Grenelle de l’environnement, 5

28 octobre 2007

Vous avez suivi, je pense, le discours de Nicolas Sarkozy jeudi dernier, en présence d’Al Gore et de José Manuel Barroso. J’étais dans la salle des fêtes de l’Elysée, à côté de mon ami et complice Jean-Marie Pelt. Nous avons fait « coucou » aux caméras, mais personne ne nous a vus. Nous n’étions pas seuls : quasiment tous les ministres avaient accouru et formaient une brochette au premier rang. Divers personnages (y compris un « écolo » connu) jouaient les lèche-cul. Ne me demandez pas les noms.

Pour résumer, le discours de notre Président a échangé un baril de nucléaire contre un baril d’énergies renouvelables. Il était rempli d’enthousiame et de promesses, dont chacun sait qu’elles n’engagent que ceux qui y croient. La différence avec la situation antérieure c’est que, maintenant, nous avons la cassette !

Par derrière, les lobbys avaient sorti les couteaux, les mitraillettes et les armes de destruction massive, capables de réduire les projets de lois positifs en chair à pâté. Il faut le savoir : rien n’est acquis. Sauf la légitimité de notre combat pour la planète et l’homme, que plus personne n’ose critiquer, hormis Claude Allègre, le journaliste Eric Zemmour et Jean-Marie Le Pen. A l’étranger, rajoutons-y George Bush et la droite chrétienne américaine ; Vladimir Poutine, Hu Jintao, l’association des dictateurs aux mains rouges et divers grands manitous du pétrole, du nucléaire ou de la bagnole.

Je n’ai même pas eu le temps de goûter les petits fours (qui sembaient délicieux) : je devais filer pour enregistrer (un film « Arte ») mes délires personnels sur ce que j’imagine que sera l’an 2030. Gros risques d’erreurs… Le lendemain matin, j’étais à Sciences Po avec, notamment, Mikhaïl Gorbatchev (Green Cross International) et Michel Rocard (excellent sur la gouvernance, ou plutôt le manque de gouvernance internationale). Avant de partir donner une conférence dans le parc naturel des Landes de Gascogne (parfums de pins). Puis une autre en Savoie, au Grand Bivouac d’Albertville (ours polaires, manchots et stations de ski : même combat contre le réchauffement climatique).

Aujourd’hui, dimanche 28, je suis à Tincave. Un peu (trop peu) de neige d’automne poudre les cimes de la Vanoise. Les vaches redescendent dans la vallée. Le merisier, dans le pré sur lequel ouvre ma fenêtre, pleure une par une ses feuilles rouge sang. Des geais unissent les arbres par le fil invisible de leurs trajectoires. Le grand corbeau qui m’a connu lorsque j’avais dix ans tourne dans le ciel, sur ses vieilles ailes percluses de rhumatismes, et me rappelle à quel point la cruelle et dérisoire humanité reste négligeable dans la vibration générale des cordes du cosmos.

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19 réponses à Grenelle de l’environnement, 5

  1. Gilles dit :

    Dans tous les cas merci Yves. Vous arriveriez à nous rendre le Grenelle passionnant, et même à nous faire penser un instant qu’il constitue la pancarte vers l’issue de secours.
    Je crois même que vous arriveriez à nous donner rendre agréable même les compte-rendus du Conseil des Ministres ou de la Cour des Comptes !

    Tiens à propos de Gorbatchev et de GCI, un petit carton jaune vu qu’ils n’ont jamais répondu aux appels a l’aide pour amplifier la lutte des Lepchas, au Sikkim. Lutte contre les barrages posés n’importe où, mettant en danger nature et tribus. Et surtout, pour combien de temps, vu que les certitudes sont rares sur la pérennité de l’eau de l’Himalaya.

    Bon, pour revenir au Grenelle, il aura au moins eu le mérite de rendre Borloo « fou de joie » et Hulot « heureux ». Pas si courant par les temps qui courent….

  2. Yves Paccalet dit :

    Entendu chez Denis Cheissoux (« CO2 mon amour », France Inter), je crois dans la bouche de Jean-Pierre Raffin : « Dans ce Grenelle, Borloo était n’était ni Austerlitz, ni Waterloo. » Rime rare !

  3. Michel dit :

    « Divers personnages (y compris un “écolo” connu) jouaient les lèche-cul. Ne me demandez pas les noms. »

    des noms, des noms! ;-)

  4. Michel dit :

    les initiales au moins!

  5. Michel dit :

    allez ,quoi, un bon geste!

  6. Michel dit :

    j’invoque le droit à l’information!

  7. Yves Paccalet dit :

    Si je donne les initiales, c’est déjà trop facile !

  8. le corbeau dit :

    Qu’est-ce que c’est que cette histoire de rhumatismes? Qui te dit que j’ai des rhumatismes ? Non mais!

  9. Yves Paccalet dit :

    N’essaie pas de dire le contraire : quand tu voles, ça grince ! Nous avons eu notre première crise en même temps. Et ça ne nous rajeunit pas…

  10. canis lupus dit :

    http://www.aspas-nature.org/

    ses deux associations non pas été invité au grenelle, je suis membre de ses deux associations.

  11. canis lupus dit :

    http://www.aves.asso.fr/index.php3

    a lire aussi, très bonne association, comme l’aspas, independante.Bonjour yves paccalet , un ami de bourg st maurice

  12. Patrice André dit :

    Pour les conclusions (dissonantes) de Paul Ariès sur le grenelle, lire l’article « Le munich de l’écologie » sur http://www.contre-grenelle.org.

  13. laurence dit :

    ah ! Tincave sous les couleurs de l’automne !…rien de tel pour se ressourcer et oublier un Borloo un peu trop gai, à mon goût…mais les goûts et les couleurs….
    Surtout qu’on ne lui dise jamais où se trouve Tincave!….

  14. Yves Paccalet dit :

    Bonjour à Bourg-St-Maurice et à l’ASPAS, association nécessaire et courageuse ! Merci à elle, de la part des blaireaux, des loups, des renards, des fouines, des putois et autres « nuisibles » ! Nous sommes tous des putois sauvages…

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