Vue du cirque de Salazie, la Réunion
3 juillet 2007
Mes amis, je viens (une fois encore) d’écrabouiller mon quota personnel d’émissions de gaz à effet de serre.
J’ai pollué notre pauvre atmosphère en prenant l’avion pour l’île de la Réunion. J’y étais invité, la semaine dernière, par le Cercle philosophique réunionnais (merci à ses animateurs, Lucien Biedlinger et Laurent Medea). J’y ai donné des conférences à la Région et devant les étudiants de l’université du Sud. J’y ai développé mes thèmes obsessionnels (« L’Humanité disparaîtra, bon débarras ! » et « Sortie de secours ») en soulignant à quel point il est, par exemple, absurde et criminel de brûler du pétrole pour d’inutiles voyages en avion.
Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais… Mais c’était passionnant.
Outre que l’île reste une des plus belles, elle résume avec acuité les problèmes de la planète : un espace sauvage en peau de chagrin que tout le monde se dispute, des ressources insuffisantes dans maints secteurs, des transports anarchiques (embouteillages terrifiants !), une population en explosion, de la pauvreté à deux pas du tintamarre des 4 x 4 de luxe, etc.
La Réunion accomplit pourtant de notables efforts. Les fragiles récifs de coraux sont un peu moins saccagés. Le parc national des Hauts, qu’on attendait depuis trente ans, a été institué : paix aux merles pays et aux zoizeaux verts. Certains bâtiments publics (collèges, etc.) sont bâtis aux normes « haute qualité environnementale ». L’équipement en énergie solaire se développe mieux qu’en métropole (ce qui, vous le savez, n’est pas difficile, tant la France a accumulé de retard en la matière).
J’ai profité de l’aubaine pour remercier la planète Terre d’être, là-bas, si belle et si généreuse. J’ai marché sur les sentiers du cirque de Salazie (magie des cascades) et de Mafate, sous le Piton des Neiges (tamarins des Hauts, fougères arborescentes et somptueux fuchsias). Je me suis perdu dans les brouillards de l’enclos Fouqué, au Piton de la Fournaise, dont la récente colère fut monstrueuse. Et j’ai, avec les amis des cétacés du groupe Globice (animé par Virginie Boucaud, je vous joins le lien) salué les dauphins tursiops et les baleines à bosse, lesquelles, durant l’hiver austral, viennent s’aimer et donner le premier souffle à leurs bébés de quatre mètres de longueur à quelques encablures des ports de Saint-Pierre ou de Saint-Leu…
l faut s’y rendre en bateau(à voile),la pollution c’est aussi une question de temps (le prendre)
Mon amie, la belle et courageuse Maud Fontenoy, serait capable d’y aller à la rame. Je crains de manquer d’énergie biochimique.
Dieu vous pardonne…
des études sont actuellement menées (brest, ensieta) afin de réarmer de voiles certain bateaux de transport.
Ce qui cervirait d’énergie d’appoint quand l’allure sera bonne.
Bonjour Yves,
Je crois me rappeler que vous aviez écrit que la compensation carbone était une foutaise, car le CO2 émis ne peut être récupéré. Cependant, Good Planet (association présidée par Yann Arthus Bertrand) qui finance des projets d’énergies renouvelables dans les pays du sud (lutte contre la déforestation, cuiseurs solaires…), est une manière pour les bourgeois du monde que nous sommes de lutter contre le réchauffement climatique.
Evaluer son impact et faire un don en fonction est peut-être une manière de se donner bonne conscience. Mais c’est aussi appréhender les secteurs sur lesquels on peut s’améliorer et chiffrer précisément le nombre de planètes que chacun consomme.
Tout renseignement complémentaire est disponible sur actioncarbone.org.
Cordialement
Pour moi, en effet, la « compensation carbone » ne saurait être une solution : trop poudre aux yeux, trop « Ponce Pilate », trop incontrôlable et, à la fin, impossible à généraliser. Si tout le monde « compense », tout le monde a bonne conscience, mais on envoie bel et bien le gaz carbonique dans l’atmosphère !
D’accord pour reconnaître que ça sert quand même à prendre conscience…
Les voyages sont un indicible plaisir (ah ! mes bourlingages sur la « Calypso » !) – et une nécessité humaine (connaître l’autre), scientifique et culturelle. Comment partir sans trop saccager ?
Pour les longs trajets intercontinentaux, je ne vois guère d’autre solution massive que le renouveau du transport en bateau. Nous avions, il y a 25 ans, du temps de Cousteau, avec le professeur Lucien Malavard et Bertrand Charrier (avec lequel je travaille aujourd’hui au sein de Green Cross), expérimenté un mode de transport à la voile révolutionnaire, baptisé « Turbovoile », et d’une merveilleuse efficacité. A l’époque, pour que le système devienne rentable, y compris sur des cargos, il fallait que le prix du baril de pétrole dépasse… 25 dollars. Il était de 15. Le projet n’a jamais été généralisé.
Avec une « huile de terre » à plus de 60 dollars le baril, il devient urgent d’exalter à nouveau ce genre d’idées…
Ressortons nos professeurs Tournesol des bocaux de formol dans lesquels nous les avons enfermés !
Mais que sont devenus les plan de cette « turbovoile »? Au fond de l’Atlantique, d’un tirroir poussiéreux ou d’un esprit déçu?
Je suis entièrement convaincu que les transports maritimes et fluviaux ont de beaux jours devant eux, surtout si ils sont couplés à des energies dites propres
L’Alcyone. Revendu en 93 – mais je ne sais plus ou elle est maintenant, apres avoir suivi ses aventures comme adherent a la fondation Cousteau pendant pas mal de temps
Oui, ressortir ce plan des cartons ferait vraiment sens maintenant….
http://www.cousteau.org/fr/cousteau_world/our_ships/alcyone.php
Au fait, il n’y a pas qu’a a Reunion qu’on saccage. Je sais que ca tombe plus dans le scope de GreenCross, mais je ne peux m’empecher de parler ici de la lutte non-violente des Lepchas a qui on veut construire un gros barrage juste au milieu d’une region protegee jusqu’ici. Nature protegee, peuple protege, mais jusqu’a quand leur resistance au rouleau compresseur tiendra-t’elle ?
Plus d’info sur http://www.weepingsikkim.blogspot.com/
Pensons a eux, car leur lutte est aussi la notre.
L’Alcyone préfigurait la navigation de demain en… 1985. Nous sommes maintenant dans « quelques dizaines d’années ». Les éoliennes sans hélices et les dispositifs qui exploitent ce qu’il est convenu d’appeller « l’effet Magnus » ne fleurissent pas partout sur la planète. Mais on en parle. D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Magnus, un navire de 130 mètres sera peut-être lancé à nouveau en 2008. Voir aussi l’article en allemand :
http://de.wikipedia.org/wiki/E-Ship
Enercon (http://www.enercon.de), le fabricant d’éolienne qui a commandé ce navire ne fait pas vraiment de publicité autour de cette affaire.
Bref, à part ce prototype et quelques yachts de croisière de luxe qui exploitent des énergies « propres », ce n’est pas encore la révolution dans la marine à voile, et encore moins dans le transport maritime « tout court » !
Encore une précision pour Pascal:nous devons
rendre la Terre habitable tout en la RESPECTANT car elle est belle et digne d’être aimée! Nous savons bien aussi que lorsque nous ne respectons la Nature , elle peut se « venger »: l’encéphalopathie spongiforme bovine en est un exemple! Malheureusement ou heureusement, je ne suis pas sûre qu’elle puisse se venger à tous les coups!Anne-Marie
Bonjour à Yves, et tous ses amis.
Je viens de terminer vos deux derniers livres. Je les ai avalés à vive allure, moi qui, d’habitude, lis peu. Ce que vous écrivez est à la fois fascinant et terrible, mais aussi stimulant et passionnant, et me parait très juste, à une exception près:votre méfiance à l’égard de Dieu et des hommes me parait excessive.
Dieu est plus présent et agissant que vous le pensez, notamment à travers la vie et l’exemple des sages et des saints que vous citez si justement (vous avez une admirable culture universelle), mais Il est discret car Il tient à notre liberté et ne veut pas nous contraindre. Il aimerait que nous soyions des collaborateurs et non pas des esclaves: collaborateurs pour améliorer la vie sur terre et non la saccager et la détruire, collaborateurs solidaires et non individus orgueilleux, égoïstes et irresponsables.
Ne soyons pas trop pessimistes non plus sur la capacité de l’humanité à surmonter cette grave crise que nous vivons. Bien sur, il y a beaucoup de forces contraires au progrès de l’humanité qui font pencher la balance vers l’abime, incarnées au niveau économique par le succès de notre modèle occidental du libéralisme capitaliste sauvage non maitrisé, mais il y a aussi beaucoup de forces qui luttent dans l’autre sens pour éclairer la raison et le coeur des hommes. Vous en faites partie, au même titre ques les nombreux autres sages et saints et les nombreuses associations du monde entier qui crient et oeuvrent au quotidien pour faire pencher la balance vers le bien de l’humanité. L’opinion publique, poussée par ces hommes et femmes de bien, commence à changer: ce mouvement continuera et s’amplifiera, au fur et à mesure que les évènements du monde (catastrophes naturelles ou humaines) donneront raison aux prévisions et exhortations des sages et des saints, et la balance finira par pencher du bon coté.
Ne baissons pas les bras. Continuez, continuons, ce combat pour un monde meilleur. Avec l’aide de Dieu, nous le gagnerons.
@ pascal , dont je viens de visiter le site, et visionner la petite video d’anticipation (ou le petit reportage d’actualité ?) . -et @ tous les palmipèdes du blog, bien sûr-:Pour avoir lu, dévoré les deux auteurs quand j’étais jeune, je dirais que nous nous acheminons gaiement vers une interface k.dick/asimov. Ca c’est pour la version intellectuelle.
Mais à part ça ? Vais-je paraître ringarde, ou simpliste, en rapportant ici ce propos, bête comme chou /Bruxelles/Chine/fleur/rouge ou Chen comme vous voulez/ que Jean-Marie Pelt soumettait à une assemblée de lycéens (ados, pré-ados, des vrais, boutonneux et débraillés, pour de bon!comme pourrait l’être votre gamin/petit frère, fils du voisin, neveu que sais-je ? ): je me permets de rapporter, puisque j’y étais en vrai, avec toutes mes molécules, (pas en télé-video-3d-vision), et je tente donc de rapporter ici le plus fidèlement possible les paroles de l’homme (pas l’avatar de l’homme) : « Les enfants, je vous assure, aussi incroyable que cela puisse paraître, vous pouvez vivre sans jeux video, sans téléphones portables, sans télévisions, sans playstation, (rires dans la salle) je sais, cela vous semble incroyable, mais je vous assure que si l’on vous enlève tout ça, vous vivrez. Par contre, sans air, sans eau, sans nourriture, et sans paix, je peux vous assurer que vous ne survivrez pas longtemps!(je dois vous préciser que cette conférence était donnée dans le cadre d’une semaine de la paix) . Je pense que Jean-Marie Pelt a fait mouche avec ce message, c’est pourquoi je le transpose volontiers ici. Qui osera contredire cet axiome ? Qui osera oublier que même le fait que nous soyons en train de fraterniser sur ce blog ne tient qu’à un fil … un petit fil électrique ? (et quelques groooosses centrales, diront les sardoniques….) Il n’empêche que garder à l’esprit que l’ensemble est bien fragile, personnellement, ça m’aide à garder un cap (vert ?) ouaf ouaf ouaf
Je vous fais l’impasse de mes réflexions sur le déni de la mort(voir : tous dopés, sur ce blog) ou le leurre de l’homme-dieu dans second-life (et les technologies en général), parce que je sens que je vais vous gaver !!!
Pour finir sur une note joyeuse :je suis en train de lire, de J-P Besset, « Comment ne plus être progressiste sans devenir réactionnaire ». Dans le genre-je vous tue le moral- il se pose là aussi. Paccalet, c’est Simplet et Joyeux réunis à côté de lui ! Bonsoir à tous qui n’êtes pas des avatars ! rendez-vous sur l’arche quand le déluge sera réel? Eh! vot bateau, là, vous voulez pas songer sérieusement à l’aménager version Noe ? pour les Lepchas et les bonobos qui repeupleront la Terre, et rediront le mythe – arrêtez-moi, je délire-
@ alain : enfin un croyant sur ce blog je pensais que c’était un ramassis de vauriens toutes voiles dehors! Merci pour cette note optimiste, mais je crois que vous me valez en naïveté , (voir ce qu’on a dit ailleurs sur ce blog de ma vision de la politique !)Surtout ne le prenez pas mal. La naïveté est à mes yeux une qualité …
Chaleureusement .
Je ne pense pas que cela rentre dans la catégorie voyage, mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour vous contacter.
Le lien est votre livre:L’École de la nature. Je suis un descendant direct d’Achille et de Théophile D qui peintre, entomologiste et explorateur a travaillé comme illustrateur pour son frère Émile.
Je suis moi-Même Pharmacien Biologiste et après avoir en toute bonne conscience éradiqué les moustiques et le paludisme de Majunga (J’aurai plutôt du classer ce commentaire sous la rubrique écologie)avant de diriger un laboratoire d’analyses médicales. Mais mon véritable but est d’étoffer l’arbre généalogique de la famille deyrolle :j’ignorai le passage de Jean-Baptiste à Tournai.Si vous êtes ignorant de l’historique de la famille Deyrolle ayez l’amabilité de me mettre en contact avec Louis Albert de Broglie j’ai autant de documents a fournir que de détails à demander.
Par ailleurs je tiens à vous assurer combien votre polyvalence
m’éblouit. Vous devriez être un Deyrolle !!!
Par anticipation, merci de votre réponse.
Bonjour,
Je ne pense pas que le fonctionnement de mon invention d’éolienne ROBIPLAN s’appuie sur l’effet MAGNUS, mais je vois que vous êtes spécialiste en la matière, pouvez vous n’en dire plus….
Lien vers cette invention « ROBIPLAN » qui suscite autant de curiosité que d’intérêts de la part de nombreux lecteurs….car elle tourne !
http://www.econologie.com/forums/turbine-eolienne-rotative-bi-plan-robiplan-vt4872.html
Il y a 32 pages de discussions dont des vidéos
Bien cordialement
Pascal HA PHAM
Bonjour,
J’avais expliqué le fonctionnement de la Turbovoile (à effet Magnus), que nous avions mise au point chez Cousteau il y a 25 ans, dans un livre publié chez Flammarion et signé Cousteau-Paccalet : « Cap Horn à la Turbovoile ». Cherchez-le chez les bouquinistes, classiques ou Internet. Il m’en reste peut-être un exemplaire, pas sûr !