Grenelle ou contre-Grenelle ?

30 octobre 2007

Patrice André (voir les commentaires de l’article précédent) nous donne le lien (également dans cette page, colonne de droite) pour lire les textes du « contre-Grenelle », qu’anime notamment Paul Ariès.

Grenelle ou contre-Grenelle ? Que faire, ô Lénine ?! Nous voilà replacés dans les conditions de la guerre (impossible d’échapper à notre nature) : il nous faut déployer une stratégie et une tactique.

Sur le fond, je partage évidemment les critiques radicales de la société de consommation que formule le « contre-Grenelle » : on n’y arrivera jamais par la magie d’un hypothétique et indolore « développement durable ».

Mais je pense que le Grenelle constitue un acte démocratique non négligeable. Par ses résultats, par les engagements solennels de notre Président (même si personne ne croit naïvement aux promesses politiques), il fait avancer la « cause ». L’humanité ne survivra que si chacun des sujets qui la composent devient à la fois conscient de la situation et décidé à agir. On peut donner l’exemple : on ne violera pas le peuple. L’Histoire a montré maintes fois que le radicalisme révolutionnaire mène à la dictature.

Le Grenelle a des vertus pédagogiques. Stratégiquement et tactiquement, il est utile, mais il exige de la patience. Et la patience, c’est le temps.

Problème : le temps, c’est ce qui nous manque le plus…

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19 réponses à Grenelle ou contre-Grenelle ?

  1. Atlantis dit :

    Ce qui est pointé dans le fameux texte, et a déjà été souligné avec une série de vidéo lors de la campagne, c’est que sarko 1er se permet de dire une chose et immédiatement après son contraire, mais à chaque fois avec le registre linguistique spécifique à une des partie. Du coup, tout le monde est content, chacun n’a entendu que ce qui l’intéressait.

    Par exemple, il y a des gens (écolos) qui ont entendu « moratoire » et d’autres (FNSEA/limagrain) qui ont entendu « directive européenne ». Mais quasiment personne n’a pointé l’incohérence, car personne n’a entendu/compris l’autre partie. Demandez aux écolos ils sont persuadé d’avoir un moratoire, demandez à un pestiagriculteur il est persuadé de pouvoir planter OGM au printemps. Alors que pendant la campagne déjà c’était flagrant !

    Et justement, ce qui va se passer dans TOUS les cas, c’est une perte de temps (« c’est ce qui nous manque le plus ») et des tensions amplifiées ultérieurement (dictature ?).

    Globalement je suis d’accord avec le texte et sa démarche. Il y a quelques points qui sont discutables à mon avis, mais rien de bloquant. Alors que le grenelle tel qu’il a été mené (point de vue externe), tel qu’il a été conclu (point de vue du gars qui prépare son radeau de survie quoiqu’il advienne) et tel qu’il sera appliqué (je me fais pas d’illusion, politiques 99% pourris) ne donnera rien en comparaison du strict nécessaire.

  2. Gilles dit :

    Tout a fait si la meme ligne que vous (encore ! :-) ), Yves, sur le contre-Grenelle (meme si je n’ai pas termine le bouquin y-associe).

    Digression : article interessant du Times vendrdi dernier ( http://www.timesonline.co.uk/tol/news/uk/science/article2739926.ece ) titre « Humanity’s very survival’ is at risk, says UN ». Comme quoi vous n’aviez que 3 ans d’avance…
    Un des commentaires est savoureux : «The existence of intelligent life on earth would be a wonderful prospect, and I am sure once humans are out of the way it will have a chance.»

    Pour revenir au Grenelle et a son « contre » (mais on n’en n’est jamais loin), ce contre me vaut de chaleureux debats avec mon fils qui soutient que la lutte pour sauver la planete est necessaire, mais point suffisante. Car l’humanite pourrait aussi disparaitre d’un trop plein d’inegalites (qui ne font que s’accroitre), et des soubressauts que ces inegalites vont inevitablement provoquer, tot ou tard, ici ou la…

    Et encore une fois, ces deux problemes la sont lies. Ah, qu’il etait simple de separer les variables quand elles n’etaient que lettres grecques sur nos tableaux de cours de maths…..

  3. Vincent dit :

    Bonjour, j’étais en train d’écrire un article sur le grenelle justement, quand j’ai voulu récupéré quelques infos et surtout les mesures qui avaient été retenues. Je me rends donc sur le site du grennelle, et sur la page d’acceuil, en guise de conclusion : pas de récapitulatif de ce qui a été dit et décidé, mais à la place un magnifique lien pour aller voir le discours de notre schtroumpfissime sur le site de l’élysée…
    On se fiche que ça pue, pourvu que ça brille !

  4. Patrice André dit :

    Si j’ai tout bien compris, on a devant nous l’Everest à gravir. Derrière nous, une nuée ardente arrive sur nos petites fesses. Mais on vient de trouver la voie pour notre ascension.

    Il y a donc de l’espoir sous la condition suivante : « L’humanité ne survivra que si chacun des sujets qui la composent devient à la fois conscient de la situation et décidé à agir ».

    Aïe ! Vous ne sentez pas une odeur de roussi ? D’autant plus que, d’accord avec le fils de Gilles : « L’humanité pourrait aussi disparaître par un trop plein d’inégalités ».

    Ces deux conditions impliquent une refonte de l’économie pour un meilleur partage des richesses. C’est pas dans la poche non plus.

    Et nous voila avec les trois piliers du développement durable : écologie, social, économie.

    Et bien OK. Je vais refaire mon baluchon, pour aller la semaine prochaine dans la région parisienne pour suivre une formation intitulée : « Développement durable, quelle intervention syndicale ? ». Comme quoi, mon troisième prénom n’est pas encore tout à fait… Alceste.
    J’espère en revenir avec quelques cordes supplémentaires à mon arc, ou pour mon baudrier.

    PS : D’accord aussi avec Atlantis sur les discours Sarkoziens. Ses actes aussi sont ambivalents. D’un coté : « Le Grenelle constitue un acta démocratique non négligeable » mais de l’autre, notre guide suprême nous impose par voie parlementaire un traité européen, qui est la copie de celui que les citoyens ont rejeté dans les urnes.

  5. canis lupus dit :

    Corse: Kosciusko-Morizet échappe à la traversée en ferry
    Par Rue89 16H27 31/10/2007

    Nathalie Kosciusko-Morizet a bien failli passer une nuit dans un ferry. C’est ce qu’a tenté de lui imposer son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo. La secrétaire d’Etat à l’Ecologie était mardi au Luxembourg pour un conseil des ministres européens de l’Environnement avant de rejoindre la Corse et le conseil des ministres (français) délocalisé par Sarkozy.

    Qu’à cela ne tienne: elle n’avait qu’à prendre l’avion jusqu’à Marseille et prendre le ferry ensuite. La raison de l’insistance du cabinet de Borloo? La délocalisation des ministres et des 1500 fonctionnaires de police chargés de les escorter fait désordre. Selon un « bilan carbone » demandé par Europe 1, l’opération va, en mobilisant avions et hélicoptères pumas, occasionner l’émission de 2000 tonnes d’équivalent CO2. De plus, Nicolas Sarkozy a suggéré mardi de « laisser une place aux compagnies low-cost » vers la Corse.

    Or, à peine une semaine plus tôt, le Grenelle de l’environnement concluait à la nécessité de diviser par deux les émissions dues aux transports d’ici 2012. Pas question donc que Kosciusko-Morizet soit vue à Ajaccio débarquant d’un avion. La secrétaire d’Etat a malgré tout insisté pour voler jusqu’à Ajaccio. L’Elysée a assuré ce mercredi in extremis que les émissions seraient « compensées » par un investissement dans un projet d’hydroélectricté au Mexique.

    Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi que d’autres conseils des ministres pourraient se tenir dans les départements ou territoires d’Outre-mer. Nathalie Kosciusko-Morizet échappera-t-elle à une traversée en cargo?

    avion carbonne Corse Ecologie Kosciusko-Morizet

  6. canis lupus dit :

    merci borloo =demagogue

  7. canis lupus dit :

    Le prince Harry interrogé après la mort de deux oiseaux
    REUTERS
    REUTERS : mercredi 31 octobre 2007

    LONDRES (Reuters) – Deux busards, des rapaces d’une espèce rare, ont été tués la semaine dernière à Sandringham, un domaine royal du Norfolk, et les policiers chargés de l’enquête ont interrogé le prince Harry, apprend-on mercredi auprès de la cour d’Angleterre.

    Harry, le bouillant petit-fils de la reine Elizabeth, et un ami se trouvaient à Sandringham quand les deux oiseaux de proie ont été abattus mais ils n’ont rien à voir avec cette affaire, a-t-on ajouté de même source.

    « Comme le prince Harry et un ami se trouvaient dans le secteur à ce moment-là, les policiers ont pris contact avec eux et leur ont demandé s’ils pouvaient avoir des informations utiles », a précisé un porte-parole de Clarence House, la résidence du prince Charles, le père de Harry.

    « Malheureusement, ils ignoraient tout de l’incident », a-t-il ajouté.

    Selon la Société royale de protection des oiseaux, le busard est fréquemment éliminé par les chasseurs car c’est un prédateur de la grouse, le lagopède d’Ecosse, un gibier réputé et un mets de choix pour les gourmets, dont la saison de chasse s’étend du 12 août au mois de décembre.

  8. Yves Paccalet dit :

    En lisant ça, on regrette qu’il n’y ait pas davantage d’accidents de chasse. Rien qu’en France, les chasseurs tuent pourtant plus de cinquante personnes par an – en priorité d’autres chasseurs, ce qui fait bien rire Siné dans Charlie Hebdo.

  9. canis lupus dit :

    bonjour de bourg st maurice.borloo ???????

  10. Anne-Marie dit :

    Petit rappel: en 2002 :
    La France comptait 1 400 000 chasseurs, elle tient le record en Europe(2,39 pour 100 habitants)les Pays Bas : 0,21 et la Belgique : O,29 avec 29 000 chasseurs
    La France tient donc le record mais le record de quoi au fait?

  11. Yves Paccalet dit :

    Autre statistique que j’avais essayé de faire connaître, chère Anne-Marie : au moment de la marée noire de l’Erika, en 1999, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) a estimé à 300 000 le nombre des oiseaux tués par le mazout. Or, j’avais trouvé les chiffres officiels (donnés par la Fdération Française de la Chasse) des oiseaux de toutes sortes (perdrix, faisans, grives, palombes, etc., compte non tenu des nombreux braconnages) abattus par les chasseurs (ce qu’ils appellent leur « tableau ») pour 1999 : plus de… 15 millions . Cinquante fois plus que la marée noire…
    Tournez ces chiffres comme vous voudrez : pour la faune sauvage française, mieux vaut quarante-neuf Erika qu’une seule saison de chasse des « meilleurs amis de la nature ».

  12. Anne-Marie dit :

    Dommage que ces statistiques ne soient pas données au journal de 20 heures…D’autres risquent encore moins d’être données car elles viseraient les « bienfaiteurs de l’humanité »: les chercheurs.
    10 731 020 animaux ont été utilisés pour des objectifs expérimentaux dans l’U.E en 2002.

    En septembre 2007, la majorité des députés européens ont demandé la fin des tests sur les primates…Sans doute ont-ils réalisé qu’ils étaient aussi des primates…Combien de temps, les souris (5 459 729) vont elles attendre? On dit que la montagne accouche d’une souris… Comparons donc la complexité de la montagne et celle de la souris… et regardons nous ensuite dans une glace…La fin justifie-t-elle les moyens?

  13. Anne-Marie dit :

    J’ai oublié : la France tient aussi le record en sacrifice animal : 2 212 294 animaux… dont 5 516 chiens …( le meilleur ami de l’Homme…)
    Merci à Charlie Hebdo, seul journal sensible à la cause animale et à Luce Lapin , journaliste de talent.
    Pour en revenir au Grenelle, je citerai la dernière phrase d’un livre de Théodore Monod : « Le temps presse »…
    Merci aussi à Yves Paccalet de nous permettre de déborder un peu sur son blog…

  14. Anne-Marie dit :

    2 novembre : c’est la journée des morts … humains car les non humains n’ont pas d’âme…
    Dommage que l’âme des homo sapiens ne leur serve pas à être moins violents …

  15. Anne-Marie dit :

    J’ai retrouvé le livre de Théodore : « Si l’aventure humaine devait échouer » La conclusion est : « le temps presse TERRIBLEMENT »…

  16. michèle dit :

    2% des personnes possèdent 50% des richesses mondiales !

    Il ne peut y avoir de croissance infinie dans un monde fini !

    La croissance n’est pas la solution mais bien le problème.

    Nous détruisons notre milieu naturel, les liens sociaux et les valeurs humaines.
    Le système dominant, mondialisé, profondément inégalitaire et destructeur qui
    nous entraîne n’est pas le seul possible et imaginable.

    Nous avons plus de pouvoir d’action que nous ne le croyons. Sortons de la
    tristesse de l’impuissance !

    Quelle est notre situation actuelle ?

    La majorité de la population mondiale est aujourd’hui poussée à vivre en ville.
    Beaucoup d’entre nous croient ne plus avoir d’autres choix ni les moyens
    d’éviter les circuits de grande distribution pour subvenir aux besoins de leur
    famille.

    Manger des produits qui ont déjà fait plusieurs fois le tour du monde entretient
    le système de domination alimentaire, social, technique et écologique, alors que
    80% de la population mondiale rurale est en situation de disette chronique.

    Notre vie quotidienne n’est-elle pas colonisée par de pseudo-produits censés
    satisfaire de faux besoins et apaiser nos angoisses ?

    La société de consommation nous inculque quotidiennement l’acte d’achat comme
    équivalent du bonheur.

    L’acceptation de l’ordre établi, la résignation pour ramasser quelques miettes
    ne sont pas une fatalité.

    Nous sommes capables d’imaginer un monde solidaire, de partage dans un
    environnement sain, fondé sur le bien-être et la dignité de chaque individu.

    La société dans laquelle nous vivons est présentée comme seule alternative par
    un petit nombre de personnes qui dirigent le monde et orientent nos choix aux
    bénéfices exclusifs de leurs propres privilèges. Ils utilisent pour cela les
    grands médias, presse, télévision, instituts de sondage, experts, réseaux de
    distribution et de répression dont ils sont les propriétaires.

    - A cette société dans laquelle la course aux profits monétaires détruit les
    grands équilibres écologiques et sociaux, nous répondons : « Assez de
    surexploitation ! » et « partage concerté des biens communs ! ».

    - A cette société qui développe des politiques chaque jour plus répressives et
    sécuritaires, nous répondons « Liberté ! ».

    Libertés de penser, de s’exprimer, d’agir et de se déplacer, égalité de droits
    pour toutes et tous, solidarité, justice et fraternité.

    - A une société qui éloigne chaque jour davantage la population des centres de
    décision , nous répondons : débats citoyens et référendum d’initiative
    populaire, prises de décisions avec les budgets correspondants, à l’échelle
    locale adéquate ( quartiers, communes, agglomérations, régions…), contrôle des
    élus et mise en place de réels contre-pouvoirs.

    Tout ceci est réalisable si chacun prend en main sa propre vie.

    - Aux structures politiques dirigées par des élites professionnalisées, nous
    opposons une réelle démocratie, une structure non hiérarchisée où les élus
    seront contrôlés et révocables, où les mandats seront courts, non renouvelables
    et non cumulables.

    - A un monde où seul le travail aliéné est rémunéré, nous opposons un revenu
    garanti pour tous, la sortie du tout monétaire, la sortie du productivisme,
    travailler moins pour vivre mieux.

    - Au modèle économique actuel qui soumet les peuples et la planète à sa loi,
    celle des profits monétaires, nous combattons pour les solidarités sociales,
    internationales et les équilibres écologiques.

    - A un monde soumis aux technologies agressives : nucléaire, OGM, pesticides,
    nanotechnologies…, nous opposons le principe de précaution.

    - Aux guerres pour l’appropriation des richesses, nous opposons partage, paix
    et respect des peuples.

    D’autres sociétés sont possibles. Nous avons l’ambition de les mettre en œuvre.

    Nous nous engageons dans un mouvement de rupture dans lequel nous sommes
    souverains pour construire une société digne de l’humanité. Nous ne partons pas
    de rien. Des expériences du bien vivre ensemble existent déjà à travers le
    monde, et ça marche ! De multiples chantiers sont encore à inventer,
    expérimenter, approfondir.

    Nous créons un mouvement qui ne sera pas comme les partis.

    Un mouvement capable de s’appliquer à lui-même le processus démocratique qu’il
    suggère pour la Cité. Un mouvement qui tiendrait plus au contrôle de tous les
    pouvoirs (y compris le sien) qu’à son propre pouvoir.

    Nous, citoyens réunis à Lalouvesc les 27 et 28 octobre 2007, lançons cet appel,
    cette aventure que nous voulons vivante, riche de nos différences, porteuse
    d’avenir pour nous et nos enfants.

    Nous vous invitons à la partager !

    Au grand soir, nous préférons pleins de petits matins. Notre force sera notre
    nombre et notre diversité.

    Des citoyens du monde

    Pour nous rejoindre, écrivez à : manifeste@alterdigue.com

  17. Michel dit :

    Encore une fois, on ne parle pas de démographie… On veut changer le monde mais on ne dit à combien on vivra dans ce nouveau monde merveilleux.

    « Il ne peut y avoir de croissance infinie dans un monde fini !
    La croissance n’est pas la solution mais bien le problème. »

    Absolument, ça s’applique aussi à la démographie… D’ailleurs la sainte croissance économique tant vénérée est intimement liée à la croissance démographique dans les sociétés productivistes.

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