Le Chevalier, la Mort, le Diable

19 août 2007

Vous connaissez la gravure d’Albert Dürer, « Le Chevalier, la Mort, le Diable ». Elle date de 1513-1514. Pour un matérialiste ironique (ou poétique…) dans mon genre, elle résume la dérisoire inutilité de l’existence et la solitude de l’homme. Nous ne représentons rien, nous passons à peine, nous ne sommes pas plus importants pour la Terre que le papillon pour la fleur ; et le papillon finit par s’envoler… Je ne crains pas la mort, le Diable n’a aucune existence, mais son rire sardonique retentit à mon oreille chaque fois que j’aperçois en moi (ou dans quelqu’un d’autre) un soupçon de vanité.

Il y a quinze jours, la mère de ma femme est morte. Je vous joins deux photos d’elle, l’une en noir et blanc, prise quand elle avait vingt ans, et la dernière que j’ai faite d’elle, trois jours avant qu’elle ne s’éteigne, à l’âge de soixante dix-neuf… Le résumé de notre condition : l’homme est un presque rien dans l’espace-temps. Une naissance, la séduction d’un sourire de jeunesse et déjà la déchéance…

Pour vous remonter le moral, je vous ferai la même association avec deux portraits (ancien et récent) de ma mère, morte en février dernier. Puis nous nous requinquerons pour de bon, parce que je vous raconterai le bébé franco-japonais en préparation avancée chez mon fils Alexandre et sa femme Kazumi !

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4 réponses à Le Chevalier, la Mort, le Diable

  1. Gilles dit :

    C’est ce voyage, aussi court soit-il, entre naissance et mort qui fait la beaute de la Vie. Sans ces rides du dedans comme du dehors qui s’installent peu a peu comme autant de traces des aventures vecues, pas d’histoire, pas d’Histoire. Pas d’evolution, individuelle ou collective.
    Il y a tant de gens en puissance qui attendent ma place, il y a aussi tant d’autres etres humains sur la Terre de nos enfants…

    Dans « l’Humanite…. » (encore ! :-) ) c’est le passage le plus positif et le plus sympa, la fin, ou vous evoquez l’eau du torrent, les fleurs…
    Poussiere nous redeviendrons, plus vite qu’attendu, profitons donc de chaque minute sur cette terre, et partageons notre bonheur puisque en plus de nos atomes, ce sont les souvenirs que nous laisserons qui serons notre plus belle trace.

  2. Jean Salim R dit :

    La vanité du chevalier, c’est peut être d’avoir oublié, que ce sont les soupirs de nos flammes ensommeillées, qui seront peut être les plus beaux souvenirs de nos âmes ensoleillées, je crois, non ?

  3. Anne-Marie dit :

    Oui ,Gilles, vous avez raison : carpe diem

  4. JLuc Hasseck dit :

    A lire à ce sujet Monsieur Paccalet, l’excellent texte d’Hubert Félix Thiéfaine qui résume bien vos propos: « Les fastes de la Solitude » extrait de l’album « Défloration 13″ (2002). JLH.www.mysapce

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