Grenelle de l’environnement, 3

5 septembre 2007

Avant hier, lundi, troisième réunion du groupe 4  »Grenelle de l’environnement » auquel j’appartiens (« Alimentation et terroirs »). Nous nous sommes divisés en deux pendant la matinée et une partie de l’après-midi. Nous avons discuté sur la base de la synthèse des épisodes précédents qu’ont réalisée, avec une plus ou moins grande objectivité (mais c’est difficile), le rapporteur et sa bande. Quinze « fiches » à préciser.

Comment fournir de bons produits, à la fois gourmands et respectueux de la terre, de l’air et des eaux ? En France le « bio » ne concerne que 11 640  exploitations (sur 600 000) et une  surface de 552 824 hectares, soit… 2 % de la surface agricole totale ! Mais le « bio » progresse : la consommation des produits qui en sont issus augmente de 10 % par an. Les associations écolos demandent un calendrier de progression ambitieux, à commencer par cet objectif : 6 % de « bio » en 2010…

Nous avons parlé des AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), qui commercialisent directement les produits de la ferme ; des écobilans (jamais simples : quel est le plus écologique, d’un produit « bio » qui nous arrive en avion du bout du monde et d’un produit de l’agriculture traditionnelle ?) ; de la distribution de « tickets bio » comme on propose des tickets restaurant ; d’une certification des productions agricoles en fonction de leur qualité écologique (A pour le meilleur, puis B, C, D et E, comme dans l’électroménager)…

Entre les participants, de la bonne volonté et pas mal de points d’accord. Mais aussi des oppositions aiguës. Vers la fin de la séance plénière (tout le monde réuni), on en est venu aux agrocarburants, et c’est moi qui ai fait péter le thermomètre en disant que si les pays riches amorçaient la pompe et roulaient massivement au diester ou à l’éthanol, c’en était fini des forêts tropicales et de la majorité des cultures vivrières dans les pays les plus pauvres…

L’ambiguïté consubstantielle à l’expression « développement durable » ne sera jamais résolue. Continuons le combat, camarades ours, loups, renards, vipères, cafards, requins, orties et ronces !

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41 réponses à Grenelle de l’environnement, 3

  1. Gilles dit :

    Il me semblait que vous aviez dans le passe choisi votre camp et tordu le coup -avec juste raison- a l’association de « developpement » et « durable » ? Meme du simple point de vue mathematique, « developpement » suggere une derivee positive, ce qui ne peut donc etre « durable » a moins d’envisager que la valeur mesuree (laquelle au fait ?) puisse flirter avec l’infini…. Le royaume enchante du « toujours plus », toxine humaine…
    Bon, a lire votre resume, on ressent encore ce vague parfum de choucroute dans laquelle ce Grenelle pedale… Tiens au fait existe-t’il un site plus ou moins officiel ou l’on trouverait la constiution des equipes, les compte-rendus de reunions, les objectifs pour les prochaines reunions, etc etc… on arrive a le faire pour la Coupe du Monde de Rugball, ca devrait etre realisable pour un sujet suppose aussi important ?

    A propos d’objectifs : sont-ils articules, ceux de chaque commission ? En dehors de l’objectif bateau de rediger 10 ou 20 propositions realistes pour… »… pour quoi donc, donc ?
    Bon courage en tous les cas. Je vous imagine frequemment bouillonnant en session, isn’t it ? :-)
    Quant a moi, au vu de tous ces progres, je vais monter chercher du fromage a la Vacherie du Boreon. Pas de label, probablement, mais aucun doute, certainement.
    Continuez,
    Gilles

  2. Yves Paccalet dit :

    Bien sûr, aucun développement ne sera jamais durable dans un système physique ou écologique fermé comme la Terre. Je ne cesse de le répéter, mais tout le monde voudrait tellement que ce ne soit pas vrai ! Tout le monde a toujours voulu croire aux miracles…
    Pour ceux qui ne connaissent pas le Boréon et sa vacherie, allez-y voir… Mais pas trop nombreux non plus ! Le refuge de Cougourde, un peu au-dessus, est-il toujours aussi moche ? J’espère qu’on l’a soit détruit, soit remplacé par un beau chalet. Je n’y suis pas retourné depuis des années, mais je vais combler ce manque : je donne une conférence à St Martin-Vésubie le 15 septembre prochain. J’en profiterai pour m’échapper dans la montagne, et aller saluer les mouflons, les bouquetins et les chamois ; sans oublier la sublime saxifrage du Mercantour, Saxifraga florulenta.

  3. Gilles dit :

    Nous y serons ! Desole d’avance si il y a quelques odeurs de fromage dans la salle ! :-)
    Pour info, le refuge de Cougourde a ete refait tout neuf tout beau il y a 5 ou 6 ans.

  4. jean-marie dit :

    Développement de quoi, c’est bien la question.
    Si c’est le développement des économies de matières, d’énergie et bonnes idées, alors pourvu qu’il soit durable, mais je ne me fais pas d’illusion, quand les économistes parlent de développement durable, ils parlent du développement de l’économie qui se mesure en PIB et autres indices plus ou moins signifiants.
    Mais aprés tout, le développement des échanges est-ils totalement incompatible avec une économie durable ? Suffit de choisir ce qu’on échange.

    Pour gilles (et d’autres), le site du ministère (quoi de pus officiel) : http://www.legrenelle-environnement.fr/grenelle-environnement/
    celui de l’alliance : http://legrenelle.lalliance.fr/?p=36#more-36 et celui de FNE : http://fne-grenelle.blogspot.com/

    Attention, risque important de dérive virtuelle, heuresement, le fromage et le saxifrage sont là pour rappeller à la réalité…

  5. V!nc3r dit :

    Mais est-il possible que chaque humain puisse manger un aliment bio ? Je veux dire : les méthodes de production bio peuvent-elles avoir le même rendement (je deteste utiliser ce mot) que les méthodes dites industrielles ? Si non, il ne nous reste plus qu’à aller envahir la planete mars…

  6. Yves Paccalet dit :

    D’après ce que j’ai lu (voir Philippe Desbrosses, par ex., le cas du riz malgache qui respecte les sols), les rendements « bio » (moi non plus, je ne suis pas fanatique du mot « rendement ») peuvent être aussi bons que les rendements « chimiques »… A condition de cultiver plus que malin.
    De toute façon, il faut considérer l’apport réel de calories, protéines, sels minéraux, vitamines, oligo-éléments, etc., par unité de volume de la plante consommée. Sans être miraculeux (ne rêvons pas), l’apport du « bio » est meilleur.

  7. jean-marie dit :

    Un lien sur le site de la FAO qui a tenu un congrés sur ce thème en mai 2007 : http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000550/index.html
    Il y est écrit que oui, l’agriculture bio peut nourrir la population de la planète, mais il faudra peut-être aussi revoir nos modes d’alimentation (pour le plus grand bien du déficit de lé sécu)…

  8. Michel dit :

    @ Yves Paccalet: mobilité douce en Vésubie: pour rejoindre SMV sans la bagnole qui puire, sachez qu’il existe un bus du conseil general du 06 qui vous y mène depuis Nice au tarif unique (sur tout le 06) et imbattable de 1€30!! Cf le site web du CG06.
    Je prépare d’ailleurs, un article sur le sujet (une belle traversée pédestre de 5 jours entre Tende, accessible en train, et SMV en passnt par le Mont Clapier) qui devrait paraitre aur le site alpinisme.camptocamp.com d’ici une semaine. Avec bouqetins, chamois, gneiss, petits apollons, demi-deuils… Jolie région, indeed!

  9. Anne-Marie dit :

    Jean-Marie:
    « L’agriculture bio peut nourir la population de la planète » Quelle population ? Humaine , animale ou les deux?
    Candide

  10. Atlantis dit :

    Cette grande messe de l’environnement est un spectacle désolant. Après la pollution/désertification de notre environnement/biodiversité, voici l’étalage au grand jour de la pollution/désertification des esprits.

    Continuez à faire péter le thermomètre, le malade en aura bien besoin. De l’endroit où nous autres (citoyens lambda) sommes, la seule chose qu’on peut faire c’est « sauve qui peut » …

  11. marcel dit :

    Méfions nous des cogitataions des « experts » en chambre de la FAO,officine de l’ONU.
    L’agriculture biologique est un idéal à atteindre partout sur la planète mais de là à pouvoir nourrir plus de 6 milliards d’habitants,j’ai des doutes.
    Il faidrait promouvoir l’agriculture biologique tout en adoptant une politique mondiale de dépopulation afin d’arriver à un chiffre de population « durable »
    pour la planète:seule voie possible et réaliste pour assurer notre survie et celle de nos enfants.
    A quand la création d’un équivalent européen ou mondial au britannique OPT(optimum pupulation trust)?

  12. Gilles dit :

    Merci Jean-Marie pour les pointeurs/Grenelle. Meme si on reste un peu sur sa fin en termes de transcription des travaux….
    Dur dur de rester positif et de ne pas douter. Douter de l’efficacite de groupes de 50 a 60 personnes, a priori tres heterogenes au depart. Sans mettre en question les competences ou motivations de chacun. Mais avec un oeil « buziness » (beurk…) je serai sceptique quant aux chances de succes dans les delais impartis.
    Dur de ne pas questionner la composition des groupes (ou est Pierre Rahbi ? ou est l’eau, ou sont bien sur les OGM en dehors du groupe transverse….).
    Bien sur il faut eviter le proces d’intentions, mais ce serait amusant, comme dans tous les scenari analogues, de mieux lire quels sont les reels objectifs de chacun (pas forcement ceux affiches, les vrais). Quelle est aussi la vraie comprehension de toutes les problematiques qui sont devant nous (enfin, la m…. dans laquelle on a les pieds) par chacun.
    La simple structuration des groupes en « colleges » laisse craindre (mais bien sur a tort) que l’on est la face a l’affrontement d’interets collectifs plutot qu’a la convergence d’efforts individuels tendant a tenter de resoudre un (gros) probleme collectif.
    Cela dit, on s’est tellement enfonces dans le caca qu’il ne peut y avoir ni solution simple, ni meme de methodologie simple pour adresser le probleme.
    A partir du 1er janvier, baisse du bus a 1 euro pour Nice-SMV. Seul pb le 1er bus arrive la-haut a 9h40, la Madone n’est pas plantee la…. a la limite vaut mieux prendre le dernier et commencer une marche d’approche de nuit, on en a pour son euro ! :-)

  13. patrice andre dit :

    Pour appuyer l’objectif des 6 % de culture bio en 2010, l’exemple allemand de Munich me paraît pertinent. Ne sont autorisées dans une large ceinture de la ville que des cultures bio, en partie subventionnées par la ville. Mais la commune s’y retrouve car l’eau captée pour alimenter la cité ne nécessite aucun traitement et l’on économise donc l’installation et le fonctionnement coûteux des usines de traitement.
    Ce système est donc gagnant pour tous, pour les citadins qui ont la meilleure eau potable du pays et qui sont largement fournis en produits bio locaux, pour les agriculteurs locaux qui peuvent vivre de leur labeur, pour les élus et les contribuables qui réalisent des économies de budget, et enfin pour la planète puisqu’on limite le transport des denrées alimentaires.

  14. Michel dit :

    Encore un temoignage ici (parmi tant d’autres) que sans limitation de la population humaine aucune politique ecologique n’aura de résultat serieux sur le moyen et le long terme:

    http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=8202591

    Merci à marcel d’avoir mentionné l’OPT.

  15. marcel dit :

    @ Michel:les gens de l’OPT ne comptent pas de Hervé Lebras dans leur rang,c’est un signe de bonne santé mentale et de lucidité.
    Le chiffre de population doit être mis en adéquation avec les « capacités »(nutritives,énergétiques,géologiques,…) du territoire qui l’ abrite :la preuve sur le lien web qur la population kenyane.
    Notre survie ne doit pas s’exercer au détriment de celle des autres formes de vie.

  16. Gilles dit :

    Un lundi illumine par l’annonce du voyage eclair de Super-Ministre de l’Environnement-et-plus-si-affinites au Groenland !
    On se serait cru aux actus de Grosland… dixit les services de com du ministere, la « trace carbone » (quelle douce expression) generee sera compensee par le financement d’un « projet ecologique ».
    Morts de rire (avant de l’etre autrement). Merci M. Borloo de nous avoir permis de commencer la semaine sur une note hilarante.
    Deja que ca fait plaisir de constater qu’il faut que M. le Ministre Saint Thomas aille sur place pour constater ces que tous les experts lui expliquent (ils ont du renoncer, au bord de l’apoplexie, et dire « y’a plus qu’a l’emmener en esperant qu’il comprenne de quoi on lui parle »), mais en plus on voit qu’il a bien pige ce qui se passe, puisque, grace a un cheque du ministere, le CO2 genere va « disparaitre ». On ne sait ou, et les experts prevoient surement quelques annees pour lui faire comprendre le mecanisme… Mais on ne desespere pas.
    J’espere que le groupe de travail numero 1 va inviter le ministre a ses reunions. Faut les filmer… enfonce, video-gag !

    Il me reste des pieces jaunes, je vais aller laisser tourner le moteur de la voiture au garage, pour compenser en generant un peu de CO2….

  17. Yves Paccalet dit :

    Dans « Sortie de secours », j’ai dit le mal que je pensais de la « compensation carbone » : poudre aux yeux, impossible à généraliser, impossible à contrôler (allez vérifier la forêt qu’en principe vous financez dans un pays du Tiers Monde !), et au fond absurde, parce que le carbone que vous mettez dans l’atmosphère, de toute façon il y est et il y reste ! Mon ami Yann Arthus-Bertrand, qui pratique et vante au contraire cette façon de faire, m’a reproché mon scepticisme. Je persiste et signe : quand il s’agit d’un voyage d’étude, l’écologiste pollue et assume sa pollution. Quand Borloo fait de la com’, on appelle ça du tourisme politique.

  18. Anne-Marie dit :

    Monsieur le Ministre Saint Thomas a du pain sur la planche… On l’attend dans les landes pour constater la récidive des chasseurs de bruant ortolan…Encore un dossier qu’il ne connaissait pas…Dommage…Surtout pour les ortolans et aussi pour ceux qui se sont faits agresser…

  19. patrice andre dit :

    Vous êtes dur avec Borloo, il est juste allé chercher des glacons pour l’apéro !

  20. Gilles dit :

    Et pis manque de bol, apres l’apero, je le vois assez bien se les manger, les ortolans… :-(
    Pour Anne-Marie, c’est sur que l’application de la loi (la meme pour tous) devient etrangement souple en presence d’individus armes… helas !
    (et encore on aurait pu naitre americains…)

  21. Michel dit :

    allez, je m’autorise un peu de pub (j’espère que vous ne m’en voudrez pas) pour l’article sur la vésubie que je mentionnais plus haut:

    http://alpinisme.camptocamp.com/article1107-88.html

    bon séjour dans cette magnifique région!

  22. véronique dit :

    Et si on jouait à « pigeon vole  » ?
    ramier ? vole …. pigeon ? se fait voler plutôt … oie ?gavée peut plus voler …
    ortolan ??? vole plus, volait pourtant avant ….
    borloo? vole ! ministre de l’environnement ??? vole (son titre ??)
    pyralène ???, nage bien, très bien (depuis longtemps…)
    dauphin blanc ??? nage plus – yen a plus /foutu/dauphin blanc …
    tous comptes faits, je me demande si je vais pas parrainer une outarde … (chez bougrain-dubourg, jusqu’à ce jour, c’est le seul qui a réussi à m’encarter ! il est fort…j’dis ça pour rire bien sûr, c’est juste que j’ai déclaré mon territoire à moi refuge LPO (ligue de protection des ornitorynques) Amitiés désespérées à tous /toutes… AMITIE ? VOLE …
    ET SI ON SE DISAIT QUE LA LIBERTE C’EST COMME LES GRAINES DE COLZA ET DE PISSENLIT ????

  23. véronique dit :

    Une chtite blague : Quelle est la différence entre le désespéré des villes et le désespéré des champs ? (j’entends par là : »l’amoureux de la nature », et non pas « l’habitant d’un espace qui n’a plus de rural que le nom »….):
    Nous on a au moins toujours une branche à laquelle se raccrocher ….

  24. Yves Paccalet dit :

    J’adore la blague de la branche : mais je la connaissais en plus noir. A la campagne, nous, au moins, on a toujours une branche pour se pendre !

  25. véronique dit :

    qui a dit : il vaut mieux se pendre haut et court que bas et long ? (me souviens plus de l’auteur de la vanne …Coluche ?

  26. Anne-Marie dit :

    Qui a dit qu’on était en train de couper la branche sur laquelle on était assis? Nicolas Hulot bien sûr…

  27. Anne-Marie dit :

    Ma chère Véronique, ne sois pas désespérée, on est là pour te soutenir , nous, les vieilles branches!!! Pour te remonter le moral, je te donne la date d’édition du livre de Théodore Monod (que tu cherchais je crois…): « Si l’aventure humaine devait échouer » : 2000 chez Grasset!!!

  28. jean-marie dit :

    Une autre réponse à V!nc3r,moins officielle que la FAO, mais largement aussi pertinente, pêchée sur le blog de Véronique sur le quel nous sommes tous invités : Je lui laisse le choix de re-mettre le lien si elle le souhaite et j’espère qu’elle ne m’en voudra pas de ce piratage –
    http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=1717

  29. jean-marie dit :

    hé, magique, en cliquant sur son nom, on arrive direct sur son site… décidément, la magie d’internet recelle encore bien des mystères pour moi…

  30. Patrice André dit :

    Au sujet des branches, pourvu que ça dure (pour ce raccrocher ou pour se pendre…). Car dans le coin perdu des Pyrénées où j’ai trouvé ma « tanière » les épicéas font la tête. Ils sèchent les uns après les autres.
    Réchauffement climatique, ou sécheresse ? Le ruisseau en fond de vallée aussi fait la tête. Des anciens m’ont dit ne l’avoir jamais vu aussi bas.
    Je serais peut-être prochainement un « exilé climatique ».

  31. véronique dit :

    @ jean-marie : et là maintenant, ça le fait plus !(hier soir j’avais laissé l’adresse de mon blog dans la case prévue à cet effet).Merci tout plein pour la pub du blogue …
    @yves paccalet : je m’aperçois que j’ai raconté plein de bétises en oubliant l’essentiel : de vous dire merci pour le coup de gueule anti agrocarburants. Même si c’est inutile, c’est toujours ça de dit !
    @anne-marie :je suis aussi une vieille branche ! c’est bien pour ça que je suis désespérée. La récupération des idées écolo, j’ai déjà vécu, je sais à quelle sauce nous allons être mangés ! En plus, j’ai regardé une émission « politique » à la télé chez des amis lundi soir (chez moi j’ai pas la télé) : mots croisés : régimes de retraite pouvoir d’achat et autres joyeusetés : qui a vu ça ? je peux vous assurer qu’il n’a pas été question 2 secondes, ni même 2 nanosecondes, d’environnement, de transversalité, ni même de développement durable !
    Croassance, croassance et encore croassance …Plus de blé, puisqu’on en manque, plus d’agrocarburants, plus de pouvoir d’achat, plus plus et encore plus … Quand je pense qu’on nous accuse, nous, de vouloir faire revenir tout le monde au Moyen-Age ! Je trouve plutôt que ce sont eux qui ne veulent pas en sortir, du Moyen-Age ….
    @yves paccalet : (et à tous, en France, les aut’ s’en foutent et ils ont raison) Que pensez-vous de la commission croissance ? celle de Jacques Attali ?
    Et je voulais vous dire également : s’il y a bien une espèce végétale pour laquelle je ne me fais pas trop de mouron (!) c’est la ronce …Pour l’observer chez moi tous les jours, je la prendrais bien comme symbole de la force, de la vie, de la force de vie ….
    Bonsoir à ce beau blogue !

  32. Yves Paccalet dit :

    La ronce pourrait, en effet, passer pour un symbole de la force taoïste : comme l’eau, on croit qu’elle plie, qu’elle se soumet, mais elle triomphe à la fin de l’arbre rigide et vaniteux, donc faible. En avant, mes soeurs les ronces ! Si nous survivons aux herbicides, nous finirons par escalader les ruines des gratte-ciel de la « croassance » (merci, Véronique, pour ce néologisme évocateur, je m’en resservirai) !

  33. Thierry LEITZ dit :

    @ Yves Paccalet
    Je vous rejoins sur la croissance : je pense qu’elle devrait être un résultat plutot qu’un objectif, et surtout un « dieu » capable de changer notre folie en sagesse, ce qui est impossible même pour Dieu !
    Vous devriez en bon pédagogue rappeler que la croissance ne profite essentiellement aux décideurs ne laissant que miettes aux autres. Ceci étant criant dans les pays à forte tolérance à la misère, sans lois sociales obligeant à une certaine équité dans le partage des fruits de la croissance.
    Résumé : la croissance pollue, laisse les peuples au bord du chemin, attise les haines de toutes sortes. Il faut dénoncer, non pas la croissance qui n’est qu’un indice, mais ceux qui l’organisent de cette façon, en s’enrichissant eux seuls au détriment de millions d’autres (pauvres et générations futures).
    Si vous avez l’occasion, pourquoi ne pas dénoncer la gabégie militaire couteuse et nuisible pour tous sauf quelques businessmen proches des pouvoirs (corrompus de préférence). Le budget de la « défense » est de 40 milliarfds € en France, 15% du total ! Et nous sommes 3ème exportateur d’armes dans le monde.
    Ne peut-on pas faire autre chose ?
    La paix sort-elle gagnante de ce gaspillage éhonté ?
    Qui a besoin de l’ivresse de la puissance ?
    Rarement les peuples, mais toujours les autocrates imbus, experts en manipulation des masses de supporters stupides qui les élisent.
    Tant qu’on y est un cri d’alarme sur ITER, cette éprouvette géante coûtant 15 milliards aux contribuables notamment de France, pays hôte, pour 1500 emplois surqualifiés, des déchets (la machine elle même très irradiée), des risques (200 millions de °C…), aucun Kw/h produit mais une consommation de l’équivalent de deux réacteurs actuels, des résultats hypothétiques pas avant 50 ans, et si, avec beaucoup de chance l’expérience est positive, rebelote 10 milliards pour construire pendant 30 ans un 1er prototype de réacteur à fusion thermonucléaire contrôlée… Un siècle d’attente, sans certitudes autres que les coûts et les carrières, et on ne doit rien dire ? Alors, Mr Yves, bon courage !

  34. Patrice André dit :

    Je suis à la bourre ! Je voulais répondre à Véronique sur la commission Attali. Après une visite sur « liberationdelacroissance.org » j’ai été ravi de découvrir que la France allait sauver la planète.
    Des technologies de pointe maîtrisées ou en passe de l’être par notre nation vont résoudre tous nos problèmes, notamment ceux liées aux gaz à effet de serre.
    Pour la production d’électricité, nous allons développer des centrales géothermiques haute profondeur, d’une capacité équivalente aux centrales nucléaires, l’uranium et les déchets en moins.
    Pour la voiture, plus de pétrole mais de l’électricité grâce à un ultra-condensateur nanotechnologique, qui nous offrira 200 Km d’autonomie à 130 Km/h.
    Pour les transports aériens et maritimes, il faut simplement basculer de la civilisation du pétrole, à la civilisation de l’hydrogène (produit avec le surplus d’électricité des centrales géothermiques).
    Que demander de plus ? Trois solutions techniques favorables à la croissance, l’emploi et à la sauvegarde de la planète, elle est pas belle la vie ?
    Mais où le bas blesse-t-il ?
    Pourquoi continuer, si ces énergies alternatives sont au point ou en passe de l’être, le développement du nucléaire, et pourquoi les pays voisins du cercle polaire se lancent-ils dans une nouvelle « guerre froide » pour le contrôle des champs pétrolifères sous l’arctique ?
    Qu’en pensez vous ?

  35. Laurence dit :

    Quand nous avons élu notre Président - »nous », car même ceux qui ne le voulaient pas, eh ben dommage !-, j’avais ouïe dire que Borloo devait être le numéro 2 et me disait naïvement et bêtement, que l’on entendrait enfin parler d’écologie et que des actions seraient menées.
    Et en fait, pour faire parler de lui, Borloo ne trouve rien de mieux que d’aller « chercher des glaçons » au Groenland !
    Franchement, pour ensuite faire la leçon au « trop de CO2″, c’est pas top !
    Par contre, pour faire rire (jaune, pour les écolos) tout le monde, il se pose là!!
    A nous tous, je suis sûre qu’on n’est pas plus payés que lui, mais qu’on fait mieux !

  36. Patrice André dit :

    Erratum
    Je suis bien allé sur liberationdelacroissance.org mais ce n’est pas le site officiel de la commission Attali (.fr)
    Cependant les questions sur les solutions énergetiques restent valables.
    Sur le site de la commission Attali, je n’ai pas vu grand chose sur l’environnement.

  37. véronique dit :

    Je ne suis pas sure que « croassance » soit de moi …En tout cas, ce jeu de mots est en licence libre, pas breveté, libre comme l’oiseau perché sur la branche qu’on scie pour dépendre les pendus, et les tombés du haut de la falaise.
    Et un mot plus sérieux :sur le site du Figaro, vous constaterez que Borloo s’est approprié « Sortie de secours » … (pas le temps de mettre le lien il est sur mon blogue dans le dernier article) Au secours !

  38. Eugène dit :

    Croassance! Excellente la blague!
    Elle montre exactement que la question qui s’y rattache n’est d’abord qu’un bidouillage mathématique rabattu sur une fonction NATURELLE…. de valorisation.(soit l’économistique)

    Je veux dire que ce qui ns rend humain tient à une faculté éthico-morale en ns d’analyse de cette fonction naturelle, ce qui ns distingue ainsi des mamifères, voire de ceux qui croaent en n’importe quoi et croassent sur nos naïvetés. Combien de temps allons ns les supporter encore avec leurs ambitions? Si vs m’avez suivi, ce denier concept relève du pulsionnel non acculturé.

  39. ernest dit :

    Biocarburants : manger ou conduire, il faudra bientôt choisir !

  40. Yves Paccalet dit :

    Disons plutôt que, sur la Terre, il y aura ceux qui pourront à la fois manger et conduire, et ceux qui ne pourront ni l’un ni l’autre !

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