27 juillet 2007
Il y a un parallèle à faire entre le Tour de France et la marche triomphale de notre économie : les coureurs et nous-mêmes sommes dopés. Aux amphétamines, à la cortisone, à l’hormone de croissance, à la testostérone, à l’EPO, aux énergies fossiles, à l’énergie nucléaire… Les coureurs savent que les produits interdits sont mortels, mais ils y recourent : sans « pot belge », pas de performance, donc pas d’existence.
C’est la même chose entre les groupes industriels ou commerciaux, ou entre les pays du monde. Areva vend des centrales nucléaires aux Chinois et aux Libyens, les Russes font la même chose en Iran – au risque d’une mortelle prolifération atomique. Tout le monde sait qu’il ne faudrait pas, mais on le fait, parce que sans performance économique, on n’existe pas. De la même façon, les industriels délocalisent en sachant qu’ils se suicident. Les paysans de la FNSEA ont compris que les premières victimes de l’utilisation massive des engrais chimiques et des pesticides (les premiers empoisonnés, cancérisés, stérilisés), c’est eux ; mais ils aspergent nos campagnes…
Nous avons une mentalité de coureurs cyclistes derrière le maillot jaune. Les urines de notre société ressemblent au trop-plein des toilettes d’un hôpital. La course continuera jusqu’à la chute finale du peloton, dans un virage de la descente du Galibier ou du Tourmalet, sous l’oeil goguenard des loups ou des ours enfin tranquilles dans la montagne.
On rit jaune! La question est de savoir combien de temps allons-nous rire? Nous, les Homo sapiens sapiens… Cela ne me déplaît pas, à moi, d’imaginer les loups et les ours se tordant de rire à notre chute finale! Nous récolterons ce que nous avons semé… Ce qui me fait moins rire est de penser que nous risquons d’entraîner dans notre chute les loups, les ours et les marmottes qui eux sont innocents comme le sont aussi, c’est vrai, certains humains…
L’esprit de compétition? N’existe-t-il pas au berceau? Est-il génétique ou acquis? Ou est-il une interaction entre les deux ? Albert Jacquard le déteste aussi…
Bises « ensoleillées » à tous
Anne-Marie
Encore des fautes d’orthographe dans mon texte , si mon gentil correcteur ne les efface pas , il faudra vous y habituer!J’ai toujours été fâchée avec l’orthographe et pas seulement avec elle…
Anne-Marie
Nous autres les êtres humains désirons profondément échapper à notre condition.
Je vois dans tout ce qui est cité le corollaire de nos défauts (besoin de puissance et de domination, égoïsmes) mais aussi de cette touchante… qualité, pour qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.
Echapper à notre condition sera bientôt, si nous avons la chance de réchapper à quelques coups de pieds au cul préalables qui nous mettront les idées bien en place, echapper à l’extinction de notre espèce.
Ce futur sera magnifique.
(ou ne sera pas)
C’est cette merveilleuse ironie de la Nature, qui en dotant l’homme d’un encephale qui l’a persuade qu’il etait « superieur » (?) a toutes les autres especes, l’amene tranquillement a sa propre perte.
Parce que la faculte de reflexion dont Elle nous a dote a genere cette course eperdue au « toujours plus » (plus que le voisin, plus que ce que j’ai deja), cette insatisfaction permanente. Cette incapacite a s’arreter et a apprehender l’infini de ce que l’on possede deja (a commencer par la vie, la communication, l’odorat et tous ces petits details « insignifiants »).
Nous sommes tellement admiratifs devant le Dalai-Lama (respect) et consorts, quand si simplement pour eux ils nous rappellent que c’est un miracle de respirer. Et d’etre.
Pour l’homme occidental (surtout lui) rien n’est plus insupportable que l’immobilite – en particulier celle de la pensee. Assis dans la montagne il lui faut imaginer les remontees mecaniques qu’il pourrait construire sur ces tas de cailloux, afin d’accelerer un peu la chose….
C’est affigeant mais « nous » sommes incapables de nous mettre ne serait-ce qu’un instant au diapason de l’Afrique, de la Jamaique (je ne parle pas du Bouthan ou du Tibet) pour souffler et simplement profiter. Re-connaitre.
Bien sur que rien n’est parfait et que le Darfour et la misere d’Haiti existent. Mais mettre dans notre febrilite un peu de la decontraction des « autres » aiderait deja bien a calmer ce jeu de folie, des dopes, des excites de tout poil.
Tiens, dommage qu’il n’y ait pas eu dans ce tour de France une equipe « Rasta Rocket » ca aurait detendu l’atmosphere…
Profitez tous de vos sommets et des plantes et bestiaux qui vont autour. Chaque seconde de bonheur est un bien precieux qui ne peut pas nous etre repris.
Rien à voir avec le schmilblick (ortographe aproximative) mais voila le fruit de mes élucubrations à propos du Grenelle de l’environnement.
Et si on interdisait la voiture en ville ?
Il y a 25 ans je discutais avec des architectes qui me disait que la ville de l’avenir serait entourée de parkings et que les cités seraient vidées des voitures.
A quoi pourrait ressembler cette ville ?
On se déplace en transport en commun, d’autant plus performants que les artères ne sont plus encombrées de voitures particulières. Pour les sportifs, les déplacements se font à pied, à roller, à vélo. Pour les piétons âgés, fatigués, handicapés, on a installé des trottoirs roulant. On met à disposition des citadins un nombre limité de voitures électriques en libre service. Les seuls autres véhicules conservés concernent les services (livraisons, services sanitaires…).
Comment fait-on pour partir en week-end à la campagne ? Si l’on est un accro du « ma bagnole », on va la récupérer dans le parking en périphérie urbaine, mais personnellement je continuerai la principe que j’avais adopté lorsque j’étais citadin. Je n’avais plus de voiture. Intra-muros, je me déplaçais soit en vélo, soit en bus, soit à pied, et pour les virées à la montagne le week-end, je louais une voiture. Ce système est aujourd’hui avantageux économiquement si on ne loue une voiture pas plus de 3 week-ends par mois, et 3 semaines consécutives par ans. Les avantages sont multiples, on a le véhicule que l’on souhaite, il est récent donc dans un état impeccable, et on n’a pas de soucis de maintenance, d’assurance, de garage…
Du point de vue de l’ambiance, il n’y plus d’embouteillage, beaucoup moins de bruit. L’air y est plus pur. L’ambiance est plus conviviale. Les citadins gagnent du temps dans leurs déplacements grâce à la parfaite organisation des transports rendue possible du fait de la disparition du transport le plus anarchique qui soit : la voiture particulière.
Mais voila, je me retrouve toujours face au même écueil.
Cette ville serait un bienfait pour la planète, et pour la plupart des homos sapiens sapiens excepté (tout au moins le pensent-ils mais comme l’a dit notre bref ministre d’Etat Alain Juppé : « Nul n’est à l’abri ») ceux qui vivent des lobbies de la voiture, du pétrole, des boites de travaux publics… Quant je dis vive, c’est bien entendu un euphémisme. J’ai entendu récemment sur France inter qu’on se désolait de la baisse d’immatriculations de voitures particulières.
Une idée m’est venue en ces temps estivaux et leur traditionnels bouchons des fameux « chassés croisés ». Ne pourrait-on pas organiser les réservations des locations pour les vacances sur trois jours plutôt que sur le seul samedi ? Il suffirait que les loueurs divisent en trois leur parc locatif, un tiers en location du vendredi au vendredi, un tiers du samedi au samedi et un tiers du dimanche au dimanche.
Cette mesure serait un peu contraignante, mais adieu les centaines de Km de bouchons et les milliers de tonne de CO2 rejetées inutilement dans l’atmosphère.
Encore une fois, tout dépend de la grille de nos préoccupations. Si l’on place la survie de la planète en premier dans l’ordre de nos préoccupations, il est possible de simplement s’organiser en fonction.
D’accord a 1000% avec ce qu’ecrit Andre. Je preche (dans le desert) ce genre de changement depuis longtemps, mais oui il faut etre realiste, le lobby automobile (combien d’emplois deja ?) est omnipotent. Je travaille sur Sophia-Antipolis, technopole supposee « verte » mais ou nous n’avons jamais reussi a mettre en place ce genre de solution, cad repousser la voiture a la peripherie et organiser les deplacements internes par vehicules electriques en libre-service (payant), velo, et pedibus….
J’ai soutenu aussi (mais je peux avoir tort) qu’un tel modele (celui decrit par Andre) etait plus pertinent sur le long terme que les grands travaux entrepris pour le tramway a Nice (meme si le tramway est deja bcp mieux que la voiture). Cela me semble plus flexible, plus evolutif, avec moins d’empreinte sur le foncier.
En fait je reve d’un modele a l’indienne avec les rickshaws (en version electrique) partout dans la ville. Un joyeux bordel, mais n’empeche bien moins penalisant qu le tout-bagnole.
Oui Andre, tout depend des priorites. Il y a aujourd’hui sur Inter vers midi un debat « le futur : Liberalisme ou decroissance ? ». Le simple fait de poser la question comme ca montre qu’on n’a toujours pas compris le debat. Il y a debat quand il y a choix possible. Reste a savoir combien de temps il faudra pour que la majorite comprenne qu’il n’y a plus de choix a faire…
Nice…
Nice!