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11 août 2006
Bonjour, les amis !
Un petit mot, ce matin, juste pour vous inviter à réfléchir sur cette phrase du philosophe français matérialiste du XVIIIe siècle Julien Offray de La Mettrie (Oeuvres philosophiques), que j’ai placé en exergue de mon Humanité disparaitra… :
« Je déplore le sort de l’humanité d’être, pour ainsi dire, en d’aussi mauvaises mains que les siennes. »
Devoir de philo du jour – que dis-je ? du siècle ! : « Est-il encore possible de résoudre le paradoxe de La Mettrie ? »
La récompense s’appelle la survie du genre humain. Bonnes pensées, La Mettrie avec nous !
Cela fait maintenant des années que j’essaie de trouver une réponse à cette question : « Est-il trop tard ? ».
Aujourd’hui, je sais que la réponse est certainement « oui ». Oui, car nous sommes allés trop loin, nous en avons fait trop, trop vite.
Oui, car, du haut de mes 15 ans, je suis tout le temps sur le terrain des futurs « adultes », le collège. Et, en maintenant 5 années de conscience, je n’ai connu qu’un seul adolescent qui faisait réellement attention, qui était, lui aussi, réellement conscient de la situation. Un seul sur plusieurs milliers.
Et, en plus de rester dans leur inconscience collective, de systématiquement fermer les yeux dès qu’on leur parle d’écologie, les centaines de « jeunes » que je peux voir tous les jours ne respectent absolument pas leur planète. Déchets par terre, canettes de soda, ect… Quand on sait que ce sont ces personnes qui auront leur environnement entre les mains dans quelques années, ça fait peur. Totalement imperméables aux changements, comme le sont leurs parents.
Enfin, « On a gardé nos convictions mais perdu nos illusions. » -Sinsemilia (oui, ce n’est peut-être pas le même niveau que ce cher Julien, mais ça n’en est pas moins vrai pour autant.
)
C’est un petit mot pour Thomas « bouteille de lait » Di Martino :
Cher Thomas, ton petit mot m’a touchée parce que je suis une vieille femme de 50 ans qui se souvient qu’elle pensait la même chose que toi, à 15 ans. Comme tu le comprendras, le problème n’est pas nouveau. Il y a un Monsieur il y a longtemps qui écrivait « l’an zéro », mais personne ne veut de l’an zéro ! Comme je ne voudrais pas que tu subisses les mêmes affres que moi, je t’envoie cette petite bafouille rien que pour toi, et pour tous ceux qui te ressemblent. Prends-la comme tu voudras.
Petit 1-Je ne sais pas dans quel collège tu es, il a l’air grave -mais je peux t’assurer que tu n’es pas seul. Dis plutôt qu’on est pas beaucoup, et hop ça va déjà mieux.
Petit 2- PARLE, ou plutôt trouve ton moyen à toi de parler. Pas trop : ça gave… Pas trop sérieusement, ça gave aussi. Il y a des moyens de faire passer les messages. : « tu sais combien il a fait de kms, ton yaourt ? ton poisson, il est au mercure ou au chrome ? n’importe quoi …(note que je me parle également à moi-même, là !)
Petit 3 – Il est pas trop tard pour que tu sois quelqu’un de bien. On a tous une échéance, la mort, et en l’attendant, et ben … ya de quoi faire ! ya des zuzines de biogaz à construire ! Il y a une video que j’ai trouvée sur le web qui s’appelle It’s not too late ; faite par Greenpeace, c’est un gamin comme toi, encore plus petit, qui n’est pas content du tout …
Petit 4 – Tu as bien un prof de français, d’histoire ou de géo, ou de SVT ? demande un débat autour du film d’Al Gore, ou quelque chose du genre … Même si le débat ne se fait pas, tu auras posé la question. TU auras fait quelque chose, et posé une graine. L’exemple est donné par Paccalet, Gilles Clement, Albert Jacquard j’en passe . Attrapons la balle au vol – J’ajoute que j’ai une copine, prof de SVT, qui se plaint de ses élèves exactement comme toi ! Faites un blog , tous les deux ….
Petit 5 – Un truc auquel je pense de plus en plus serait que tout le monde s’y mette pour établir « une banque d’arguments » (simples, à la portée des gamins de quinze ans comme toi qui doivent s’entendre dire plus d’une fois, mais oui, t’es jeune, t’es idéaliste, on en reparlera quand tu seras plus vieux et autres conneries, ou alors « mais si nous vous écoutions, vous les écolos, ce serait des pans entiers d’économie qui s’écrouleraient, les chômeurs et patati et patata » -Moi, ça m’a fait tourner autiste- Alors qu’il y a plein de réponses : Ah oui ? depuis quand il faut moins de gens pour fabriquer des choses intelligentes qui polluent pas que des conneries toxiques ? Et combien est-ce qu’ils étaient, les pêcheurs artisans qui ne bousillaient pas les plateaux continentaux , peut-être un peu plus que sur les mega-chalutiers …etc etc)
Petit 6 – C’est qui Julien ? Moi j’aime bien aussi « où tu vas, mon p’tit gars, où tu vas ? » ça c’est PAUSE Penser A Utiliser Son Esprit hi hi
Je t’embrasse. Véro le bléro.
Errata : A propos de « l’an zéro » que je mentionne à Thomas, et après lecture de Sortie de secours : C’est l’an zéro un, que j’aurais dû citer, et l’auteur c’est Gébé, bien sur. Ah ces cavités de mémoire …. les inconvénients du direct …. Mes excuses à Gébé. véro bléro
Profonde et amusante que cette citation de La Mettrie venant grâce à vous illustrer à merveille la suggestion de confier le pouvoir de régir nos vies à d’autres instances que celle de nos gouvernements d’opérettes, à la solde des maffiosi pétroliers et autres dealers spoliateurs de nos ressources au détriment de notre propre avenir.
Bien avant la création de Wikipédia, j’avais poussé sans grand succès, quelques amis programmeurs à créer un outil de partage des connaissances.
Projet complètement utopique selon eux car TOTALement dénué d’avenir!!!
Une véritable encyclopédie populaire, entièrement gratuite et accessible à tous, capable par recoupement d’informations et confrontation des points de vue les plus antagonistes, d’enrichir le savoir universelle;
au point de devenir la base d’un nouvel outil de gouvernement moins susceptible d’être sensible à la corruption et aux chantages.
Chose que Wikipédia aurait put représenté mais malheureusement rapidement étouffée dans l’œuf par l’instauration de barrières représentées par l’institution pourrie de ce que l’on appelle pudiquement les « gentils administrateurs »; (portes flingues boutonneux souvent salariés d’ organismes étatiques), chargés de bloquer l’accès non aux vandales saccageant inlassablement les articles les plus polémiques, mais uniquement aux personnes dont les connaissances sont jugées trop dissidentes.
Michel de Montaigne déclarait: « Enseigner, ce n’est pas remplir des vases mais allumer des feux! ».
Il faut croire que depuis ce dernier, les moyens en matière de lutte contre les « incendies » n’ont fait que des progrès.
Le bourrage de crane est devenu l’outil principal de contrôle des masses et le moteur de notre économie de surconsommation.
Quand aux autodafés, pratiques que l’on croyait d’un autre âge, celle ci ne dont que se multiplier sous tout les régimes y compris ceux sensés être les plus démocratiques, allant de la Chine à l’Italie, en passant par la Grande-Bretagne et la Russie, jusqu’à lancer des appels au meurtre contre ceux ayant oser décrire ce dont tout le monde se doute ou fait semblant d’ignorer.
Ecrivains, journalistes ou simples témoins alphabétisés sont désormais sur la liste des espèces menacées dés lors qu’ils osent penser par eux même et garder les yeux ouverts là où tout le monde préfère rester aveugle.
Aussi je vous souhaite, ainsi qu’à vos semblables, de ne jamais céder à la lâcheté si répandue de préférer une vie trop proche du sol et des semelles mais sereine, plutôt que de demeurer des géants parmi ses nains en osant affronter yeux dans les yeux, ce marteaux que tout les clous (et les punaises) redoutent