insectes avec nos cultures… Et c’est peut-être un bien d’ailleurs…

  7. La réponse à Gilles est dans le commentaire de Fred : on sera toujours obligé de composer avec les bestioles… Elles sont là et bien là. A chaque fois que nous pensons les dominer, elles nous font un bras d’honneur !
    Avec le paludisme, il y a cinquante ans, on a cru qu’on allait tout gagner : ce n’étaient que chants de victoire. On massacrait les moustiques anophèles avec le DDT. Très vite, on a déchanté : les p’tites bêtes avaient créé des souches résistantes, et on a dû passer à des produits chimiques plus “efficaces”, jusqu’à l’apparition de nouvelles résistances, et ainsi de suite. Et ça ne finira jamais… Avec le paludisme, le pire est que non seulement les anophèles développent des résistances aux insecticides, mais les agents microbiens de la maladie (les protozoaires Plasmodium, notamment le pire : Plasmodium falciparum) en inventent à l’encontre des médicaments antipaludéens… Qui se retrouvent tous obsolètes les uns après les autres…
    Et le paludisme continue, aujourd’hui, de tuer joyeusement plus d’un million d’humains par an. Nonobstant les progrès de la médecine, le nombre de victimes ne diminue pas : il augmente…

  8. Gilles says:

    Merci Yves !
    Je ne sais pas si vous avez déjà eu à croiser le fer avec le sieur de Kervasdoué, mais je le classe dans la catégorie “Allègre”, sous-catégorie “pénible”, option “je vais tout vous expliquer, moi qui sais tout à vous qui ne pouvez rien comprendre”.

    Ce genre de gugusses fait un mal de chien en ce moment en redonnant du blé à moudre à des gens qui sont sur le point d’admettre le sérieux de la situation.

    Je le livrerais bien en pâture au petit jeune de Centrale Lille, moi….. :-)

  9. Francis says:

    L’homme apprend en tâtonnant, ce n’est pas nouveau. Le problème, c’est qu’aujourd’hui tout va trop vite, l’homme ne se donne plus le temps d’observer les résultats de ses expérimentations lorsque celles-ci demanderaient des années, voire des décennies.

    Comme l’homme n’est pas parti pour ralentir, il nous faut juste espérer ne pas taper dans un mur.

    Le problème majeur de notre monde, c’est l’accélération que nous avons impulsée à son évolution.

  10. veronique says:

    Qui croire ?
    Vous trouverez,en lien , et sur ce sujet, l’avis (éclairé?) de mon député, (aimable parlementaire) membre du “comité opérationnel recherche” dit comité Guillou (pdg de l’inra)- mis en place par Jean-Louis Borloo, chargé de “définir une stratégie nationale de recherche dans le domaine environnemental ”
    http://www.jyledeaut.fr/content/view/214/1/
    Le comité est composé de 21 membres, et regroupe des représentants de la recherche académique, de l’industrie, ainsi que deux parlementaires , le sénateur UMP Henri REVOL (21) et le député PS JY LE DEAULT, au titre de l’opecst office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. Il est chargé de rendre ses conclusions en juin. Source : Le Monde -12 janvier 2008 – et blog du député.
    Est-ce que vous voulez que je vous envoie la réponse qu’il m’avait adressée (par son cabinet) lorsque je l’avais personnellement et citoyennement interrogée sur le sujet (j’entends par là en tant qu’individu tout nu comme un ver, sans assoc ni ong derrière moi ? ;-)

  11. Gilles says:

    Je rejoins Francois. Non seulement l’homme a tendance à tout faire trop vite (le syndrome de la zapette ?) mais de plus on ne se préoccupe plus beaucoup des objectifs. Pourquoi fait-on les choses ? Quelle est la motivation à l’origine des OGM, à part bien sûr le fait qu’on a un jour découvert que l’on pouvait bricoler le patrimoine génétique d’organismes vivants.

    Le tri se fait surtout sur l’opportunité de business, qui est devenue aujourd’hui le discriminant majeur entre la simple existence d’une capacité technologique et sa mise en œuvre effective sur le terrain.

    Un des problèmes est que l’aspect « commercial » est souvent soigneusement caché dans les débats, ce qui fait que ceux là apparaissent biaisés, voire incompréhensibles – et le sont souvent si on ne remet pas l’argent dans la photo.

    Pour moi (point de vue strictement personnel) c’est vraiment ce qui se passe avec les OGM, où finalement les aspects brevets (des semences), intérêts (de Monsanto, des gros agriculteurs….) sont complètement passés au second plan – en tous les cas dans les débats les plus publics et les plus récents. Je ne vais même pas sur le terrain de la légitimité (ou non) de ces intérêts, je dis simplement qu’en les occultant on fausse complètement le débat. Puisque cet aspect (économique) est un des mobiles majeurs de cette activité (exploiter les OGM).

  12. Marc says:

    Merci Véronique pour cette déclaration de Jean-Yves Le Deault, Docteur ès Sciences et député. J’ai relevé un point qui à mon humble avis est symptomatique de notre société : « C’est une nouvelle pitrerie politique à laquelle on assiste, car le maïs MON 810, cultivé depuis plus de dix ans en France, a été autorisé successivement par Lionel JOSPIN, Jean-Pierre RAFFARIN, Dominique DE VILLEPIN et aujourd’hui, François FILLON. Il a été cultivé en Espagne, sur plusieurs dizaines de milliers d’hectares et à l’étranger sur plusieurs millions d’hectares depuis 15 ans. S’il était dangereux pour la santé ou l’environnement, cela se saurait. ». Voilà tout est dit. Dix ans, quinze ans, c’est l’éternité pour notre Société, autrement dit pour notre système économique, docteur ès sciences compris.

  13. Gilles says:

    Et oui pour poursuivre sur les traces de Véronique et Marc, j’ajouterais qu’un titre de “Docteur Es Sciences” donne une légitimité (enfin est utilisé comme un étendard de légitimité) alors que quand on sait quel peut être le contenu d’un cerveau à la fin d’un tel doctorat, on peut avoir quelques doutes sur la légitimité des propos…..

    Je ne dévalorise pas le titre ni le cursus, je dis juste qu’après un doctorat « généraliste » le « docteur » a encore un peu de lait qui sort du nez si on le presse, et que c’est l’expérience de vie (professionnelle mais surtout pas que professionnelle ! ) qui va donner le sens à ses avis.

    En résumé, ce n’est pas le titre qui m’impressionne, pas non plus les rapports et commissions listées (j’en ai vu des gens nommés dans des tas de commissions….). Et oui, comme le dit Marc, les « 15 ans » mentionnés comme évidence d’innocuité allument des tas de signaux d’alarme dans ma petite tête….. :-)

  14. Vincent says:

    Encore une preuve de l’utilité très relative des OGM (ça date de ce matin):
    http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/genetique-1/d/ogm-un-papillon-fait-de-la-resistance_14543/

    Apparament les OGM ne suffiraient plus, il faudrait rajouter des plantations non OGM pour eviter les mutations génétiques des chenilles.
    A moins qu’ils inventent les OGMERE : organisme génétiquement modifié et remodifié ensuite, ça durera jusqu’à que la chenille se réadapte, et une fois que ça sera fais il restera plus qu’a faire des OGMEREERE : organisme génétiquement modifié et remodifié ensuite et remodifié encore, jusqu’au jour ou le maïs à force de modification sera devenu une tomate, et ne fera donc plus partie du régime de la chenille.

    Je crois que je tiens un concept, j’envoie mon CV à Monsanto de ce pas !

  15. Vincent, alors là, oui ! C’est plus qu’un concept : c’est la fortune assurée, au minimum jusqu’à la disparition définitive de l’humanité, boulottée par une chenille mutée, remutée, reremutée et rereremutée, jusqu’à devenir anthropophage ! Il faut breveter tout cela immédiatement…

  16. Gilles says:

    Quand on rentre dans ce genre de spirales on devrait quand même réaliser qu’on est à cote de la plaque… cela me rappelle les hurluberlus qui veulent saupoudrer je ne sais plus quelle poudre de perlimpinpin dans l’atmosphère pour absorber le CO2… Après on élèvera des éponges pour manger la pâte résultante, sans doute, en attendant de créer une nouvelle chimère pour nous débarrasser des éponges, etc etc…. :-(

  17. ERGU says:

    Les OGM sont conçus pour un monde vivant statique alors que le vivant est justement fait pour s’adapter en permanence…
    On aurait quand même pu se douter du résultat…

    L’effondrement de la biodiversité végétale par monoculture de quelques espèces ne manquera pas de provoquer l’effondrement de la biodiversité animale, aidé en cela par les labours, les engrais, les pesticides… et nous courrons à la catastrophe.
    C’est quand même pas compliqué à comprendre !

    Une firme agroalimentaire a un intérêt commercial évident.
    Soit.
    Un gouvernant pense compétitivité et équilibre des comptes.
    Admettons.

    Bon, mais tout de même, l’humanité entière ne “réagit” pas !
    Une découverte scientifique ou une catastrophe écologique qui choque un jour est intégrée le lendemain.
    On s’habitue à tout, très vite.

    Concernant sa survie, le vivant est “résistant”, mais le pensant est “tolérant” :
    …tout comme le crabe qui ne sent pas, jusqu’à trop tard, que la température de l’eau monte, dans la casserole.
    …tout comme cette grande partie des juifs en 40 qui ont préféré se laisser arrêter, puis se laisser parquer, puis se laisser transporter dans des trains puis…

    Alors “résistons” !

    à la José Bové ?
    mais ses méthodes antidémocratiques me gênent,
    je le trouve “intolérant” !

    Peut-on être “résistant” et “tolérant” à la fois à une autre échelle qu’à celle du groupuscule ?

  18. Gilles says:

    Nous avons la chance de vivre dans un régime grosso-modo démocratique, où donc l’opinion d’un groupe, à partir d’une certaine taille, pèse. Plus ou moins (voir l’échec politique des verts). Où aussi le pourcentage, même « non-groupé », pèse aussi.

    Donc transmettre le message, convaincre, jouer la capillarité est une méthode de résistance qui a ses chances. Après tout, si il me faut une semaine pour convaincre 3 personnes, y compris d’en faire autant leur tour, au bout de 4 mois nous serons déjà à peu près 5 millions de convaincus (preuve par l’absurde que ce n’est pas si facile sinon nous y serions déjà… :-) ). Néanmoins je pense que la méthode « vente directe » a ses mérites.

    Je n’aime pas trop non plus l’idée de balader des tètes au bout de piques. Mais là aussi c’est une méthode qui a fait ses preuves pour convaincre quelques récalcitrants qu’il était temps de changer de paradigme (quoique l’on se retrouve avec une noblesse d’état qui parfois ne vaut pas mieux que l’original). Les méthodes du moustachu sont quand même plus soft et mine de rien, leur impact médiatique a surement contribué à quelques prises de conscience.

    L’essentiel ne serait-il pas de croire, et de pousser le rocher, chacun à son rythme, chacun à son niveau, en passant le message ? On va y arriver !

  19. Anne-Marie says:

    Tout à fait d’accord avec Gilles.Je pense que la fin justifie les moyens , petits et grands , sans oublier toutefois que chacun (à son niveau) doit respecter deux morales: celle de l’intention et celle du comportement. Reste à définir la morale…J’en laisse le soin à notre philosophe, poète et botaniste…

  20. Vincent says:

    Pour ma part je déprime totalement à chaque fois que je lis une infos relative à l’environnement, et donc je serai plus partisant de la méthode du coup de pied aux fesses, une méthode un peu brutale mais ô combien efficace.

    Même si certains idiots osent remettre en cause le réchauffement climatique, les dauphins et les orques sont les seuls cétacés à ne pas être en voie d’extinction, il reste 6000 tigres sur toute la planète, les abeilles disparaissent à vue d’œil, les forêts du monde entier continuent inexorablement de perdre du terrain fasse à notre horrible et puant bitume, et la liste est encore affreusement longue : et ça c’est indiscutablement de notre faute.

    Si j’en avais l’occasion, il y a une question que j’adorerai poser a nos cher dirigeants :
    Comment il voient le monde de l’an 2200 ? (200 ans c’est des clopinettes à l’échelle de la vie)

    A votre avis l’an 2200 :
    1 – il ne reste que des humains et du maïs OGM (l’auteur du livre “2000 recettes à base de maïs” est multimillionaire :-D)
    2 – c’est l’hiver nucléaire, il ne reste rien
    3 – tout va bien, les humains ont disparu sans faire de vagues, le reste des espèces ne s’en porte que mieux.

    Moi j’hésite entre la 1 et la 2.

  21. Gilles says:

    J’hésite entre la 2 et la 3 ou un mix des 2. Et ça fait beaucoup plus que me désoler vu que dans l’intervalle mes enfants et petits-enfants en auront surement bavé (lire « ça me révolte »).

    Sous l’emprise de boissons alcoolisées il m’arrive de rêver au pays des Hobbits de Tolkien…. Empreinte écologique raisonnée et pas de Porsche Cayenne dont le bruit vient m’extraire de mon rêve… :-(

  22. Juste pour améliorer le moral général…
    Vincent, hélas ! est encore trop optimiste : les tigres, c’est sûrement moins de 5 000 survivants, certains spécialistes disent : moins de 3 000. Les populations de dauphins, selon les espèces, sont en régression, voire en chute libre. Le baiji, ou dauphin du fleuve Yangzi, en Chine, vient de disparaître en 2007 ; fini ! C’est le premier cétacé que l’homme élimine définitivement. Les orques, ces super-dauphins noir et blanc, souffrent comme les tursiops, les dauphins à long bec et tous les super-prédateurs, des reconcentrations de produits toxiques (pesticides, métaux lourds, PCB, etc.) dans la pyramide alimentaire : ces pollutions accumulées les rendent stériles et ruinent leur système immunitaire.
    Quant aux prédictions de Vincent pour l’an 2200, elles sont vraisemblables, sauf que je les daterais plutôt de 2100 !

  23. Eliane says:

    Tout à fait d’accord avec Anne-Marie et Gilles

  24. Vincent says:

    @Gilles :
    Je me souviens m’être fait traiter de hobbit par un parisien quand je lui ai dit que je détestais Paris, et que je ne pourrai jamais venir vivre dans un endroit sans arbre.

    A la tienne Gilles, vive la hobbit attitude !

  25. stien jean-marie says:

    Tigres et Trichoptères même combat ? Pas plus que le crabe ne sort de sa casserole, le trichoptère ne sort de son foureau, alors, il ne nous reste plus qu’à sortir de nos terriers de Hobbit et à former la communauté de l’anneau.

  26. Marc says:

    Je vais essayer de faire un effort pour être un petit peu plus optimiste que vous.
    Malgré toute la puissance que nous humains attribuons à notre espèce, je ne pense pas que celle-ci soit en capacité de s’éradiquer totalement elle-même. Elle a de grands pouvoirs de destruction (on en parle à longueur de débats sur ce blog) mais l’instinct de survie est toujours là et comme pour toute espèce il s’applique un jour ou l’autre. De plus à cet instinct de survie « animal » l’humain ajoute des limites « Rationnelles et Spirituelles » associées à sa capacité de penser. Dans ce contexte je ne retiendrai pas l’hypothèse de notre disparition par une guerre nucléaire planétaire. Cette puissance destructrice colossale reste globalement dissuasive. Si l’utilisation d’une bombe ou deux de faible puissance dans un conflit régional n’est malheureusement pas impossible, les conséquences ne seraient pas la disparition de l’espèce humaine.
    Je ne pense pas non plus que notre folie énergétivore conduisant inéluctablement à un dérèglement climatique très grave se traduira dans quelques centaines d’années par la disparition totale de l’homo sapiens. Bien sûr les populations seront décimées, probablement par d’énormes pandémies (le réchauffement va se traduire par un manque d’eau, de grandes famines, et évidemment par une attaque généralisée de virus et microbes en mission de régulation). La population de la planète pourrait alors redescendre sensiblement en dessous du milliard d’individus ce qui ne serait pas une extinction mais un retour à un certain équilibre. On peut aussi imaginer que les populations qui seront les moins décimées seront celles des pays riches (comme par hasard) possédant déjà les territoires qui resteront habitables (nord des continents Américain et Eurasien) et qui auront les capacités de lutter contre les pandémies par l’isolement, l’hygiène et l’utilisation d’antibiotiques et de vaccins sophistiqués, réservés aux riches bien sûr. Une planète avec une faible population constituée que de riches disposant de tout le reste de la planète pour vivre, l’idéale quoi !
    Au fait j’oublie un petit détail, quid de la diversité biologique ? Contrairement aux cycles « glaciation-réchauffement » qui laissaient beaucoup de temps aux animaux et végétaux pour se déplacer vers de grands territoires et s’adapter, le réchauffement extrêmement rapide qui s’amorce sera très destructeur pour la biodiversité. Alors qu’adviendra-t-il de l’Homme seul au sommet d’une échelle avec une multitude de barreaux absents ou défaillants ?
    Comme notre cher Président le pense, persiste à le dire et reresigne, il y aura toujours l’espérance en un Dieu qui dans sa grande sagesse ne pourra que protéger cet Etre hors nature qu’il a créé à son image.
    Bon je sais que j’ai encore dévié par rapport au sujet initial, mais cette fois on m’y a poussé n’est-ce pas Ergu, Vincent et Gilles ! Et oui je cherche encore des excuses pour éviter des critiques tout à fait justifiées de femmes très disciplinées et je continue à planer bien haut avec mon cerveau lent.
    Salut à Yves et à vous tous et vive la Saint Valentin.

  27. L’image que donne Marc du problème de la biodiversité – l’homme sur son échelle, avec un nombre toujours croissant de barreaux brisés – est très juste. Non seulement nous ne pouvons pas monter plus haut, mais il nous est impossible de redescendre. Or, à partir d’un certain nombre de barreaux manquants, c’est l’échelle entière qui s’effondre…
    Les perspectives générales sont désastreuses, mais la montagne, à Tincave, est stupéfiante de beauté : le Grand Bec, le Grand Creux Noir, les glaciers de la Vanoise resplendissent en tenue blanche. Les mésanges (bleue et charbonnière) viennent picorer les graines sur le balcon, avec aussi l’accenteur alpin, le pipit farlouse, et un merveilleux pic épeiche peinturluré de noir, blanc et rouge. Les merles, grives, pinsons, rouges-queues, bouvreuils et autres esprits de l’atmosphère volettent alentour. Le couple de grands corbeaux qui niche au-dessus du torrent commence ses parades acrobatiques (la parfaite illustration de l’amour : voler ensemble dans la même direction, et en harmonie absolue). Il y a quelques jours, j’ai vu planer au-dessus des épicéas le gypaète barbu, le plus grand et le plus beau des vautours, réintroduit dans les Alpes, et dont un couple s’est établi juste de l’autre côté du mont Jovet, dans la vallée de Peisey-Nancroix…
    Bref, tout va mal, mais tout va bien, comme d’habitude ; seule importe, dans l’instant, la proportion des ingrédients.

  28. Marc says:

    Merveilleux ! Merci Yves. Il faut savoir savourer l’instant présent. Depuis ce belvédère qu’est Tincave les occasions de rêves et d’évasions sont fréquentes. Cela fait toujours beaucoup de bien et pour le témoin et pour le lecteur surtout quand celui-ci est dans le brouillard comme aujourd’hui.

  29. Gilles says:

    Un grand Merci a Yves et à Marc pour ces souffles de fraicheur sur nous aut’ povs déprimés ! :-)

    Vivement le printemps (chacun ses goûts) pour aller réveiller les marmottes (faut bien qu’elles profitent un peu de nous avant que nous ne nous raréfiions).

    Dans l’hypothèse « Marc » je me demande juste si les humains qui resteront accrochés en haut de l’échelle sans barreaux seront devenus un peu plus sages que maintenant ou si au contraire l’adversité (que nous aurons provoquée) les aura rendus aigris.

  30. Jeanne says:

    Cela y est ! Des OGM nous passons aux grandes questions d’éthique. Il n’y a pas si longtemps, on avait cru à la perfectibilité de l’homme. Coucou Condorcet ! toi qui croyais au “perfectionnement réel de l’homme.” Puis au “progrès de la civilisation, de l’instruction et de l’industrie, sans entraîner, ni dépendance, ni humiliation, ni appauvrissement.”(Esquisse d’un tableau historique des progrès et de l’esprit humain.)
    Patatras ! on se rend compte que l’homme n’est qu’un prédateur, au mieux un “apprenti sorcier” toujours plus goulu de pouvoir et de fric, qui a mis son extraordinaire puissance cérébrale au service de la destruction non seulement de ses semblables mais de tout ce qui vit sur la planète.
    Ne m’en voulez pas de ce pessimisme excessif, mais je suis dans une région où on plante du maïs qui demande un arrosage qui vide les nappes phréatiques. Il est courant au mois de juillet et août d’être rationné (pas d’arrosage dans les jardins, des bains et des douches raisonnables, etc.) Et je ne reviens pas, bien évidemment, sur le problème des OGM.
    En plus, aujourd’hui, dans cette même région, port méthanier qui va “foutre” en l’air le dernier estuaire naturel d’Europe.
    Alors où sont les raisons d’espérer en une entité supérieure qui, hélas ! n’existe que dans l’esprit humain, et a été créée pour que ce même humain continue jusqu’au bout à exhaler son petit souffle de vie et à accepter que ce soit toujours les mêmes qui profitent de ce qui est bon et beau.
    Dur, dur ! tout de même, en ce début de XXIe siècle d’admettre que “l’éthique de la connaissance” soit, selon Jacques Monod, “la seule attitude à la fois rationnelle et délibérément idéaliste… L’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’Univers d’où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n’est écrit nulle part. A lui de choisir entre le Royaume et les ténèbres.” (Le hasard et la nécessité)
    Aujourd’hui, je me demande s’il y a, et un “Royaume et des ténèbres”. Tout au plus, certainement le grand “silence éternel des espaces infinis” (merci Pascal) et le néant. Est-ce si difficile de l’accepter ? Pour moi, qui ne suis pas une nature résignée, c’est apaisant. J’ai l’impression que nous sommes fous et je choisis le “carpe diem’ en regardant un groupe de petites cailles, dodues et joyeuses, qui ont pu échapper au chasseur, et se repaissent de pain et d’huile dans le jardin en me regardant d’un oeil rond et luisant. Puissé-je être une petite caille !

  31. ERGU says:

    “Tout va mal, mais tout va bien… seule importe, dans l’instant, la proportion des ingrédients.”
    C’est exactement le problème !
    Notre tolérance collective en découle.
    Considérant qu’on s’habitue à tout, l’humanité pourrait tolérer longtemps des images d’épidémies, de cyclones, de famines et de conflits régionaux réglés à coup de bombe atomique avant de réagir.
    Et encore, la proportion dans l’instant d’une majorité d’inconvénients mise en balance avec les avantages à court terme de ne pas modifier la trajectoire… peut conduire plus loin.
    Enfin, l’inertie des mesures prises pour réparer les dégâts repousse la guérison aux calendes grecques,

    Merci à Marc pour sa très belle intervention, pondérée et argumentée.

    Je pense, comme Marc, que «l’humanité ne disparaîtra pas», mais qu’elle sera incapable de se réguler elle même.
    Le plus probable effectivement, c’est que notre belle planète et son biotope vont s’en charger pour nous ramener à une plus juste proportion, voire à de meilleurs sentiments (?) pour la suite de l’histoire.

  32. hifi says:

    S’il n’y avait que les OGM comme pb. majeur pour la planète,tout ne serait pas si grave…

    Je vous en suggère un autre ,bien plus sournois, sur mon site:

    http://sarvodayawanadoofr.blogspot.com

  33. axel says:

    Ce n’est pas exactement en rapport mais j’ai appris un fait qui m’a beaucoup intéressé:

    Saviez – vous que les abeilles qui butinent des plantes transgéniques perdent le sens de l’orientation? Elles ne retrouvent pas la ruche et meurent. Si toutefois, elles échappent aux OGM et rentrent à la ruche avec du pollen contaminé par d’autres polluants, des “gardiennes” les tuent à l’entrée…

  34. Pingback: O.G.M., LES VRAIS ENNUIS COMMENCENT « Libertes & Internets

  35. Pingback: [OGM] Echec du Coton Bt, de graves conséquences ? at A l’air libre

  36. La “semaine sans pesticides” c’etait du 23 au 30 mars……en avril, déclarons toute les semaines sans pesticides !
    voici un extrait du documentaire ” Le silence des abeilles” de Doug Shultz ( USA 2007) diffusé sur la chaîne “National Geographic” (diffusé le 22 mars rediffusion le 26 avril 2008 )

    Dans une region de Chine ou, conséquence d’un usage intensif de pesticides, les abeilles ont disparues, des centaines d’ouvriers agricoles fécondent eux-mêmes les fleurs des poiriers…hallucinant !
    http://www.dailymotion.com/AMAPD/video/x4rmcv_le-silence-des-abeilles_lifestyle?from=rss

    Merci de faire circuler

    Michel Berthelot
    http://www.amapd.org
    (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne en Dracenie)

  37. julius says:

    Je revient sur ce post car je viens de lire les infos…
    Devait-on s’attendre à autre chose qu’à cela? Le problème est plus important qu’on ne le pense et qu’on nous le fait croire: il s’agit d’un dénie total de démocratie qui engage tout notre futur alimentaire.
    La population française est très majoritairement contre les OGM, il est PROUVE que les OGM sont -dans l’état actuel des choses- dangereux à de nombreux titres, les preuves sont nombreuses et facilement consultables.
    Notre “gouvernement” s’est tout simplement laissé soudoyé par une multinationale de sinistre mémoire dont les moyens de pression sont largement connus.
    On nous a bercé de vert fluo pendant des mois de Grenelle et de “machin durable” tout ça pour en arriver au contraire…
    C’est un gouvernement fantoche dans une république bananière qui nous vend la mort pour les générations qui viennent. Heureusement que nous donnons des leçons de morale et droits de l’homme aux autres pays.
    On me dit que je vois tout en noir et que je ne fais confiance à personne. Les faits ont toujours parlés pour moi. Ils viennent hélas encore de le faire ce soir.
    Je ne comprenait pas cette histoire de Sarko en train de parler de la retraite des paysans au congrès de la FNSEA alors qu’on attendait le résultat du vote sur la loi OGM. Puis cette histoire avec Nathalie-K M qui occupait tout l’espace médiatique. Une fois de plus on a cristallisé l’opinion publique sur un détail, un “truc” pour diluer voire faire oublier l’enjeu. Et bien sûr si on attend pour les médias “légaux” pour être au courant…
    Allez, je retourne jardiner et demain je rachèterais des graines pour mon jardin. Plein, vraiment plein.

  38. Isa says:

    Tiens, on est bien sur ce blog!
    En fait ca ne m’étonne pas, 20 ans que j’aime Paccalet (inclu dans les biblio de tous mes rapports, en tout bien tout honneur).
    Pour votre moulin: il y a dans chaque gramme de sol quelques millions d’organismes dont 90% sont inconnus (bactéries, champignons, virus, prions et autres) qui se font surement un plaisir de bouloter les petits fragments d’ADN mal tricotés à grands points par nos ingénieurs du vivant. Mais enfin! non au grand jamais il ne peut y avoir de transfert interspécifique enfin! Quoique c’est surement ce que l’on disait quelques mois avant la découverte de l’ESB. Arrêtez moi si je me trompe.

    J’aimerais me tromper en fait.

  39. Pingback: OGM : pas plus d’avenir que les pesticides - . Ecosociété

  40. Flore says:

    J’ai vu une émission hier qui m’a déconcertée, encore une fois. Une émission que j’aime et à laquelle vous participez de temps à autre – hier, c’était sur les OGM – Et, entendre des scientifiques clamer haut et fort que les OGM ne sont rien d’autre qu’une toute petite modification d’un gêne, et ajouter, un sourire aux lèvres, narquois et supérieur, que nous ne pouvons tout simplement pas comprendre car nous ne comprenons rien à la science, entendre ça me donne la nausée. Me coupe l’herbe sous le pied, sape mon moral. Je venais de terminer votre livre “l’humanité disparaitra, bon débarras!” Oh oui, qu’elle disparaisse et vite car elle me fait peur – ces personnes sont effrayantes et tout droit sorties du pire thriller, les serial killer au moins sont considérés comme des monstres, ces personnes elles, ont droit de citer, de parler et de condamner le monde, le sourire aux lèvres et l’oeil frisant… S’il y a une raison d’espérer, qu’on me la donne. J’ai aujourd’hui le nez dans votre livre “sortie de secours” et ose croire qu’une lueur d’espoir me sera accordée – mais DE-CROI-SSAN-CE me semble avoir également beaucoup de détracteurs, tout aussi dangereux que ceux précédemment cités (les mêmes?) – et j’entends tous les jours des personnes affirmer être heureuses au volant d’une grosse voiture rouge et rire de mon amour des coquelicots… qu’ils ont en fond d’écran de leur i-pod/touch/ou quoi que ce soit. J’aimerais trouver d’autres flocons pour faire plier la branche, mais ils se font rares…

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