Les transports, la grève, l’écologie

9 novembre 2007

Il est des circonstances dans lesquelles la raison quitte les rails de la raison.

Voici trente ans que je fais l’écolo. Dans mes livres, mes articles, mes conférences, je ne cesse de réclamer qu’on donne la priorité aux transports en commun. Or, que me répondent ceux qui me lisent ou m’écoutent ? « Les transports en commun, non merci : ils sont toujours en grève ! » Il y a de l’exagération dans cette réaction, j’en conviens. Mais comment pourrais-je approuver des grèves purement catégorielles et corporatistes, quand l’absolue nécessité du futur s’appelle « solidarité » ou « partage » ?

De gros dégâts se profilent. Les maigres avancées du Grenelle de l’environnement vont être pulvérisées avant même d’avoir été changées en lois. La grève SNCF et RATP coule l’idée de la priorité aux transports en commun. La grève des marins pêcheurs, qui sont en effet ruinés (par la hausse du prix du pétrole, mais surtout par l’épuisement des bancs de poissons), entraîne qu’on leur vendra peut-être du gazole moins cher ; passe-droit que réclament déjà (avec menaces) les gros paysans, les chauffeurs de taxis, les camionneurs, etc. Il faudra faire quelque chose pour les banlieusards, pénalisés par le coût de l’essence et du fioul domestique. Au bout du processus, on enterrera sans fleurs ni couronnes l’idée même d’économiser les énergies fossiles, de taxer le carbone et de se rapprocher d’un idéal de sagesse climatique.

Je replonge dans mes pires délires pessimistes. Les intérêts matériels contradictoires nous mènent collectivement à la pénurie, à la haine et à la guerre. La rancoeur des uns contre les autres, les ravages de la jalousie tous azimuts, nos irrépressibles pulsions de territoire et de domination, nous condamnent à disparaître.

Une pellicule de neige couvre Tincave. Les flocons recommencent à descendre. Le vent les brouille et y sème un désordre qui ressemble à celui des sociétés humaines. L’un de ces cristaux me tombe sur le coeur et le glace.

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15 réponses à Les transports, la grève, l’écologie

  1. Gilles dit :

    Désolé de vous rejoindre dans le pessimisme, cher Yves. C’est ce que je tentais d’exprimer après votre conférence a Saint-Martin Vésubie : la prise de conscience apparente de l’ »homme de la rue » (ou de la ménagère de 50 ans) n’est qu’un acquiescement fragile, qui ne résiste pas au premier impact sur les conditions de vie.

    Que ce soit l’augmentation de l’essence (l’horreur absolue), les bus en retard ou en grève, le chauffage à baisser à la maison (mettre un pull ? impensable). A mon avis, les contraintes étant ce qu’elles vont devenir (la Planète se moque de nos états d’âme), nous allons assister dans la décennie à venir (ou la suivante, si nous sommes vraiment chanceux) au démarrage des conflits générés par la raréfaction des ressources. Ce seront des bagarres à la station-service, pour un vol de jerrycan, ou une version nouvelle de Manon des Sources, combat pour l’eau. Ou des bagarres entre groupes sociaux ou plus fun, des guerres entre états – et là, comme les états sont mieux équipés en armement que l’automobiliste moyen, on va rire…. jaune…. :-(

    Durant les derniers conflits, quelle était la proportion entre les « héros », même modestes, qui privilégiaient l’entraide, la survie commune, et ceux qui la jouaient « perso », tentant la carte de la survie individuelle, même au prix de la survie du voisin ? Ce pourcentage a-t’il des raisons d’avoir changé ?

    Je ne jette la pierre a personne, mais je crois peu au sens collectif de l’être humain.

    Beau week-end a toutes et tous…..

  2. Michel dit :

    « La grève SNCF et RATP coule l’idée de la priorité aux transports en commun. »

    là vous exagerez quand même beaucoup. La priorité aux transports en commun n’existe pas parce qu’elle n’est pas dans la culture française qui est basé sur le tout-bagnole. Les français (en moyenne! je ne généralise pas) sont comme les italiens ou les allemands amoureux de leur bagnole qui represente un symbole de « reussite » sociale. En france prendre les transports publics et/ou en communs, on considère que c’est pour les « gueux »… (là c’est moi qui exagère, mais à peine). Des décennies de lavages de cerveau « pro-voitures » ne seront malheureusement pas effacées en un p’tit grenelle annuel de l’environnement.

    Sur ce point encore, comme pour la démocratie directe, la suisse a des décennies d’avance sur la France.

    Une suggestion que vous pouvez faire à la SNCF pour inciter les gens à privilégier le train, c’est de mettre un abonnement demi-tarif à bas prix pour tout le monde, et pas seulement pour les jeunes et les vieux. En suisse, l’abonnement demi-tarif coute 150 CHF/an (moins de 100€). D’ailleurs personne (ou presque) ne voyage à plein tarif en train en Helvetie, sauf peut-etre les touristes français, hihi ;o)

  3. Richard dit :

    C’est pour les gueux, Michel, mais on fait malheureusement tout pour que ce le soit. Il faut voir dans quelles conditions on nous entasse, dans les métros, les trams et les bus aux sièges éventrés. Il faut s’être laissé houspiller par des « adolescents en rupture » (pour parler pudiquement) que personne n’ose recadrer et qui te marchent encore sur le pied avant de descendre, pour se convaincre que la bagnole reste un dernier refuge, tant qu’on nous l’a pas piquée. Attention, la collectivisation des déplacements, je suis pour, mais il ne faut pas la faire à n’importe quel prix. Rendre attractifs et cohérents les moyens de transports alternatifs avant de nous contraindre à abandonner le mazout perso, c’est tout ce que j’attends. Une attractivité qui passera, comme vous le soulignez, par une politique de tarifs adaptés. Comment se fait-il que le train Grenoble-Bruxelles coûte 250 euros l’AR (et 11h de voyages au total) alors que l’avion m’en réclame 170 (pour 3h à peine)?

  4. Marc dit :

    Oui Michel les Suisses ont de l’avance sur nous dans beaucoup de domaines j’en noterai deux : le ferroutage et le nucléaire. Pour le ferroutage tous les camions qui doivent traverser la Suisse sont mis sur le train, à quand le même régime en france. Pour le nucléaire, une votation a été faite pour décider si on faisait un moratoire ou pas. La réponse massive a été NON pas de moratoire. Ils sont vraiment bien ces Suisses. Ils ont les pieds sur terre dans leurs montagnes.

  5. Anonyme en colère dit :

    « Mais comment pourrais-je approuver des grèves purement catégorielles et corporatistes, quand l’absolue nécessité du futur s’appelle “solidarité” ou “partage” ? De gros dégâts se profilent. Les maigres avancées du Grenelle de l’environnement vont être pulvérisées avant même d’avoir été changées en lois. La grève SNCF et RATP coule l’idée de la priorité aux transports en commun. »
    Je ne suis pas très doué en politique, mais je vous soumets une autre analyse (je laisse le problème des pêcheurs de côté afin de ne pas faire d’amalgame), maisen tous cas pour les chauffeurs et cheminots : Non, la grève sncf et ratp n’est pas antynomique du Grenelle. Non les intérêts ne sont pas « purement » catégoriels ! oui, des dégats se préparent, mais pas seulement du côté du climat. Quand l’absolue nécessité du futur s’appelle « solidarité » ou « partage », cela s’applique également aux systèmes de retraites et de santé solidaires . Quand l’absolue nécessité du futur commande un partage équitable des richesses, il importe de commencer par son propre pays et de ne pas le laisser sombrer dans …. dans une jungle contre laquelle nous luttons tous. Et si chacun fait ça dans son propre pays, l’environnement y retrouvera son compte. A quoi ça sert de mettre en exergue les systèmes mutualistes dans les milieux naturels, si ce n’est pas pour les reconnaitre en milieu humain ?
    Pourquoi ces grèves deviennent-elles « purement catégorielles et corporatistes » alors qu’il s’agit de défendre un bien commun , une avancée commune ?
    Ce sont l’interprétation et l’instrumentalisation que l’on fait des grèves SNCF et RATP qui coulent l’idée de la priorité aux transports en commun, et non pas la grève en elle-même. Nous sommes en plein dans le « diviser pour mieux régner ». Je vous rappelle que le peu de partage existant à ce jour a été acquit par des luttes, de tous poils, de toutes griffes et tous crocs dehors. Même Gandhi luttait et arrêtait les trains. Nous, nous vivons dans un monde où Gandhi est instrumentalisé , et même source de revenus. C’est à pleurer !
    Quand aux personnes qui invoquent les grèves pour ne pas prendre les transports en commun, laissez-moi rire ! m’est-avis qu’ils se moquent un peu de vous, pour rester affable…
    Je n’ai jamais été d’accord avec vous sur le fait d’abandonner l’écologie politique. L’écologie est politique, quand il s’agit des systèmes humains. Quand les profits augmentent tels des cancers, l’organisme est en droit de se défendre, et à ce que je sache, personne n’a jamais accusé les leucocytes de faire leur travail ! bon d’accord, l’image est un peu osée et je vais me faire huer. En tous cas, l’utilisation que fait le pouvoir en place de la différence entre les statuts des travailleurs du public (j’ai bien dit : des travailleurs du secteur public, et non des fainéants de fonctionnaires, parce que des fainéants, il y en a partout, quant aux gens payés à ne rien foutre, les fonctionnaires sont pipis de pipistrelle à côté des actionnaires ) je disais donc, les travailleurs du secteur public et du secteur privé est odieuse, et je supplie tout un chacun de ne pas tomber dans ce panneau. Dans quinze jours, ce seront les juges et les greffiers qui seront dans la rue. D’une part, pour défendre leurs professions et leurs intérêts « catégoriels » , auxquels ils ont droit, mais aussi, et surtout, pour vous défendre, pour défendre les tribunaux de proximité qui, au même titre que les petites voies de chemin de fer, sont sacrifiés sur l’autel bidon de la croissance par les bidochon associés. S’il y a lieu de défaire ou modifier des choses, ce ne sont pas celles que l’on va modifier. J’invite tout un chacun au débat, aux débats sur la fonction publique, les régimes de retraite et les « soi-disant » avantages de la fonction publique. Je vous invite à méditer cette lettre d’un conducteur de train, qui explique qu’il a travaillé toute sa vie tous les week-end et sans heures fixes, sans rythmes, uniquement dans le but de s’arrêter de travailler à 50 ans. Il a signé pour ça, et c’était son contrat. Quand il s’agit d’un employeur privé, modifier ça, c’est une rupture de contrat de travail . Pas l’Etat ? Qui invoque la dette …. alors que la Cour des comptes fait les comptes de l’argent volatilisé.
    Laissons de côté les points de vue trop extremistes. Et laissons aux organisations syndicales la capacité de revenir sur leurs erreurs, il n’empêche qu’ils sont le peu d’organes de communication qui nous reste.
    Par pitié, ne vous trompez pas d’ennemi (le terme est trop fort, mais je suis en colère), et ne vous trompez pas de coupables. Arrêtez de voir tout en noir. Il y a des départements qui mettent en place des transports en commun abordables. Ils se démènent pour ça, c’est pas si facile dans une logique de productivité.
    Pour ma part, ce que j’ai envie de dire, c’est que quand les fonctionnaires seront moins nombreux et mieux payés, je peux vous assurer que le peuple français sera le grand perdant. Des esclaves vacataires travailleront sur des plateformes délocalisées, quant aux fonctionnaires de police, qui vont faire le deuxième train de mesure de suppressions d’emploi, ils seront utilement remplacés par des gardes privés . Et le tout sans transport en commun, parce qu’il ne faut pas se leurrer, les transports en commun n’ont jamais rapporté d’argent à personne. De même que les piscines municipales et les bains publics.

  6. véronique dit :


    tout simplement
    sous la neige qui tombe
    dit Kobayashi Issa …

  7. Gérard dit :

    je ne suis pas sur que la France soit si en retard que celà sur les transports en commun! mais ce qui pêche dans notre pratique des transports en commun, et je parle pour la région parisienne, c’est le manque de vision d’avenir consensuelle de tous les partenaires, chacun veut tirer la couverture à soi, l’opposition que met la mairie de Paris face aux banlieues, que serait paris sans les banlieues ( 5 fois plus d’habitants en banlieue qu’à paris), les grèves inopinées, et les prochaines ne seront pas pour amèliorer les choses, et la sécurité qui est ressentie par les usagers comme importante.
    Les investissements sont énormes, mais quand on veut réaliser le développement d’un quartier d’affaires ou d’activités, pas de problèmes. Exemple le charles de gaulle express qui reliera la gare de l’est à l’aéroport de Roissy en direct et en enterré (pour ne pas voir la mauvaise banlieue qu’est la seine Saint Denis?). Un trés gros investissement pour qui? pas pour pour les banlieusards qui n’interessent pas les décideurs, laissons les dans leur crasse!!! Ce n’est pas comme celà que l’on verra un changement dans l’esprit des usagers. Demandez aux habitants des petits villages de campagne comment ils peuvent rejoindre une gare? en voiture bien sur. et à quel prix la carte orange pour les zones lointaines? trop chère. alors qu’attendent les responsables pour appliquer un prix de carte orange unique pour la région parisienne? un parisien aurait-il plus de droits qu’un banlieusard? les impôts régionnaux seraient-ils différents? NON égalité, équité ne sont pas de vains mots, faisons les appliquer dans la prise de décision.
    Alors pessimiste devons-nous être? oui sans doute quand nous observons les comportements catégoriels, l’intéret des états, des compagnies, et de tous les intervenants. Mais faut-il baisser les bras et se laisser aller? non il faut continuer à oeuvrer pour que l’humanité s’éclaire, les siècles passés ont engendrés de grandes avancées, parfois des reculs terribles, mais la démocratie, l’état de droit, la parole des citoyens dans le monde est de plus en plus grande et libre!!
    Restons optimistes, parlons toujours et nous seront entendus, surtout si nous savons être raisonable… et intelligent ( c’est beaucoup plus difficile).

  8. C’est fou comme – dans les commentaires provoqués par votre article – on retrouve ces divergences d’opinion qui, de fait, n’en expriment qu’une seule : ‘Moi d’abord, les autres ensuite’.
    Tous d’accord pour tout mettre en œuvre pour sauver la planète, pour maintenir les acquis sociaux comme le droit aux soins pour chacun d’entre nous, le droit au logement, etc. Mais à condition de ne pas toucher à ses propres avantages, à condition de ne pas se priver de jouissances parfois accessoires, à condition que ce soit l’autre qui fasse des efforts.
    Je ne prétends pas être meilleure que les autres. Je ne suis pas prête à partager mon appartement avec un sans abri. Je ne suis pas prête à me priver du plaisir de jouer au loto toutes les semaines pour envoyer la somme correspondante à une association caritative.
    Et nous sommes tous ainsi, des êtres moralisateurs pour les autres et très égoïstes.
    N’en déplaise à ceux qui contestent vos propos, les grèves de la SNCF et de la RATP sont des grèves corporatives. Elles n’ont pas pour but de défendre le pouvoir d’achat de TOUS les français ; elles ont pour but de garder leurs privilèges au personnel de ces deux organismes au dépend de TOUS les français.

  9. Marc dit :

    Querelles, querelles, revendications corporatistes ou pas, colère, luttes pour gagner plus pour dépenser plus, pour consommer plus, et surtout « ne pensez plus, dépensez ! », et pendant ce temps inexorablement, invisible mais mortel, ce cher CO2 que notre folie consommatrice balance par milliards de tonnes dans ce beau ciel qui fut bleu, dérègle en quelques dizaines d’années un thermostat que notre vaisseau Terre avait minutieusement calibré sur des millions d’années. Alors vive la révolution culturelle de la décroissance mais vite, très vite. Dans moins de 30 ans (une génération) ce sera trop tard et alors adieu parasites humains et bonjour les dinosaures. Pessimisme, hyper pessimisme, ou bien réalisme, hyper réalisme, lucidité ? Réponse dans quelques années mais attention retour en arrière impossible. Alors appliquons le bon vieux dicton de nos ancêtres « dans le doute abstiens toi ».
    Post-scriptum : cherche désespérément un optimiste pouvant justifier clairement son optimisme pour le devenir de l’humanité.

  10. Anonyme dit :

    Anonyme dont la colère est tombée…
    Parodiant albert Jacquard, je vais dire que puisque mon message n’a pas été compris, c’est que je l’ai mal exprimé !
    Par hasard, m’est tombé dans l’oreille cet après-midi l’interview de Patrick Viveret, dans CO2 mon amour, qui a dit 10000 fois mieux que moi ce que je voulais dire !
    et avec les chiffres … c’est un bonheur.
    A Marc : moi, cela me rend tout-à-fait optimiste d’écouter cet homme là depuis quelques années. Vous devriez essayer !
    A Yves Paccalet : je me permets de suggérer un lien sur votre blogue, mais je pense quevous nele dénirez pas :
    http://grit-transversales.org/article.php3?id_article=211
    l’intelligence collective avance lentement …. mais elle avance. Seul le déni lui met des batons dans les rues.
    A la raleuse chronique : TOUS les français, il me semble que ça n’existe pas. J’ai employé quant à moi le terme « peuple français », au sens …Gaullien! Il aurait mieux valu que je dise : l’ensemble de la population française, intégrant par là-même toutes les différences. Quant au pouvoir d’achat, ça n’est pas une priorité sur ce blogue. Nous essayons plutôt d’être des humains, avant d’avoir des choses …Et les contradictions humaines y sont respectées, Yves Paccalet étant le premier à reconnaître les siennes afin de donner la mesure…
    Les limites du Grenelle de l’environnement ont toujours été celles-ci : pas de projet de société. Pas de modèle de remplacement. Il s’ensuit forcément des frottements. Quoiqu’il en soit, personnellement, personne ne me fera abandonner mon droit de grève. Et surtout, surtout, personne ne me fera dénier celui d’autrui. Même pas « la cause » (écologiste) .
    Merci à tous de bien vouloir peser ces mots à leur juste poids, je n’ai pas le recul nécessaire pour dire s’ils peuvent choquer, ou non ?

  11. hifi dit :

    Bonsoir M.PACCALET,

    Je suis nouveau sur ce blog.Je vous ai découvert chez CALVI (« C dans l’air »)où vous sembliez le plus réaliste des « écolos » présents.

    Il y a un thème cependant qui n’est jamais abordé par les défenseurs de l’environnement,à savoir les dégâts occasionnés par les « modes et tendances », en terme de coût environnemental.

    Ces mots sont tabous dans nos sociétés assoiffées de consumérisme et à la recherche d’ersatz qui compenseraient la dépression latente de 95% de la population française.

    La fuite dans la « mode et les tendances », qui donne à certains l’impression d’ »être » ,d’exister ,est une catastrophe sur le plan écologique puisque,par définition,ces produits « tendances » n’ont pas de lendemain,et puisent inutilement dans nos réserves terrestres.

    Combien de millions de litre de pétrole ont été engloutis dans les bretelles plastiques des soutien-gorge de nos compagnes,l’espace d’une saison,voire de quelques semaines !!

    Songez aussi qu’il faut remuer 1 million de m3 de terre pour trouver les quelques milligrammes de composants métaux nécessaires pour fabriquer LE « nouveau » mobile « très tendance » !

    Qui parmi les écolos en parle ?

    J’ai écrit un petit pamphlet à ce sujet si un éditeur est intéressé.

    Cordialement

  12. Marc dit :

    La biosphère est un « macro équilibre » qui est constituée de milliards de « micro déséquilibres ». Quand une espèce prolifère anormalement un paramètre naturel intervient alors (la quantité de nourriture par exemple) pour la remettre en équilibre par rapport à son environnement. Quid de l’espèce humaine ? La religion, la morale et autres principes philosophiques sont des paramètres spécifiques à l’espèce humaine qui paraît-il réfléchit, pense,etc… mais avec une conviction multimillénaire qu’elle est largement au dessus de toutes les espèces, qu’elle est en capacité de tout maîtriser. Alors que faire lorsque l’espèce humaine prolifère au-delà de toutes les limites acceptables pour l’équilibre de cette biosphère? Rien évidemment puisque ce problème ne peut pas être abordé de façon « humainement correct ». Yves a traité ce sujet avec beaucoup de réalisme, de lucidité et même de colère parfois non maîtrisée (dévorons nos bébés !) dans son livre « l’humanité disparaîtra, bon débarras ! ». Mais celui-ci a été, à mon humble avis, fortement décrédibiliser par son classement (bien rapide) en pamphlet par les médiats et autres bien pensants. « Au sens stricte du terme le pamphlet est une œuvre de combat, brève, incisive ou satirique, souvent éphémère en raison de son actualité » sic le grand larousse. C’est bien pour « combat, brève, incisive » mais je pense que dans notre environnement on ne retient que « satirique, éphémère» ce qui tue le fond; d’ailleurs ce fond qui dérange notre être, qui veut vraiment l’entendre ? Décidément je n’arrive toujours pas à verser dans l’optimisme et personne ne vient à mon secours !

  13. Gilles dit :

    A Marc je dirais que la fin de “l’Humanité…” porte en lui-même cet optimisme, dans les derniers chapitres : finalement, la planète se moque bien de nos états d’âme et réglera le problème des « légers déséquilibres » introduits par l’espèce humaine. Il faut juste un peu de temps, quelques instants à l’échelle planétaire – qui, oui, nous semblent longs à l’échelle d’une vie humaine.

    Une fois purgé ce prototype raté d’espèce « intelligente » (un essai malencontreux d’un stagiaire quelconque, là-haut), une fois la paillasse nettoyée et remise dans son état normal, la Nature se chargera de faire d’autres essais – si elle le juge utile.

    Ou peut-être que refroidie par le temps mis pour nettoyer le bazar que nous avons créé, elle attendra un peu (quelques dizaines de milliers d’années) avant de refaire une tentative ?….

    Moi je trouve ça très optimiste. Faut juste changer de niveau d’analyse… :-)

  14. Patrice André dit :

    Petite histoire drôle dans ce monde de brutes.
    Dans un village misérable, un paysan décharné est assis au pied de sa maison.
    Un génie apparaît et lui dit : « Réfléchi à un vœu, sachant que ton voisin aura le double. Je repasse dans une semaine. »
    Pendant la semaine, le paysan réfléchit à son vœu. « Que pourrais-je demander ? ,
    De la nourriture, de l’eau, une femme, de l’argent ? » Mais à chaque fois il se dit : « Mais mon voisin aura le double !». La semaine suivante le génie revient. Il dit au paysan : « Alors tu as bien réfléchi ? Fais ton vœu ».
    Le paysan répond : « Crève moi un œil ! »

  15. antiréchauffiste militant dit :

    J’avais neuf ans. J’ai ravagé un rond de lactaires. Mes victimes pleuraient un lait orange. J’en ai chialé de honte.

    Je crois que nous sommes vraiment de la même « race »! (oui, je sais, le mot, à l’heure actuelle..); dommage que vous soyez « réchauffiste », quelle perte de temps! (mais j’essaierai de vous faire changer de priorités, comptez sur moi!)

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