Pauvres baleines, pauvres de nous !

La saut de la baleine à bosse.

Photo Vibert/actionreporter.com

1er juin 2007

Situation globalement désespérante. Sisyphe doit à nouveau rouler son rocher jusqu’au sommet de la montagne…

Il y a trente ans, avec le commandant Cousteau, Greenpeace et d’autres, nous nous battions pour que cesse la chasse à la baleine. A cette époque, des milliers de cétacés étaient traqués, harponnés au canon, saignés, débités, vendus chaque année. Nous avons gagné une bataille : en 1986, le moratoire est entré en vigueur. « Ouf ! » avons-nous soupiré.

Cette année-là, j’ai écrit, Cousteau et moi avons cosigné, « la Planète des baleines », chez Robert Laffont, 350 pages de science, mais surtout de beauté et de déclarations d’amour aux géantes de la mer. Donc, de la Terre.

A l’heure où je poste ce texte, la nouvelle réunion de la Commission Baleinière Internationale (CBI), à Anchorage (Alaska), ne laisse pas d’inquiéter les amis des cétacés. La Japon, tête de file des pays chasseurs, paie un cortège de petits pays pour obtenir la reprise des hostilités. Dans le collimateur : des centaines de petits rorquals. Et même des baleines à bosse – les baleines qui chantent et qui nous prennent dans leurs grands bras blancs. Sans oublier les « erreurs » – les animaux braconnés, baleines franches, baleines grises, rorquals communs, cachalots, voire baleines bleues…

Tout cela pour quelques tonnes de sushis ; quelques dizaines de millions de yens ; et surtout pour garder le droit de piller sans le moindre contrôle toutes les ressources vivantes de la mer…

On n’en finira jamais. Les rares victoires que nous autres, « écolos », avons obtenues, sont systématiquement remises en cause. Et le saccage continue. Comment voulez-vous que je croie, du fond du coeur, aux utopies que je formule moi-même dans « Sortie de secours » ? Il me faudrait au moins un petit encouragement, de temps à autre… J’attends. Je souffle moins fort que la baleine à bosse, et je chante moins bien.

Mais nous sommes soeurs et nous avons mal à notre humanité.

(La prochaine fois, je vous parlerai des femmes et des enfants du Darfour. C’est exactement le même problème : l’homme est territorial, dominateur et sans pitié. S’il y a du pouvoir ou du profit à prendre, il les prend. S’il faut voler, il vole. S’il faut tuer, il tue. Il appelle ses infamies « progrès » ou « croissance ».)

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12 réponses à Pauvres baleines, pauvres de nous !

  1. Anne-Marie dit :

    Merci de tirer toujours et encore le signal d’alarme…
    Une bonne nouvelle les éléphants se reconnaissent dans un miroir…Attendons les résultats de la CITES…Je ne suis pas sure que cette nouvelle soit prise en compte…Les intellos de gauche se montrent encore attentifs à la souffrance animale: L’archange Sébastien les éblouit dans le Nouvel Obs…nous avons mal à notre animalité..

  2. Anne-Marie dit :

    RECTIFICATIF à propos de l’article du Nouvel Obs sur Sébastien Castella
    « les intellos de gauche »: NON
    CERTAINS intellos de gauche: OUI

  3. acouphene dit :

    Je viens d’écouter une émission avec vous sur espace océan de RFI (je vais la mettre sur mon blog) et je vous avais déjà écouté dans café bazar. Je suis evidemment très sensible à votre discours et toute la nature qui disparaît fait apparaître une douleur. Quelle est la nature de l’homme ? Je tente de ne pas ajouter mon empreinte à celle de mon espèce…
    très chaleureusement !

  4. merlin dit :

    Un avocat corse donne un séminaire à Paris. Lors du repas une participante tente de l’intéresser à sa conversation (l’avocat est intelligent, mais surtout beau gosse).
    Celui-ci lui explique que la vie est comme une grande prairie parsemée de fleurs toutes plus belles les unes que les autres.
    La dame roucoule.
    Oui, mais il y a des haies, ajoute-t-il
    Des haies?
    Oui, un peu comme dans un concours hyppique, des grandes, des plus petites, des rapprochées, de longs moments de paix sans haies. Mais, elles de viennent toujours plus nombreuses, plus hautes… Un jour, on a plus le courage, ou plus l’envie… Et c’est la mort…
    C’est pas très gai répond la (jolie) dame, visiblement déçue.
    Et lui de continuer: maintenant, je vais vous parler des râteaux.

    Bon, trêve de plaisanterie, arrêtons de larmoyer et puisqu’il faut mythologer, passons de Sysiphe à Pénélope:

    Que proposez-vous de concret pour contrer ce genre d’imbécilité?

  5. Erwan Le Soz dit :

    « J’ai vu les baleines »

    Ces mammifères perdus dans l’océan n’auront probablement conscience que trop tard de l’intérêt qu’elles suscitent, harponnées par un monstre de ferraille. Dure loi de la jungle en pleine déferlante. Mais ne gaspillons pas trop nos larmes, l’eau nous sera bientôt précieuse…

    L’homme est un grand carnivore, la chasse à la baleine fait ainsi partie du folklore maritime. Restreindre, par des quotas, des peuples qui utilisent cette source de nourriture depuis des générations est une aberration ! On limite la nourriture alors que la population ne cesse croître. Quand l’ONU va elle enfin nous pondre un quota sur les naissances de petits d’hommes afin de réguler l’espèce humaine? Vous souriez peut-être, il va pourtant bien falloir y venir car la Terre n’est pas extensible. Il y aurait bien deux alternatives : l’Espace et la Guerre. La première est un enfant mort-né du capitalisme et la seconde est une vieillarde lâchement mise à l’hospice par les moutons du libéralisme.

    Mais revenons à nos baleines. Elles sont chassées et en danger d’extinction à cause de notre prolifération, mais elles sont également admirées au point que des marrées de touristes embarquent pour tenter de les apercevoir. Est-ce leur taille démesurée ou leur rareté qui attire ces vicieux ? La réponse est évidente : si l’on trouvait des baleines à tous les coins de rue, personne n’irait claquer 200$ pour aller les voir comme des putains sur rendez-vous.

    « J’ai vu les baleines, c’est impressionnant. »
    Peut être………sûrement……
    Mais il y a plus impressionnant : des centaines de bipèdes s’entassant dans des cars pour quelques heures de route afin de noyer leur labeur dans le jardin des baleines.
    « J’ai vu les baleines »
    Et bien moi, j’ai vu un ours. Vous connaissez l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours ? Et bien c’est moi,… au zoo. Ce n’était pas impressionnant du tout. Ce qui est impressionnant, c’est la surprise, l’inattendu. Ils le savent tous, ces gens, ce à quoi ressemble une baleine : ils les ont déjà vu dans leur téléviseur, les grandes baleines bleues sautant comme des dauphins. Alors à quoi bon faire du tape-cul dans un zodiaque ? Mais pour les voir en vrai, que diable! Vous répondent ils, étonnés de se retrouver face à un idiot. « Pour les voir en vrai », soit.

    Désolé Balaena, les citadins rêvent de réalité.

    Mais la surprise là-dedans ? Disparue au profit de la déception : les baleines ne sont pas bleues mais grises, elles ont changées de couleur et ont rétréci par la même occasion, comme si elles étaient passées à la laveuse. Et oui, tout est plus pâle loin des téléviseurs et de leur poudre aux yeux.
    Veni, vidi, vici. Tu parles d’une victoire. Ils sont venus, ont vu et s’en sont allés, …déçus.
    Et s’il reste encore quelques fanfarons parmi eux, fiers de raconter leur héroïque exploit, qu’ils se demandent quelle conséquence a eu leur petite virée sur ces mammifères perdus. Furent-elles touchées de leur visite ? Bien sur. Comment rester insensible à cet infernal ballet d’embarcations motorisées, justement nommées promène-couillons? Cela perturbe évidemment.

    Aussi ces trop fiers ardents défenseurs de géants des mers sont ils les premiers à venir les perturber pour leur seule satisfaction malsaine et à maudire ces braves pécheurs de baleines qui prennent des risques insensés pour vivre et manger. Et lorsque des scientifiques provoquent des petites secousses sismiques artificielles afin de rechercher des gisements de gaz et de pétrole, causant ainsi l’échouage de dizaines de baleines, ils brandissent le bouclier du progrès et plus personne n’en trouve à redire.
    D’un côté les touristes, l’or noir et les billets verts, de l’autre, les mains sanguinolentes des pécheurs. Ce n’est désormais plus la faim mais l’argent qui justifie les moyens.

    Triste réalité.

    Non, vraiment,… désolé, je n’irai pas voir les baleines, ma préférence reste aux sirènes.

  6. Erwan Le Soz dit :

    Vous comprenez donc, que je suis pour la chasse à la baleine. Du moment qu’elle reste traditionnelle et non industrielle (ce qui est le cas, à 99%).

    Par contre, je suis d’accord en ce qui relève des « erreurs volontaires » : Cette chasse est bien souvent une couverture pour braconner des espèces protégées.

    Alors que faire ?
    Interdire ces bateaux usines que diable !
    Ils sont laid, tueurs, malodorants, irrespectueux, pollueurs, sales, malhonnêtes…..

    Quelques remarques supplémentaires :

    1) Le sushi est un plat de luxe (même au Japon) et même s’il tend à se populariser en occident, je doute qu’il soit le vrai coupable
    De plus dans le sushi les poisons ne sont qu’agréments (c’est un plat à base de riz), la baleine était une viande très peu utilisée.

    2) Il me semble que la Norvège (donc l’UE) serait à mettre dans le même sac que le japon au banc des accusés.

    3) J’y suis certainement allé un peu

  7. Erwan Le Soz dit :

    3) J’y suis certainement allé un peu fort avec le quota sur les petits d’homme ou la guerre, veuillez m’excuser.

  8. patrice andre dit :

    Bonjour Yves et bonjour à tous !
    Il y a une pétition en ligne sur le site de Greenpeace pour l’interdiction de la chasse à la baleine. L’adresse est la suivante : http://write-a-letter.greenpeace.org/232.
    Cordialement.
    Patrice ANDRE

  9. Erwan Le Soz dit :

    Le point final neutralisait le lien,
    merci.
    http://write-a-letter.greenpeace.org/232

  10. Erwan Le Soz dit :

    juste un extrait qui me dérange: « La reconnaissance du fait qu’en termes de développement durable une baleine vivante présente une valeur nettement supérieure à celle d’une baleine abattue par les chasseurs. »

    triste métier que d’être marin de nos jours, cible trop facile que le méchant chasseur, qui est j’en suis certain tout a fait disposé à pêcher raisonablement pourvu qu’on le laisse vivre.

  11. bresson dit :

    Pour vos enfants, lisez les nouvelles Aventures de POULPIA, la petite pieuvre écolo qui se bat contre la bêtise humaine et qui nage au secours des baleines qui se trouvent être en dangers.
    POULPIA AU SECOURS DES BALEINES
    Pascal Bresson et Nicolas Hulot
    Editions Chadoré – 10 euros
    editions-chadore.fr

  12. Stéphanie dit :

    Mais COURAGE nous y arriverons !

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