Les eaux de la paix

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Photo faite (me semble-t-il) à la ferme aux Crocodiles, Pierrelatte ; un bébé dans une feuille de Victoria regia.

10 mars 2007

On a connu les eaux de la discorde. Les eaux de la violence et de la mort… J’ai écrit, dans L’Humanité disparaîtra, bon débarras !, qu’au XXIe siècle, les deux fluides déclencheurs de guerres, peut-être de la guerre mondiale (la nucléaire, la totale, la finale), seraient l’eau et le pétrole. Je ne suis pas sûr, hélas ! d’avoir eu tort. Mais voilà qu’il me vient l’espoir d’avoir proféré une bêtise.

Je rédige cet article aujourd’hui. Je pars la semaine prochaine, avec ma casquette de président de la branche française de l’ONG Green Cross, cosigner à Jérusalem et à Jéricho un premier protocole d’accord sur la gestion des eaux locales, sur leur dépollution et sur leur plus juste répartition. Qui signera à terme, je l’espère de tout coeur ? Des Palestiniens, des Israéliens, des Jordaniens. Je voudrais que nous entérinions trois réalités. Primo, les eaux du Jourdain et de sa nappe phréatique sont insuffisantes en quantité pour alimenter la consommation des villes et des campagnes qu’elles sont censées fournir : la population locale ne cesse de croître. Secundo, elles sont polluées par mille résidus domestiques, agricoles et industriels. Tertio, rien ne pourra se faire (sauf la guerre) sans l’accord de tous.

C’est un exploit de réunir des gens qui s’étripent, se mitraillent ou se font joyeusement exploser les uns les autres depuis plus d’un demi-siècle. C’est un plaisir de tenter d’instituer, ici comme pour tous les sujets de notre espèce, un « droit à l’eau » qui fasse partie des droits de l’homme. C’est une douce nouvelle que, dans une zone de désert et de semi-désert, des êtres humains puissent enfin (je veux croire qu’aucun attentat sanglant ne viendra couper cet élan) partager ce qui constitue le bien le plus précieux : le fluide de la vie. Les eaux de l’innocence enfantine et de la tolérance entre les peuples.

Les eaux de la paix.

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3 réponses à Les eaux de la paix

  1. Frédéric Mouton dit :

    L’eau source de vie ? Et la ville n’est-elle pas cadre de vie ? On en parle encore très peu mais n’est-il pas temps d’anticiper la vertigineuse urbanisation qui se passe en ce moment dans les pays dits « en développement » ?
    En effet, comment assurer les besoins en eau (je ne mentionne même pas l’assainissement et les déchets…) de ces villes dont la population peut doubler en moins d’une décennie ?

    Un vaste chantier qui, je l’espère, mobilisera bientôt décideurs et bailleurs internationaux.

    Ceci étant, si on peut par le biais de l’or bleu trouver un terrain d’entente au Proche-Orient, c’est que partout il y a espoir…

  2. Erwan Le Soz dit :

    H2O
    Cette richesse s’évapore à (1bar ; 373K), afin de rétablir l’équilibre du cycle hydrologique. Certes. Mais cette certitude semble ne plus s’appliquer de nos jours : notre eau s’évapore, irrémédiablement pense-t-on, car nous intervenons dans notre cycle hydrologique.
    Rien ne se perdait, rien ne se créait, tout se transformait. La vérité de Lavoisier serait donc devenue ancienne et, par ce caractère, bonne à mettre au placard.

    L’homme est un animal politique. Mais ses politiques (totalitaire, démocratique, libérale, communiste, monarchique, municipale, nationale, militaire, élitiste, révolutionnaire, syndicale…) ont contribué à faire oublier à l’homo sapiens sapiens son statut d’animal, pour le faire grimper au rang d’être humain supérieur et créer ainsi la notion de racisme. Cet élégant mammifère s’est ensuite approprié les richesses de sa mère Terre lui ayant donné naissance : « Notre eau », « notre air », « nos terres », « notre Terre » ! Et encore, dans cette race supérieure, certains agissent, choisissent, imposent, bref gouvernent pour les autres (que ceux-ci en soient ou non conscients). Aussi, comme dirait l’humoriste, il y en a qui sont plus égaux que les autres. L’eau n’est donc plus une richesse, ni « notre » richesse, mais « leur » richesse.

    Malheureusement (ou heureusement) je fais partie de cette race supérieure. Arrogante, destructrice et soumise qui a conscience que l’eau va se faire rare. Donc source de richesse, de convoitise et de lutte. Si la Terre est toujours bleue comme une orange, elle devient également acide.
    Et l’océan dans tous ça ?

    L’eau de mer est salée, pleines d’impuretés, mais relativement peu polluée devant le reste des eaux continentales ou atmosphériques. En effet, ce n’est pas le poison qui importe mais bien la concentration de celui-ci. Et des sels, les rivières et les nappes phréatiques ont sont remplies. Sauf que le Na+ marin n’est pas nocif à la différence des NO3-,PO4-,Hg2+, Zn2+ ou Cd2+ que l’on retrouve régulièrement dans l’eau pourtant dite douce. Et finalement cela arrive dans la mer, où, noyés dans l’immensité, on n’en entend plus parler. Qui irait boire de l’eau de mer de toutes manières ?…. Il va bien pourtant falloir y arriver.

    Je finis actuellement d’étudier au Québec qui partage avec l’Ontario et le Nord-Ouest des États-Unis d’Amérique quasiment 20% des réserves mondiales d’eau douce (les grands lacs y sont pour beaucoup). Inutile donc de souligner que les sécheresse africaines, les pollutions en ex-URSS et au Moyen Orient n’empêchent pas les robinets de couler (il n’y a pas de compteur à eau). Sachez qu’il existe même un pacte ratifié par les huit territoires (américains et canadiens) adjacents à ces lacs dans lequel y est stipulé l’interdiction qu’une partie de cette réserve d’eau soit donnée ou vendue à l’extérieur de ces territoires.

    Toutefois, la fibre écologique prend de l’ampleur, aussi favorise-t-on le développement du réseau hydroélectrique. Mais à quel prix ! Des rivières sont détournées sur plus de 1000km (la Rupert), d’autres sont maintenues vivantes par des débits minimums dérisoires. Une fois les subventions payées, le barrage dressé et les plaines inondées, tout le monde ce félicite de la beauté de ce nouveau paysage ou du nouvel apport énergétique. Il en serait certainement tout autre si ces gens avaient conscience que cela contribue bel et bien à la formation de gaz à effet de serre : la décomposition des végétaux noyés sous les eaux produit du carbone, qui forme naturellement du dioxyde de carbone avec l’oxygène de l’eau. Des dégagements de CO2 sont observés au-dessus de tout réservoir artificiel. Des intellectuels avaient annoncé que cela cesserait au bout d’un dizaine : Cela fait 50 ans que ça dure et aucun signe de faiblesse.
    L’eau s’évapore et nous pollue. Rien ne va plus.

    L’eau s’évapore et ma salive aussi.

  3. Nicolas. dit :

    John Polkinghorne, physicien qui a enseigné à l’université de Cambridge, est parvenu à cette conclusion : “ Quand on prend conscience que les lois de la nature doivent être réglées de façon incroyablement précise pour produire l’univers visible, germe alors l’idée que cet univers n’est pas apparu par accident, mais qu’il doit être l’aboutissement d’un projet. ”

    Pour que l’ADN, composante fondamentale du vivant, se forme, il est nécessaire que des myriades de réactions chimiques se produisent dans un ordre précis. Il y a 30 ans, le professeur Frank Salisbury, de l’Université de l’Utah (États-Unis), a calculé la probabilité de formation spontanée d’une molécule d’ADN simple, essentielle à l’apparition de la vie. Les calculs ont abouti à une probabilité si infime qu’elle est considérée comme mathématiquement impossible.

    “ Quand je porte mon regard de scientifique sur le monde qui m’entoure, j’observe des mécanismes d’une telle complexité que j’en arrive à la conclusion que cet ordre complexe traduit un dessein intelligent. ”
    — ANDREW MCINTOSH, MATHÉMATICIEN, PAYS DE GALLES, ROYAUME-UNI.

    “ La complexité de la nature dénote clairement l’existence d’un Créateur. Tous les systèmes biologiques et physiques, une fois compris, s’avèrent d’une incroyable complexité. ”
    — JOHN KRAMER, BIOCHIMISTE, CANADA.

    “ L’ordonnance du monde vivant n’en reste pas moins évidente. Elle lui fut donnée par une Puissance supérieure, et, quant à moi, je l’appelle Dieu. Et c’est ici que la foi rejoint la vérité scientifique. Loin de la contredire, elle la complète dans une plus simple compréhension de notre univers. ”
    — JEAN DORST, BIOLOGISTE, FRANCE.

    “ Je ne conçois pas l’univers et la vie humaine sans un commencement intelligent, sans une ‘ chaleur ’ spirituelle à leur source, quelque chose qui ne relève pas de la matière et de ses lois. ”
    — ANDREÏ SAKHAROV, PHYSICIEN ATOMISTE, RUSSIE.

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