Requin tueur, surfeur tué : le requin n’y est pour rien !

10 mai 2013

Encore un « accident de requin » à la Réunion. Un surfeur est attaqué. Le squale le mord à la cuisse et au bras. Hémorragies fatales… Je m’associe au deuil de la famille. J’aimerais que ce drame ne se soit jamais produit. Mais quand des « responsables » de clubs de surf ou des « responsables » politiques tiennent des discours irresponsables, je m’insurge. Lorsque j’entends des appels du style : « Il faut réguler les populations de squales », je comprends trop bien qu’ils signifient : « Massacrons ces sales bêtes ! » Je me remémore mes plongées avec l’équipe du commandant Couteau, et nos émerveillements quand nous côtoyions les requins. Nous tenions ces poissons pour certaines des plus belles créatures de la mer. Pour des modèles de perfection animale dans l’élément liquide…

À la Réunion, d’après ce qu’en ont rapporté les médias, le surfeur a fait preuve d’une inconscience fatale. L’eau était trouble : dans de telles conditions, qu’on désire surfer ou nager, la plus élémentaire prudence commande de s’abstenir. On doit, de même, redoubler de précautions à l’aube ou au crépuscule, quand la lumière est faible. Au reste, selon ce que j’en ai lu, les drapeaux d’avertissement « Requins ! » étaient hissés sur la plage. Le surfeur les a négligés. Il a agi en touriste, en vacancier préoccupé de consommer le service qu’il avait acheté. Il avait loué une planche de surf, il surferait donc…

Nous avons plongé des centaines de fois avec des requins de toutes tailles, lorsque nous naviguions autour du monde, sur la Calypso. Nous nous sommes fait une idée assez précise des raisons pour lesquelles il arrive que les squales s’en prennent aux humains.

Primo, les requins attaquent rarement notre espèce : en moyenne, chaque année au long du XXe siècle, ils ont mordu environ cent humains et causé cinq morts. Dans la même période de douze mois, les humains pêchent, c’est-à-dire tuent, quelque cent millions de requins de toutes dimensions (je rappelle qu’il en existe plus de quatre cents espèces, dont la moitié mesurent moins d’un mètre de longueur). Si quelqu’un est dangereux pour l’autre, c’est l’homme pour le requin, et non pas le requin pour l’homme.

Secundo, la plupart des grands squales, les inoffensifs requin-baleine et requin-pèlerin, comme les grands carnassiers surarmés (requin blanc, requin-tigre, requin-bouledogue, longimane, peau-bleue, requin citron, grand requin-marteau, etc.), sont en voie de disparition. Leurs effectifs s’effondrent. Ces animaux superbes sont massacrés pour leurs ailerons (qui finissent dans le triste et insipide « potage » oriental). Ils souffrent de la surpêche humaine (qui les réduit à la famine), de nos pollutions et du réchauffement superficiel de l’océan. La survie de toutes les grandes espèces de squales est aussi problématique que celle du tigre, des éléphants, des rhinocéros, du jaguar ou de l’ours polaire.

Les requins n’attaquent pas l’homme pour le manger : ils n’aiment pas notre chair, ils préfèrent le poisson. Ils ne confondent pas non plus le surfeur et sa planche avec une tortue marine : la précision prodigieuse de leurs organes des sens annule cette hypothèse. Les morsures que peuvent nous infliger le requin-bouledogue (impliqué dans le drame de la Réunion) ou ses cousins, relèvent de la défense du territoire. Le squale mord pour protéger son espace vital, qu’il estime violé et reviolé par le nageur ou le surfeur. Le poisson avertit plusieurs fois l’étranger. En plongée, son comportement de menace est clair. En surface, le surfeur ou le nageur ne voient rien : et le prédateur finit par donner le coup de dents fatal…

C’est ici que se pose la question essentielle : au nom de leur « liberté » de surfer – de leur « droit » aux plaisirs de la nature et aux vacances « émotion » –, les touristes oublient que la mer ne leur appartient pas ; que les squales y barbotaient quatre cent millions d’années avant les congés payés ; et qu’en allant chevaucher les vagues dans toutes les conditions, ces intrépides ou ces inconscients se conduisent comme s’ils sautaient à pieds joints dans la cage d’un pitbull et s’étonnaient d’être mordus…

Notre addiction à la consommation effrénée de loisirs est stupide. Elle nous accable de blessures et de deuils. Imagine-t-on, dans un parc naturel africain, un homme ou une femme qui s’en iraient faire leur jogging en pleine savane, à la tombée de la nuit ou par temps de brouillard, au royaume des lions et des léopards ? Ce qu’a osé le pauvre surfeur à la Réunion, l’autre jour, et dont sa vie a constitué le prix, c’est exactement cela. Il aurait pu, tout aussi bien, aller piquer une tête dans une mare à crocodiles, s’aventurer en apnée dans un troupeau d’hippopotames, ou sortir prendre l’air sur la banquise en compagnie ours blancs. Qu’auraient exigé les autorités « responsables » dans de tels cas ? Qu’on élimine tous les lions, toutes les panthères, tous les crocodiles, tous les hippopotames et tous les ours ? Et les serpents, et les araignées, et les moustiques ?

Je m’associe au chagrin de la famille du surfeur tué par un requin à la Réunion, mais j’en conjure mes semblables : si nous voulons jouir de la grande nature, respectons-là ! Ne la considérons pas comme un terrain de jeu ! Apprenons à la connaître et écoutons ceux qui savent ! Cette année, dans les Alpes françaises, près d’une trentaine de skieurs hors piste sont morts, emportés par des avalanches. Dans la plupart des cas, le risque était connu, annoncé, seriné par les médias ; et les drapeaux d’alerte déployés. Les malheureux y sont allés quand même, pour le « fun », parce qu’ils avaient payé leur moniteur, parce qu’ils imaginaient être assez forts ou assez veinards pour s’en sortir.

Le requin et l’avalanche se ressemblent : ils sont l’image sublime et terrifiante de la puissance de cette nature dont nous avons besoin, mais qui peut aussi nous anéantir. La différence entre les deux tient dans le fait que, lorsque quelqu’un meurt sous la neige et les rochers, personne n’ose demander la « régulation » du nombre de coulées dans la montagne.

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47 Responses to Requin tueur, surfeur tué : le requin n’y est pour rien !

  1. vivien says:

    Entièrement d’accord.

    Je renvoie au blog du plongeur Fred Buyle, qui a nié un à un les arguments de ces soi-disant “surfeurs”.

    Une attitude préventive consiste à voir les requins arriver, cas de plusieurs surfeurs dont un plonge afin d’assurer la sécurité.

    Une député, une sénateur de la Réunion ont défendu les eco-systèmes, quand le député-maire de Saint Leu fait honte à son île.

    L’attitude de ces soi-disant surfeurs est de même nature que des motards coupant des arbres au bord des routes.

    Le mythe marketing du surfeur “proche de la nature”, c’est fini.

    Il y a 10 ans, le surfer’s journal demandait aux surfeurs cool de ramasser 10 déchets sur les plages à chaque session, afin de donner l’exemple, échec total …

    Aujourd’hui, la surfrider foundation refuse de se désolidariser de ces beaufs comme débarqués d’un charter AOM qui réclament le massacre des requins, alors que l’océan est le territoire des requins.

    En clin d’oeil au dernier livre de l’auteur, les requins, qui ne trouvent quasiment plus rien à manger à cause de la surpêche, et sont excités par toutes sortes d’activités ou rejets en mer, participent à la régulation démographique du nombre de surfeurs/nageurs/plongeurs, c’est aussi une sélection darwinienne, les plus futés, ou chanceux, éviteront la mort !

    C’est plus noble d’être mort d’une attaque de requin, que d’être mort comme Andy Irons, d’une overdose de drogue, non ?

    Non mais de quoi ils se plaignent !

    Ils veulent s’attribuer l’image du surfeur écolo, aventurier, gérant le risque des vagues … mais ils ne veulent aucun risque ?

    Qu’ils aillent au wave park artificiel …

    A noter que le père de Jeremy Flores a eu une attitude indigne dans cette affaire, toute comme le gérant d’Iluka, ou ces excités malmenant Didier Dérand.

    Je reviens d’un resort de surf au Mentawai, certains surfeurs qui y séjournent ne sont même pas capables d’enlever les canettes qu’ils ont bues … sûrement c’est aux employés indonésiens de le faire … néo-colonialisme !

    Le surfeur hippie, cool … est une exception, mais il en existe encore.

    Une ironie : dans la société française réclamant le risque zéro, les requins ont été plus protégés, le TA annulant la chasse aux requins, que dans la société australienne apparemment libérale, où jusqu’alors c’était l’indifférence à la mort d’un surfeur, mais où la recrudescence d’attaques a fait changer d’avis le gouvernement de WA qui a autorisé de tuer les requins … c’est le cas aussi en matière de protection des côtes contre le bétonnage … en Corse, annulation des permis des verrues bling bling de Séguéla, en WA, aucune loi permettant aux associations de saisir la justice et d’éviter le bétonnage d’Injidup …

  2. Bernard says:

    addiction souveraine,
    le bonheur est possession,
    un credo,le fun.

  3. Biodiversité says:

    Bonjour Yves.
    Je partage à 200 % ton points de vu, je vient passé cette semaine en montagne des sorties tout les jours (même avec le mauvais temps), Beaufortains, Vanoise,…Je me trouvais avec des amis(e), et je disait à la petite fille et son petit frère, ici la montagne doit être respecter pas de bruit, pas de déchets,mais surtout je lui est raconté l’histoire de Capra Ibex(Bouquetin des alpes) comment et pourquoi il doit être respecté pour pouvoir vivre en longtemps.Amitié de la Tarentaise,nous somme passé a Bozel aujourd’hui(balade champagny en vanoise).

  4. Marc Giraud says:

    Pour une fois, les médias n’ont pas mis en cause la protection des requins, mais bien pointé la responsabilité du surfeur, c’est à noter. Mais il reste beaucoup de progrès à accomplir sur l’ours et le loup…

  5. Rabourdin says:

    Bonjour Yves,

    Je suis entièrement d’accord avec votre analyse.
    J’aimerais cependant une précision.
    Quand vous écrivez “Je me remémore mes plongées avec l’équipe du commandant Couteau, et nos émerveillements quand nous côtoyions les requins” j’ai en tête les images de requins massacrés par un compagnon du commandant dans le film “Le monde du silence”

    J’aimerais savoir s’il y avait eu des explications après ce film à propos de certaines images aujourd’hui choquantes. Je sais qu’il y a un contexte et cela n’enlève rien à mon admiration pour la pensée du commandant.

    http://www.eco-sapiens.com/blog/wp-content/requin-hache.png

    • v says:

      Là aussi j’ai l’impression d’une grande plasticité, adaptabilité de l’auteur … comme le grand écart entre être à EELV, servir un discours typique hors des réalités à la EELV (comme de considérer que Mélenchon, ou le FN, des politiciens professionnels stérilisant un électorat limité, constitueraient une réelle menace, ou de considérer important le mariage pour tous, alors que la modernité c’est l’abolition du mariage), et ensuite, “notre maison brûle” dans son dernier pamphlet !

  6. Antoine says:

    Quand des skieurs imprudents se font emporter par une avalanches est-ce qu’on décide d’exploser la montagne où cela s’est l’accident s’est produit? Non je suis pas un spécialiste du surf et des requins mais s’il y a des précautions à prendre, si on veut mettre en place des personnes ou des caméras qui détectent les requins dans des zones de suveillance alors qu’on le fasse plutôt que de partir en guerre contre des animaux sauvages qui en l’occurrence existent des puis des centaines de millions d’années.

  7. ludovic pirazzoli says:

    Bonjour,
    je reconnais dans votre lettre et dans les commentaires votre amour de la nature.
    Qui est aussi celui des surfeurs de La Réunion.
    Pourtant, vous vous trompez quand vous résumez les faits à, je vous cite: “d’après ce qu’en ont rapporté les médias”
    Et vos propos apportent aujourd’hui plus d’eau au moulin de la discorde qu’à la compréhension du problème.
    Je vous invite à me contacter par FB, mail ou téléphone, à ce que nous nous rencontrions, si vous avez le besoin d’aller plus loin dans l’échange avec moi.
    J’en serai ravi.
    Et pour préciser: Il semble plutôt qu’il n’y avait pas d’outils (panneaux, drapeaux) avertissant quoique ce soit sur la dite plage des Brisants, où a eue lieu l’attaque et qui est à 800 mètres de l’autre plage “Roches Noires”. Concernant la population requins autour des côtes, elle n’est pas celle que les réunionnais ont toujours connus. Notre espèce n’est pas das son élément dans l’eau, cela ne nous empêche pas de décréter de ce qui est bien, bon pour les milieux marins. La création de la réserve marine, entre autres et qui n’a pas été faites en collaboration avec les pêcheurs du coin, des pépés plus vieux encore que le commandant Cousteau. Une réserve qui a été savamment orchestrée par des bureaucrates. Comme la ferme aquacole. Comme ceux qui sur Terre, là où c’est bien notre élément, des spécialistes nous ont dit que la meilleure chose à faire est de mettre des pesticides, insecticides, fongicides pour manger bien et mieux. Le cancer s’en porte aussi bien que les mers et les Océans. Nous avons d’autres batailles à partager. Je comprends vos peurs (je comprends trop bien qu’ils signifient : « Massacrons ces sales bêtes !) et vos colères. mais sommes nous vraiment de ceux qui peuvent jeter les premières pierres?

  8. v says:

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-tour-de-france-merite-t-il-d-135647

    Yves Paccalet, vous qui êtes des Alpes, il vous faut aider ce jeune qui se bat afin de protéger un éco-système d’exception menacé de destruction …

  9. Tursiop says:

    Très juste et bonne analyse à mon sens d’Yves;
    Le problème est que le “tourisme consumériste” est confié à des “prestataires commerçants” et des consommateurs de loisirs; alors que comme tous milieux “sauvages”, la mer, la montagne etc, devrait d’abord avoir l’avis plus éclairé de scientifiques, mieux connaisseurs des milieux naturels;
    Idem pour la “soit disant menace” du loup, qui voudrait être “éliminé” par ceux qui n’y voient que leurs propres intérêts (éleveurs qui finalement pensent surtout à leur “gagne pain”, plus qu’aux moutons et autres, qui de toute façon vivent bien loin de leur “liberté naturelle” !); Ils parlent de “reproduction rapide” des loups, il y en a apparemment à peine 250 dans les massifs montagneux en France; 250 loups et c’est déjà “surpeuplé ? ! Que dire alors de l’espèce humaine, autrement plus nuisible et prédatrice, qui compte 60 millions et plus d’individus rien qu’ en France ?
    Ah j’oubliais, quand il s’agit de se remettre en cause et de voir ses propres “nuisances”, l’homme est finalement tout aussi primaire et incapable de sagesse, et de tolérance d’autres formes de vie;

  10. martine says:

    Aussi d´accord avec cette analyse. Le fait divers est tragique et ruine la vie d´une famille, mais il reflète parfaitement l´inconscience crasse des humains et leur obstination à se prendre pour le nec plus ultra de la création. Ils se trompent grandement et de temps à autre, prennent une leçon magistrale en pleine poire, qui devrait leur inculquer une petite dose de modestie. Et pourtant, les avertissements de ce genre ne servent à rien.
    Espèce nuisible et invasive, homo sapiens, occupe les espaces naturels pour assouvir son insatiable besoin de “fun”, de sensations. Il envahit sans scrupules les moindres recoins de la planète, il prétend aimer la nature mais en fait elle lui sert seulement de cour de récréation. Perché sur la crête des vagues ou accroché à la paroi d´un sommet himalayen il se croit invincible, il joue le surhomme. Pourtant, il s´étonne naïvement ou pleure quand certains résidents des milieux qu´il profane ainsi, osent se défendrent à coup de dents contre son intrusion. Il s´invite partout sans plus se demander s´il est le bienvenu. Homo sapiens se pense toujours le bienvenu, le doute ne l´effleure même pas.

  11. Jerome Queste says:

    De part votre grande expérience, vous comprenez sûrement que la situation des attaques de requins à la Réunion est plus complexe que le bref exposé que peuvent en faire quelques reportages à sensation.

    1 – Les surfeurs de la Réunion avaient jusqu’en 2011 pris l’habitude d’un petit nombre d’attaques, en moyenne une par an. Ce “tribut” payé à l’écosystème, nous le considérions comme le prix à payer par la communauté du fait du risque inhérent au partage de cet écosystème avec ceux que vous appelez des “magnifiques animaux”.
    Depuis 2011, la fréquence d’attaque a été multipliée par 10. Les attaques avaient lieu principalement le soir, après de fortes pluies et épargnaient le littoral Ouest. Depuis 2011, le risque touche également les abords de la Réserve Naturelle Marine et les plages très fréquentées de Boucan Canot, Saint-Paul et Saint-Leu. Ce qui met la communauté du surf réunionnais en émoi et l’incite à des excès condamnables, c’est le sentiment – discutable mais effectif – d’une forte augmentation du nombre de requins sur une côte jusqu’alors épargnée.

    2 – Globalement, les humains tuent plus de requins que l’inverse. C’est un fait. Mais localement, depuis 2011, on en est à 3 humains pour 1 requin. Ne pensez-vous pas injuste de faire payer aux réunionnais le prix de la sur-pêche chinoise au nom d’un principe de compensation mondialisé? “Si ce n’est toi, c’est donc ton frère” disait le loup de La Fontaine. N’avons-nous pas progressé dans notre appréhension de la justice depuis?

    3 – Je vous suis reconnaissant de mettre fin au “mythe de la tortue” mais je frémis à l’idée du protocole expérimental qui vous a permis d’arriver à la conclusion que les requins préféraient la chair du poisson à celle de l’homme. Avez-vous laissé des requins choisir entre un cadavre – ou un bout de cadavre – et un poisson? Avez-vous procédé plusieurs répétitions de cette expérience? Avez-vous essayé avec des morceaux d’humain encore vivants?

    4 – Votre comparaison avec les avalanches est pertinente sur deux points: Tout d’abord, le risque requin, au delà de la vie de quelques inconscients met en péril l’industrie touristique réunionnaise. Avant de hurler que la vie d’un squale a plus de valeur qu’une nuit d’hôtel, je vous suggère de vous intéresser au taux de chômage dans cette région de France en déperdition. D’autre part – ce sera ma conclusion – le risque lié aux avalanches est géré dans les Alpes par la création de pistes de ski sécurisées. Nous, surfeurs réunionnais ne demandons pas plus: Que la préfecture sécurise 4 ou 5 spots, soit une longueur de côte de cumulée de moins d’un kilomètre et nous serons les premiers à dénoncer les inconscients qui pratiquent du surf “hors-site”, à militer pour la protection de l’écosystème, voire à financer l’ensemble du dispositif.

    Cordialement,

  12. martine says:

    Même sujet : la lettre hebdomadaire de Gérard Charollois, président de la “Convention Vie et Nature, Mouvement d´écologie éthique et radicale pour le respect des êtres vivants et des équilibres naturels”

    “Du mur des arriérés à celui des indifférents.”
    “Nos concitoyens subissent le bourrage de crâne de ´l´horreur économique`et ignorent tout du grand défi matériel et éthique qu´est la mort de la nature, victime de homo economicus.
    Bien sûr, généralement, à l´exception de l´infime minorité que sont les chasseurs, nos contemporains disent aimer la faune, les espaces naturels, les paysages préservés, les sites tranquilles.
    Mais, ils veulent ignorer que tout ceci est condamné à disparaître en l´absence d´un changement radical de comportement.
    Sans cesse et partout sur la terre, des hommes fautifs veulent aménager, artificialiser, rentabiliser, urbaniser, tracer des routes, édifier des résidences, accroître les rendements agricoles.
    Tout élu local énoncera stupidement que son projet ´d´aménagement`ne porte qu´une infime atteinte au milieu, qu´il est tellement écologique, tellement bien intégré et laisse persister une zone verte.
    Zone verte que l´on réduira encore dans dix ans par un nouveau petit projet, avant de l´éliminer complètement juste un peu plus tard.
    Et puis, la faune, ça sert à quoi ?
    Le processus d´anéantissement perdure dans le silence complice des pouvoirs et des médias.
    En France, lorsque la faune est évoquée au parlement, c´est toujours pour son malheur. Tuer, détruire, limiter la biodiversité pour satisfaire le mur des arriérés est l´unique obsession de l´élu de circonscrition.
    Notre ami Pierre JOUVENTIN, auteur du livre “KAMALA une louve dans ma famille” fait observer que toutes les questions écrites posées par les parlementaires au ministère de l´écologie portant sur la présence du loup reflètent les préoccupations exterminatrices des arriérés.
    La ringardise de la classe politique tient sans doute à son mode d´élection, le scrutin uninominal à deux tours favorisant la mainmise de groupes de pression très locaux, agissant contre la volonté démocratique du pays et contre l´intérêt général.
    Le ministère ne peut dès lors que céder à ces pressions d´élus demandant la mort des 240 loups que compte la France qui pourrait en accueillir plusieurs milliers.
    Arriérés, oui, ces individus qui refusent à des espèces le droit de vivre, parfois pour des raisons de lucre, mais le plus souvent par a priori culturels.
    Or, la biodiversité implique le respect des équilibres entre proies et prédateurs.
    La Grande-Bretagne, par ailleurs paradis relatif des animaux, victime de son insularité, nous en offre l´illustration.
    Elle connaît une surpopulation de cervidés compromettant la régénérescence forestière. Les ´gestionnaires`des espaces boisés anglais envisagent de recourir à des tirs de ces herbivores surabondants, procédé extrême, dégradant pour l´homme qui s´avilit toujours en se muant en tueur.
    La solution serait la réintroduction des lynx et des loups dans ces forêts pour obtenir une régulation biologique, évitant à l´humain de faire l´apprentissage de l´acte abject de tuer.

    La protection de la nature passe par celle des prédateurs et notamment des renards, rapaces et mustélidés, ceux-ci ne buvant pas le sang de leurs proies avec leurs dents creuses, comme le racontent encore les chasseurs !
    La belette, consommatrice de micro-mamifères, pesant cent grammes et la fouine, la martre, le putois mangent la viande de leurs victimes et ne sucent pas leur sang.
    Il est frappant de constater combien ceux qui la combattent par le fusil, le piège et le poison méconnaissent la nature.
    L´ignorance caractérise ceux que les politiciens sans honneur gratifient du terme de ´gestionnaires de la faune`.
    Culturellement, la société contemporaine évolue dans deux directions apparemment opposées:
    —– 1 Nos contemporains tuent de moins en moins, prélèvent de moins en moins de nature, et récusent la chasse, loisir perçu comme une violence primaire et débile ;
    —– 2 Nos contemporains vivent dans un monde sans cesse plus artificialisé, aseptisé, éloigné de la nature dont ils se désintéressent.
    Les arriérés ont une vision fausse de la faune, de la flore et des milieux naturels, percevant la biodiversité comme une nuisance à exterminer.
    Les ´modernes`urbains hors-sol, uniquement préoccupés de ´culture anthropocentrique`, n´ont aucune vision de la nature et s´enferment dans un univers de béton, d´acier et de verre, ne connaissant de la planète que les oeuvres humaines sans mesurer qu´il y a bien d´autres formes de vies qu´il convient de sauver.
    Pour ces urbains ´dénaturés`, les milieux naturels sont perçus comme dangereux et dépourvus d´intérêts.

    “L´arriéré est nuisible à la planète.
    Le ´moderne`lui est étranger.
    Parce que nous, humains, sommes omniprésents et puissants par nos techniques, nous ne pouvons pas nous désintéresser de la nature.
    Nous devons tisser avec elle un lien d´alliance, de connaissance et j´ajouterai, d´amour.
    Des espaces doivent être laissés aux requins de la REUNION, aux tigres, aux éléphants et ici aux grands prédateurs.”
    Sans l´émergence de cette culture nouvelle, l´humanité sera une impasse évolutive et la cause d´une catastrophe, d´un vaste biocide dont la planète saura bien se défaire. Aussi, vant les billevesées économiques et spéculatives, avant les faux débats ressassés dans les médias, avant le nombriliste spéciste, l´impératif est de sauver la nature”

    Gérard Charollois

  13. martine says:

    Pardon, il faut lire “avant les billevesées…”.

  14. Tursiop says:

    Au bord de la plage
    Un requin a peur de l’homme
    Débarquant chez lui

    La mère requin
    Défendant son rejetton
    Donne un coup de dents

    Cités de béton
    Où l’homme en chien de fusil
    Méprise les loups

    Trottinant dans l’herbe
    Il s’en va comme le vent
    Le loup liberté

  15. martine says:

    Sensation dans les médias :”Un requin mordu par un surfeur réunionnais” !
    Les squales demandent la création d´un corridor de sûreté le long de la côte. Les attaques de surfeurs (genre homo touristicus pullulus) sur les requins, ont considérablement augmenté ces dernières années, les morsures ont fait de nombreuses victimes parmi les animaux, tout particulièrement chez les jeunes et les bébés dont la chair tendre offre moins de résistance que celle de leurs aînés. La salive humaine abritant en moyenne 900 millions de bactéries, on imagine les ravages provoqués par ces attaques sur la population des requins réunionnais ! 🙂

  16. martine says:

    Hors-sujet, pardon, mais important : le compte-rendu des manifestations d´Alès sur le site du CRAC Europe.
    http://www.anticorrida.com/Compte-rendu-des-manifestations-d-Ales.html

  17. martine says:

    Je me permets de réitérer, merci à vous Yves :
    dans un communiqué, la CONVENTION VIE ET NATURE par la voix de son président Gérard Charollois, “constate que le samedi 11 mai, cinq cents fonctionnaires de police étaient mobilisés à Alès (GARD) pour protéger les amateurs de torture publique d´un taureau, d´une éventuelle agression de la part des milliers de manifestants qui, à l´appel du COMITE RADICALEMENT ANTI-CORRIDA, dénonçaient ce spectacle de mort.

    Le ministre de l´intérieur, prétendument de gauche mais obsédé de séduire le public de droite par l´affichage sécuritaire, veut défendre la corrida, spectacle d´essence fasciste dont il est grand amateur.”

    Pour éviter que les maires renoncent à organiser dans leurs villes de telles représentations, il convient, pour le tast mort, de prévenir tout incident.
    En effet, soucieux d´ordre et de paix publics, les maires interdiraient la torture des taureaux chez eux si ces jeux généraient de quelconques troubles.
    Donc, pour le ministre, la défense de la corrida passe par la prévention de tout désordre aux abords des arènes. Aussi, le ministère mobilisa force CRS à ALES, pour sauvegarder l´image de la tauromachie et à NOTRE DAME DES LANDES pour encadrer les écologistes hostiles au grand aéroport de Monsieur le premier ministre.

    Cinq cents policiers à ALES samedi et 800 à PARIS pour encadrer les dérangés mentaux qui s´excitent autour des jeux de ballons !

    Voilà qui mérite une banderille politique sur Manuel VALLS !
    CVN”

    La police française protégeant la violence !!! Il faut le faire !!! Et tout cela avec les deniers du contribuable ! Pardon ? Il déteste le foot et la corrida ? Tant pis pour lui, on ne lui demande pas son avis ! Tais-toi et paye !
    A bien y regarder, on peut aussi faire le lien avec les requins : tout ce qui dérange les intérêts de certains, même s´il ne s´agit que d´une minorité, doit être contenu, baillonné ou, comme pour les squales, massacré.

  18. marie says:

    sur les abeilles syngenta obama et cie poutine menace! et si il menace on va pouvoir enfin se débarrasser de toutes ces merdes que des années d’alerte, de combat de dénonciation n’ont pas encore suffi à bannir définitivement de nos champs! http://globalepresse.com/2013/05/15/la-russie-avertit-obama-une-guerre-globale-sur-la-disparition-des-abeilles-menace/

  19. martine says:

    Même si Poutine n´a pas tort dans ce domaine, il ferait bien de balayer devant la porte de son isba ! La Russie, de par l´effondrement du bloc soviétique, s´est facilement délestée d´une partie de ses responsabilités “écologiques”, et ne s´illustre pas vraiment en matière de protection de la nature ! On peut raisonnablement s´imaginer que les abeilles russes auraient préféré la forêt de Khimki à l´autoroute de Vinci ! Et le journaliste Mikhaïl Beketov aussi, qui a laissé sa vie pour défendre le poumon vert de Moscou.

  20. Thomas Alegre says:

    Merci.

  21. Tursiop says:

    Tu peux prier tes dieux, petit primate humain
    Mais tu poursuis, odieux, de détruire de tes mains
    La terre et la vie libre qui flotte dans la nuit
    Rompant son équilibre, dévastant sans répit

    Une belle planète, de forêts et de mers
    Devient sous ta houlette, pollution et déserts
    Egoiste et avide, ta croissance est un flot
    Qui tel un feu acide brûle et répand ses maux

    L’argent devenu roi, et toi son pauvre esclave
    Les ours sont aux aboies, les plaines des enclaves
    Le béton est ton fiel, le bitume ton chemin
    Tu t’éloignes du ciel, le couvrant de parpaing

    Tu es le singe fou, qui se croit juste et sage
    Mais tu envahis tout, pour y mettre tes cages
    La nature répond, mais tu n’écoutes rien
    Tu mourras comme un con, tes dollars dans les poings

  22. fugier says:

    Une amie de la protection animale que je remercie, me fait découvrir ce blog. Je m’y sens bien, même si parfois, être écolo et lucide me fait peur et que je ne voudrais pas qu’on nous prenne pour des hallucinés pessimistes et négatifs ! Pour les requins, je suis d’accord, pour le mariage gay aussi, on voit tant d’horreurs dans la Protection Animale, alors le reste nous parait quelque peu.. passons… Dire ce qu’on est , ce qu’on fait pour la nature, avec tact, subtilité, intelligence, diplomatie… Dire je ne mange pas de viande en le chantant presque, c’est un défi de nos jours encore : L’écologie véritable est une telle école de maîtrise de soi et de ses humeurs, merci Yves, que je lis avec plaisir, et merci à tous.

  23. marie says:

    la russie a suspendu l’importation mais monsanto
    http://www.dailymail.co.uk/news/article-2208452/Russia-suspends-import-use-American-GM-corn-study-revealed-cancer-risk.html
    POur Martine une analyse du régime de Poutine , que faut il en penser?
    http://sos-crise.over-blog.com/article-poutine-il-est-une-chance-pour-la-russie-pour-le-monde-pour-la-paix-116266338.html
    ….”Succédant au gouvernement « ultracorrompu » d’Eltsine, la première tâche de Poutine fut de mettre un terme à ce pillage à grande échelle du pays. Il fallait museler la grande mafia en cheville avec les multinationales étrangères. Certains de ces mafieux ont pu être arrêtés, jugés et les transactions en cours bloquées. Ce qui a fait hurler les anglo-saxons au nom du “libéralisme économique” (3), des droits de l’homme et autres indignations “démocratiques”… La réaction allait être brutale. Du “grand ami” de l’après 11 Septembre, Poutine, allait immédiatement devenir l’homme à abattre.”….

  24. Bernard says:

    @marie ,

    21 journalistes assassinés sous l’ère Poutine!!!!!!
    Une pensée pour Anna Politkovskaïa.

  25. martine says:

    Merci Bernard.

    Marie,
    je ne doute pas de votre bonne foi, mais il n´en demeure pas moins que Poutine est un dictateur de la pire espèce. Il a été élu ? La belle affaire, Hitler le fut aussi, en son temps. Il parle couramment plusieurs langues, dont l´allemand ? Pas sorcier puisqu´il a été pendant quelques années espion du KGB en RDA. Poutine, le rambo de la taïga, le chasseur d´ours et de baleines, copain comme cochon avec Ramzan Kadyrov, le président tchétchène, encore un qui ne fait pas non plus dans la dentelle pour éliminer les voix dissidentes. A cette occasion, une pensée pour Natalia Estemirova.
    Peut-être le “charme” glacial de Poutine, son côté brutalo-macho plaisent-ils à certaines catégories de femmes, mais je n´en suis pas. 🙂

  26. Tursiop says:

    La russie de Poutine
    Tchernobyl politique
    Ne vaut pas Raspoutine
    Moine errant hérétique !

  27. marie says:

    mais enfin ce que dit cet article est très logique, vraiment je ne comprends pas ce parti pris anti ! à croire que la propagande insufflé par les medias d’ici marche très bien ! et si c’était vrai que ce type refuse de s’aligner? et si c’était vrai qu’il y a des manipulations pour le discréditer? qui peut dire le contraire à coup sur? il faut au moins garder le doute

  28. Tursiop says:

    La vraie question à mon sens, plutôt que de seulement porter les torts sur “les autres” (qui ont bon dos), c’est de se remettre d’abord soi-même en question :
    -Qui est prêt à ne pas ou plus faire de gamins pour cesser d’alimenter le requinisme démographique ?
    -Qui accepte sur le champs de cesser tout travail ou activité nuisible à la terre, aux êtres vivants et la nature, et ne plus alimenter le requin institutionnel ?
    -Qui est prêt a boycotter un système nuisible et à trouver d’autres façons de vivre plus respectueuses ?

    Les gens auront beau gueuler contre la pollution et le massacre de la planète, mais tant que chacun individuellement ou par effet grégaire, voudra se reproduire sans fin, voudra consommer sans détachements, voudra continuer à allumer le contact d’une bagnole, voudra continuer à batir un enième batiment ou barraque pour y mettre sa nichée, ou se rendre à un travail qui nuit à la vie des arbres, des animaux, de l’air ou de l’eau, entre autre, il n’y a aucun effet réel et un “stop” global et révolutionnant, donnant une chance à la terre de continuer à vivre, le temps qu’elle voudra…;

  29. martine says:

    Poutine va écrire au banquier 🙂 !

  30. Bernard says:

    @ equus à sinus ,

    En regardant la date de cet article je pense qu’il s’agit d’un poisson d’avril.

  31. equus asinus says:

    pour Bernard:

    hi hi! J’avais pensé qu’il avait perdu la tête …N’a-t-il pas été hospitalisé aux USA ou au Canada récemment?

  32. Bernard says:

    Hors sujet.
    Aux amis de Georges:
    Il n’ira plus sur les chemins,fleuris de rose et de jasmin…..

  33. mdt says:

    Nous vous invitons à signer la pétition I Field Good, initié par la Fondation Nicolas Hulot, qui a pour but d’intégrer quatre orientations à la réforme de la PAC afin de bâtir une agriculture et une alimentation d’avenir, écologique, juste et solidaire.
    >>> Je signe la pétition I Field Good

  34. Tursiop says:

    Un monde de fous
    Où seuls les arbres sont sages
    Et que l’humain coupe

  35. Laurence says:

    Un requin bouledogue de 1m60 à 1m80 a été vu dans le lagon en novembre dans les eaux prisées des baigneurs, réputées protégées. Pensez-vous qu’un requin de cette taille soit dangereux pour l’homme? Ne vaut-il pas mieux par précaution d’attendre qu’une solution efficace soit appliquée pour éloigner les squales avant de retourner à l’eau? Les arguments s’opposent et tous sont crédibles, difficile de trancher pour le profane… Permettriez-vous à vos petits-enfants de se baigner dans le lagon? Il est évident que si le risque d’attaque dans le lagon est réel, autant se priver de baignade. Privation ridicule pour certains, évidence pour d’autres… Un spécialiste tel que vous met en garde les siens? Une réunionnaise chassant l’info…

  36. jerome says:

    ca rappelle le débat loup/brebis dans les montagnes …

  37. Berlherm says:

    L’être humain est un animal comme les autres. Il est conscient (pas toujours) que ses parents lui ont infligé d’exister, que sa vie est courte, et qu’il doit la sur-vivre. Les congés payés sont des aumônes que la société nous accorde. Le seul problème est notre surnombre sur la planète.

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