13 octobre 2007
Puisque le prix Nobel de la Paix récompense l’écologie (Al Gore et le GIEC), et que, depuis toujours, je suis persuadé que, sans écologie, nous aurons la guerre (toutes les guerres jusqu’à la pire : la nucléaire !), je vous redonne ce petit texte que j’avais fait paraître dans un « Ushuaia Magazine », ancienne version.
Les guerres de l’eau
Un frisson d’eau sur de la mousse. Un petit bassin frais dont s’échappe le torrent du Petit Abbai. Je suis à la source du Nil Bleu, en Ethiopie à 2 900 mètres d’altitude. Le lieu fut découvert en 1618 par un jésuite portugais, le père Paez, puis retrouvé en 1770 par l’Ecossais James Bruce. Le torrent dévale, devient rivière et se jette dans le lac Tana, qui constitue, pour le Nil Bleu, l’homologue du lac Victoria pour le Nil Blanc. Plus loin, il devient énorme et tombe de cinquante mètres, dans une apocalypse, en lançant dans l’air un fabuleux nuage : ce sont les chutes Tissisat, la « Fumée sans feu »… A Khartoum, le cours d’eau rejoint son jumeau, le Nil Blanc, deux fois plus petit que lui. Les frères fusionnés entament la prodigieuse traversée du Sahara qui fait du Nil le roi des fleuves. La rivière des pharaons. La source de notre Histoire…
Je trempe la main dans le Petit Abbai. Je regarde les gouttelettes qui fuient. L’eau du Nil entretient la vie dans le quart nord-est de l’Afrique. Qui en est « propriétaire », parmi les 150 millions d’habitants de son bassin ? Est-ce le fellah du Soudan ou celui d’Egypte ? Faut-il qu’elle fabrique de l’électricité à Assouan ? Déjà on en manque. Le fleuve n’apporte pratiquement plus une goutte à la Méditerranée. Les deux branches de son delta, Damiette et Rosette, sont à sec…
Je crains que le XXIe siècle ne voie se multiplier les batailles de l’eau. Celle du Jourdain appartient-elle aux Israéliens, aux Palestiniens ou aux Jordaniens ? Celle du l’Euphrate aux Turcs, aux Syriens ou aux Irakiens ? Celle du Colorado et du rio Grande aux Américains ou aux Mexicains ? Celle du Mékong aux Chinois, aux Laotiens, aux Thaïlandais, aux Cambodgiens ou aux Vietnamiens ? Dans la paix biblique des montagnes d’Ethiopie, je ne vois pas seulement s’avancer vers moi le rêve de la reine de Saba, mais le spectre sanglant des futures guerres de l’eau.
Sans la sagesse des hommes, le Nil Bleu deviendra vite le Nil Rouge.
8 commentaires
Ceci n’est pas exactement un commentaire mais une question: je viens de lire (et je le relis, même) votre « pamphlet » (qui n’est que vérités et évidences) « L’humanité… » et j’ai cru y déceler des hommages indirects à Desproges (vous citez Vialatte, tant chanté par le premier, justement). Me trompe-je?! Je pense « tout ça qu’est-ce que vous dites » avec la même hargne et vous félicite pour vos interventions posées et calmes sur la corrida chez Frédéric Taddéi: vous avez même « conquis » Philippe Caubère. Merci pour tout.
Maintenant, j’aimerais vous soumettre des réflexions sur la mort volontaire (« suicides ») mais que l’on pourrait, appliquant l’idée de Maupassant dans « L’Endormeuse », rendre gaie et jolie (comme les Grecs anciens qui se réunissaient pour avaler la cigüe en chantant!). Si vous avez envie de me contacter par le net, ce sera avec grand plaisir! Merci et BRAVO.
14 octobre 2007 à 23:12. Lien permanent.
Bonjour,
Je cherche des partenaires pour la diffusion d’un nouveau procédé de production d’énergie totalement propre (production simultanée d’électricité et d’air comprimé). Je ne peux pas encore vous donner tous les détails techniques, le brevet définitif n’est pas déposé.
Ce sera fait lorsque le Professeur Perraudin de l’EIG http://www.cmefe.ch aura terminé son travail
d’étude d’optimisation (d’ici à la fin de l’année au plus tard).
Ce que je peux vous préciser c’est qu’il s’agit d’un système éolien qui :
n’utilise pas l’hélice que l’on voit partout,
n’a pas besoin d’aller chercher les vents en hauteur, et utilise les vents les plus faibles aussi bien que les plus forts
n’est pas sensible aux sautes de vents, perturbations, courants, etc…
s’intègre dans le paysage sans les nuisances reproché aux grandes hélices (bruit, morts d’oiseaux migrateurs, bétonnage au sol, etc..) donc parfait pour les fermes éoliennes
nécessite très peu de maintenance
fonctionne à 100% du temps avec vent ou air comprimé
est conçu pour assurer l’autonomie énergétique n’importe où dans le monde de la plus petite maison à la plus grande usine, ou des villages ou quartiers de grandes villes
est beaucoup moins cher que les systèmes existants, surtout pour les productions d’énergie importantes
et comme vous le verrez dans le document ci-joint à de multiples applications potentielles.
Je cherche des partenaires :
entreprises privées et Etats – lorsque la production d’énergie est un monopole d’état-à qui céder des licences de commercialisation ou d’exploitation.
industriels qui fabriqueront les élements composants ce procédé?
Mon objectif est de diffuser ce produit sur tous les pays car son faible coût permettra au pays du sud de résoudre bien des problèmes,
et de relever leurs niveaux de vie sans polluer, et au pays du nord de réduire leur facture énergétique et leur niveau de pollution.
Enfin, dès le lancement je pourrais commencer à concrétiser les prototypes des applications moyens de transports,
et j’aurais ensuite besoin des partenaires correspondants pour l’industrialisation et la mise sur le marché.
Concernant l’Europe j’ai deux solutions. Soit céder des licences à des entreprises pays par pays, soit réunir des entreprises européennes
de différentes tailles dans un GIE qui se chargerait du développement en sur toute l’Europe.
J’ai actuellement deux PME françaises et une Polonaise qui semblent prêtes à suivre ce chemin et sont essentiellement des
entreprises techniciennes, une entreprise comme la vôtre apporterait un excellent complément.
L’avantage de cette formule serait que ce GIE pourrait :
constituer son unité de fabrication pour les parties novatrices du procédé pour la distribution sur l’Europe
acheter avec des marges interessantes les autres éléments compte tenu de la quantité de produits qu’il y aurait à distribuer
obtenir de sérieuses subventions européennes pour les differents aspects de l’exploitation
Au plaisir de vos nouvelles.
Sincères salutations.
Patrick Haguenauer
33 608 26 89 72
33 468 21 67 24
15 octobre 2007 à 7:16. Lien permanent.
Pour Marie-Claude :
Aucun doute, Pierre Desproges nous manque. L’absurdité, la bêtise et la méchanceté de nos comportements actuels l’auraient inspiré !
Quant à la gaieté dont nous devrions entourer le moment de notre mort choisie, là aussi je suis d’accord. Mais notre société submergée, étouffée de religion, interdit qu’on commence même à en parler. Ce qui devrait nous inciter à le faire, bien sûr !
15 octobre 2007 à 12:43. Lien permanent.
Merci de votre réponse! Mais voyez-vous, en Suisse, pays où l’on meurt naturellement d’ennui (si si: quelqu’un a dit: « En Suisse, on s’exile ou on meurt »), vous savez que l’on peut s’y « euthanasier », dans de petits appartements cafardeux, grâce à des potions anéantissantes. Mais il faut « prouver » l’incurabilité de sa maladie, en général longue et douloureuse (et pour reprendre notre cher Desproges: « citez-moi une maladie courte et rigolote! »). En soi, c’est tout de même une « avancée ». Mais ces petits studios sont franchement sinistre. Il y a même des vieilles dames qui s’offusquent de voir entrer des gens « vivants » ressortir dans leur caisse en sapin…. Or,si l’on peut se targuer d’avoir ce genre de services à disposition (mais encore une fois: il faut devoir prouver « médicalement » de sa fin prochaine), nous devrions, dans nos sociétés « civilisées », pouvoir s’anéantir proprement et joliment et non en se défenestrant, en se foutant sous le train, en se tranchant la gorge et/ou les veines, etc.
Vraiment, Maupassant a fait une belle proposition avec son « Endormeuse » (collection J’ai Lu, no 3514).
Le débat, en France en tout cas, n’est pas encore ouvert, alors que l’un de ses meilleurs auteurs a imaginé, avec une immense compassion, ce « qu’il faut »…
Mais comme l’a écrit Khalil Gibran (ses oeuvres complètes sont à lire absolument!), « l’imagination est une réalité qui ne s’est pas encore cristalisée ». Donc, ça va viendre.
Mais peut-être que dans un prochain « pamphlet », après la non-reproduction et le bouffage de bébés tendres, c’est une thèse que vous pourriez (re)mettre sur le tapis?!
A bientôt peut-être et merci!
15 octobre 2007 à 23:41. Lien permanent.
Pour Marie-Claude:
Bien sûr que ce serait agréable de pouvoir choisir sa mort pour ceux qui le désirent et de l’organiser dans la douceur en cas de maladie incurable…Mais le problème est que les diagnostiques ne sont pas toujours fiables et que l’homme est ce qu’il est, pas toujours respectueux de la vie d’autrui La solution ne peut être que dans le cas par cas et dans la relation de confiance médecin malade famille. La généralisation d’une pratique à mon avis pourrait conduire à des dérives et des abus. Parmi les futurs héritiers il y en a toujours qui souhaitent des disparitions rapides et radicales…
18 octobre 2007 à 7:14. Lien permanent.
avec un peut de chance on retrouvera « poecilia reticulata » (« guppy ») sur mars c’est déjas ça de gagnier;-)
19 octobre 2007 à 11:35. Lien permanent.
hagueunauer c’est plaisir de vous avoir
19 octobre 2007 à 11:37. Lien permanent.
Pour Anne-Marie:
… Vous n’êtes pas la première, lorsque j’évoque ces fins paisibles, à parler de questions d’héritage! Si, pour Yves Paccalet, le problème semble avant tout tabouisé par la religion, pour vous, il semble relié à la médecine (l’autre pouvoir de nos temps « modernes »). Mais la question n’est pas là! Il ne s’agit pas de pousser les autres vers l’anéantissement pour s’approprier leurs sous-maisons-et autres biens matériels, mais bien, à titre individuel, de pouvoir s’éclipser « proprement » d’un monde, à l’évidence mal barré, ou d’une vie dont on a fait le tour: c’est tout!
L’avènement de l’ »homo universalis » (évoqué par le « maître » de ce blog) tarde, d’ailleurs, tant que l’on s’en remet à la religion, à la médecine « officielle », aux pensées des « penseurs », on n’est pas sortis de l’auberge (rouge)! Merci de votre petit mot.
21 octobre 2007 à 14:10. Lien permanent.