1er décembre 2007
Puisque je me fais (à juste titre, j’en conviens) traiter sur ce blog de « pigeon voyageur », je vous inflige ce petit texte sur les nomades, que j’avais donné à « Ushuaia Magazine » première manière et premier numéro…
Nomade… Du grec nomas, nomados, « qui fait paître »… Etymologiquement, le nomade est un berger, un pasteur. Il conduit le bétail, il mène ses ouailles. Il marche devant, il indique le chemin. Il sait ce qu’il y a au-delà de l’horizon. C’est un guide. Un sage…
Le nomade est à la fois d’ici et d’ailleurs. Il a son pays attaché à ses semelles. Il ne désire pas d’autre patrie que l’herbe qui ondule, les dunes qui ondoient, les sentiers de la toundra ou de la forêt, l’infini des glaces ou de la savane.
Notre espèce est migratrice. Nomade dans l’âme. Rebaptisons-la « Homo nomadicus »… Voici deux millions d’années, notre ancêtre Homo erectus (le fils de l’australopithèque) a quitté l’Afrique pour devenir l’homme de Java, de Pékin ou de Tautavel. Homo sapiens a recommencé voici cent mille ans : il a étendu son royaume à la planète. En ce début de XXIe siècle, plus de la moitié des humains vivent en ville ; demain, les trois quarts. Mais (paradoxe !) le nomadisme est à la mode. Glorifié par les médias… Nous changeons de travail ou d’adresse, le touriste pullule, l’automobile et l’avion pétaradent. Nous communiquons grâce à des instruments que nous qualifions précisément de « nomades » : le téléphone et l’ordinateur portables.
Nous rêvons du mode de vie affranchi de ceux qui n’ont que leurs pieds. En même temps, hélas ! force est de constater que, partout, la vie des vrais nomades devient un calvaire. Le Gitan est accusé de voler des poules : dehors ! Le Mongol et ses chevaux, le Sibérien et ses rennes, l’Inuit sur la banquise, l’Indien des plaines, le Touareg du Sahara, le Boschiman du Kalahari, l’aborigène d’Australie sont méprisés, attaqués, assassinés, spoliés et mis en cage dans d’horribles camps de béton où on leur coupe à la fois les ailes de l’esprit et le désir d’exister. Car tout pouvoir politique a horreur des incontrôlables. Police : vos papiers !
Quelques peuples, encore, vivent avec le vent de la steppe ou du désert. Ils sont en sursis. Fragiles. Menacés. Mais d’autant plus précieux qu’ils portent tous le même nom : « Liberté ! »
L’homme est nomade dans l’âme, effectivement. Toute cette « activité » humaine impliquant des déplacements et l’utilisation de moyens de communication modernes que vous citez dans votre texte en sont la preuve.
Et l’absence de compréhension pour ces peuples empreints des transhumances ancestrales ? Une chanson de Georges BRASSENS me vient à l’esprit pour peut être l’expliquer : « … mais les braves gens n’aiment pas que, l’on suive une autre route qu’eux… »
Si le Sibérien déplaçait ses rennes avec un « 747 Jumbo » bien polluant, assurément, il serait admiré par le monde entier et ferait l’objet de reportage au « 20 h ».
Il y a nomade et nomade.
Vous êtes dans le délire romantique.
Il y a les vrais, ceux des steppes qui vivent de leur dur labeur et de leur bétail,et puis il y a les autres,qui circulent en Mercedes et caravanes de luxe,dispensés de taxes et d’impôts en tous genres,qui profitent de la République pour toucher les allocations en « postant » leurs enfants quelques mois dans les écoles,ceux qui vivent du RMI,et d’activités douteuses qui squattent impunément les espaces publics,car tout leur est dû…
C’est beau ce type de liberté,…au dépens des autres concitoyens qui « rament pour survivre dans leur minable tour HLM !
Bonsoir à tous,
Il est sûr que l’homme est nomade dans l’âme et que, surtout maintenant, il y a nomade et « nomade », mais je ne pense pas qu’il y ait de délire romantique dans le texte présenté par Yves.
Outre les notions de colonisation des espaces terrestres et des extensions progressives de territoires ou de royaumes, j’y vois surtout la notion de vie et de survie dans l’amour de la Terre. Se déplacer sans cesse pour explorer, découvir, survivre en prélevant aux bons endroits, au bon moment, juste ce qu’il faut pour atteindre d’autres endroits… sans plus! Ne pas accumuler pour rester mobile, respecter les endroits traversés pour être sûr d’y retrouver un jour les ressources disponibles.
Se déplacer pour découvrir combien notre planète est grande et belle tout en laissant le moins de traces possibles… pour ne pas l’abimer. Loin de tout bruit parasite, écouter les murmures du vent, les clapotis de l’eau, les chuchotements de l’herbe ou des arbres, mais aussi braver les éléments et les contraintes… bref, écouter le pouls de la Terre pour retrouver humblement quelle y est notre place et déceler les signes qui nous permettront d’avancer le plus loin possible avec Elle.
Nous n’avons plus de nomade, effectivement, que nos portables et nos PC alors que les vrais hommes nomades qui existent encore à la surface de cette planète se battent pour survivre, poursuivis par les méfaits de la civilisation moderne.
Même nous ne pouvons redevenir nomades du jour au lendemain et là maintenant, nous devrions au moins nous efforcer d’en cultiver activement l’esprit, de nous mettre à l’écoute des signes de la Terre, à l’observation de ses paysages divers et sublimes. Ecouter, observer, aimer, adorer notre planète devrait être la première religion du monde. Que l’on soit RMIste ou millionaire, que l’on vive en HLM ou dans un camping car de luxe…
Pour que Homo nomadicus ne prenne pas la liberté de devenir Homo detruitus (il y aurait une lettre de trop?).
Bonjour hifi, bonjour tous … allez, je me risque à une gentille polémique :
moi, je trouve votre intervention un peu zarbi sur le blogue d’un homme qui affiche la couleur … le droit à l’eau pour TOUS …. (à l’échelle planétaire).
pensez-vous réellement que les nomades que vous incriminez (les dernières, ou avant-dernières roues de la charrette française) soient mieux lotis que vous ? ou que moi ? Pensez-vous réellement que les manouches soient la ruine de la France (un tout petit pays riche de la planète pauvre)? Moi, je veux bien, mais amenez les chiffres, alors, qu’on compare avec EaDS, ou un groupe de spéculation dans l’immobilier, ou les fantômes de plans sur les logements sociaux, quelque chose de sérieux, quoi, qu’on ait de la matière à comparer , sachant que le dernier rapport de l’ONU sur l’environnement nous donne 10 ANS pour réagir ….Et je trouve que ce serait peut-être mieux de nous écrire ce qui vous amène ici … espoir, désespoir , haine de l’autre ou amour de la vie …?
Et puis d’aut’part : moi, je suis plutôt d’accord avec vous, c’est un délire romantique. Reprocher un délire « romantique » à Paccalet, autant reprocher à une chèvre d’être chèvre et à un chou d’être chou ! Autant empêcher un corbeau de voler …C’est ce qui fait qu’il est lui et c’est ce qui fait que nous sommes là ! Il n’empêche que le sujet est sérieux, que les sociétés nomades sont les seules à respecter leur « environnement », par obligation, puisqu’elles en vivent , et qu’elles peuvent servir de base de réflexion à un nouveau modèle de société.
J’en profite au passage pour rappeler à tous que nous sommes là pour rigoler, certes, mais également pour réfléchir à un contre-pouvoir efficace en cas de gouvernance mondiale … c’est pas gagné. Bien amicalement.
Je lis ce blog depuis tout récemment et n’ai pas eu le temps de faire « le tour » comme on dit. Ceci étant, j’apprécie l’humanisme, l’internationnalisme (non ce n’est pas un gros mot) »écologique » de Mr PACCALET et notamment, le fait qu’il ose parler de : partage. Partage des richesses, des ressources ! Oui, tout est là et bon gré mal gré, il faudra bien un jour envisager cette possibilité si on ne veut pas voir les 2/3 de la population mondiale vouloir s’affronter avec le 1/3 restant tellement ils en auront marre de crever la gueule ouverte, abreuvés en permanence par des images nous montrant, nous pays riches, consommant, gaspillant et vivant dans l’opulence.
Par exemple, la dernière démonstration de notre président en terme de culot Occidental : aller demander aux Chinois de moins polluer ! Gonflé quand on sait que notre industrie ne s’en est pas privé, et ne s’en prive toujours pas, pendant des décennies. Où encore, ce patron d’une grande marque automobile se réjouissant que le marché Chinois devrait arriver à un potentiel de 2 véhicules par famille dans les dix ans qui viennent ; cela sans se demander quel en serait le prix à payer. Marrant pour des gens bardés de diplôme d’avoir des réflexions aussi optus.
Mais je m’écarte du sujet de ce post. Donc, le partage, comme je le disais devra être considéré et parallèlement, notre mode de consommation. Le Développement durable sauce « Grenelle » n’étant qu’un pis aller, voire, un alibi de bonne conscience pour pérénniser un peu plus longtemps notre système, voué à sombrer dans l’âbime. Pour faire simple, reculer pour mieux sauter.
Je viens de lire avec avidité votre livre « L’humanité disparaîtra, bon débarras! »
Vous avez mis des mots sur ce que mon amas de cellules ressent.
Accepteriez-vous que je porte votre texte à la scène (je suis comédien belge)?
Il me semble qu’une scène de théâtre est un bel espace de réflexion pour faire entendre votre texte.
Merci pour votre réponse.
Frédéric Lepers
Mr Paccalet, votre texte est magnifique, il nous transporte
Vero: rien à ajouter , bravo
Trouvé dans le dernier Geluck:
A la question peut-on rire de tout?La réponse est oui
A la question En êtes-vous absolument certain? La réponse est non
Pour les deux cités plus haut:
de Geluck toujours:les pigeons possèdent l’incroyable faculté de retrouver leur maison en toute circonstance, les escargots aussi ,mais ça, on en parle moins
@Véronique
Pourquoi toujours montrer du doigt « les autres » qui ont aussi « fauté » ?
Pour moi,quelqu’un qui fraude,qu’il soit nomade ou qu’il appartienne à EADS,n’a pas ma sympathie.
Ce qui me choque le plus dans nos nomades de fraîche date,c’est que,sous prétexte qu’ils ont fait partie des minorités discriminées,ils exigent 60 ans après,des passe-droits qui n’ont plus lieu d’être.Leur réputation ne les rend pas non plus défendables.Combien de communes ont vu leur terrains dévastés par des gens qui considèrent que tout leur est dû.
Je me souviens même d’une année où ils ont ravagé un terrain en Bretagne,interdit aux piétons pour reconstituer la flore,sous prétexte « qu’ils avaient droit à des vacances à la mer (sic)… »
Tout comme les conducteurs de TGV n’ont plus de raison d’être assimilés à des machinistes de locomotive à vapeur,les « nomades » doivent comprendre qu’en 2007 le temps des passe-droit n’a plus lieu d’être.
Cordialement
vieille rivalité des nomades contre les sédentaires, des chasseurs ceuilleurs contres les agriculteurs, des indiens contre les colons…
Une planète qui devra acceuillir tous ses milliards d’habitants ne laissera que de peu de place aux nomades : seule l’agriculture apporte le gain de productivité nécessaire pour nourrir tout ce monde et les civilisations agricoles n’aiment pas les nomades.
Mais au train où vont les choses, peut-être nous faudra-t-il réapprendre vite fait le nomadisme…
La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres?
Ma petite note pessimiste du jour ? Allez, on est partis !
Pas d’inquiétude, d’ici quelque temps nous serons redevenus nomades. Ou disons, dans un élan irraisonné d’optimisme, nos enfants ou nos petits enfants le seront.
Sur une planète sans eau, sans pétrole, les survivants devront nécessairement se déplacer, pour chercher les quelques endroits où une maigre nourriture leur permettra de prolonger un peu leurs souffrances. Brûlés par le soleil, ils chercheront un peu d’ombre, la fraicheur relative de quelques grottes, d’où les occupants les chasseront sans doute et sans ménagement.
Cette errance leur permettra de visiter de proche en proche les vestiges d’une civilisation qui avait cru pouvoir s’affranchir des limites de la nature. Les longues marches, sur le dos d’un âne efflanqué pour les plus chanceux ou les rares enfants, seront l’occasion de méditer sur l’impermanence des choses.
Dans cette galère, les peuples qui étaient restés nomades à l’époque où tous les autres pantouflaient dans des maisons à l’air conditionné partiront avec une petite longueur d’avance. Mais cela aura plus avoir avec le hasard qu’avec une aléatoire justice.
tout d’abord à anne-marie : j’adore l’histoire de l’escargot, un nomade par excellence
. Tu me rassures un peu parce que j’ai écrit ce p’tit mot assez spontanément (notamment au sujet « du délire » du chef ) et il n’était pas sitôt posté que je fus bourrelée de remords et de questions. En effet, très peu de personnes ont une notion positive du délire, et je me suis dit que c’était p’tet pas bien d’avoir écrit ça… En tous cas, j’accepte d’être fusillée pour ce crime, mais pas tout de suite, dans une autre vie ! De plus, contente de te voir rigoler avec Geluck. Dans les ani-male-ries qui font rire, est-ce que tu connais « tout pour l’animal moderne » de Benjamin Lefort ? Je conseille à tous … Et encore pour de rire : M. et Mme Mavallée ont deux filles. Ils les appellent ….? Hélène et Berthe.
A +
Pour Frédéric Lepers : quel auteur ne serait à la fois heureux et flatté d’écouter son texte dit par un ou des comédiens ?
@Gilles :
Oui, j’aime bien cette vision de l’avenir. En tout cas, c’est à peu près comme ça que je le vois quand l’overdose de notre mode de société me submerge.
Cependant, quand je regarde mes enfants ou les serre dans mes bras, ma naïveté (ou ma cécité) me laisse croire qu’ils sauront inverser la vapeur et employer les aspects positifs de l’évolution humaine. Qui sait …
Ensuite, à hifi : je trouve les sujets que nous avons effleuré dans cette mini-discussion super intéressants. Je ne parviendrai pas à écrire tout ce qui m’est venu à l’esprit à partir de ces petites remarques. Je trouve que cela pose des questions vertigineuses. Les règles, la transgression des règles, qui fait les règles ? Quand est-il légitime de les transgresser ? Quand triche-t-on ? Comment les cultures s’affrontent-elles, échangent-elles, ou coexistent-elles? Ne vous moquez pas de moi, j’ai pensé à tout ça à partir de ces trois ptites phrases de rien…
Au sujet de ma 1ère intervention, je ne cherchais pas de fautifs juste comme ça, pour le plaisir, pour faire une collection. C’était plutôt pour prendre du recul et relativiser, je trouve qu’on gagne toujours à prendre du recul et relativiser. Cela évite de focaliser / se concentrer sur un seul sujet, (un peu comme quand une loupe concentre les rayons du soleil et enflamme un point précis). Et je maintiens que s’agissant des passe-droits, certains sont entrés dans les moeurs, passés sous silence, avalisés, ignorés, (vous voulez des exemples btp?) . Quelques autres sont montés en chantilly pour les besoins de l’actualité, la haine est un peu comme les plantes invasives, quelques graines au bon endroit, et hop ! Mais je suis assez d’accord pour amorcer une réflexion sur les passe-droits. Par exemple, pour le pillage de la planète, des matières premières et de la bio-diversité … qui est vandale ? Un autre exemple, en Afrique, j’ai lu que beaucoup de femmes (tiens, on y revient?) avaient compris que leur principal problème était la corruption, et qu’elles essayaient de lutter contre , ce qui ne doit pas être évident. Et enfin, une dernière chose que j’essaie de pratiquer le plus possible : et moi, et moi, et moi, où est-ce que je triche ? mon petit téléphone cellulaire est aussi dévastateur pour le Congo que les gens du voyage en terre bretonne. Tout pareil …
Ce que je dis là ne règle rien bien sur, (c’est juste ma façon à moi de me remettre mes pendules à l’heure) chuis pas le bon dieu, et les questions sont ouvertes…
Je vas dire comme jacques Brel, Moi, moi si t’étais le Bon Dieu, tu n’s'rais pas économe de ciel bleu …
A + ?
Cadeau du soir, espoir … (‘tention c’est une video)
http://www.youtube.com/watch?v=c_-i14TmQhM
Pour Véronique :
Le Bon Dieu lui-même n’est pas libre de la quantité de ciel bleu qu’il peut mettre sur le marché de la planète (ne parlons pas de l’univers)… Trop de bleu n’est pas plus divinement correct que le gris de la pluie, pas la peine de faire une démonstration sur ce sujet…
En parlant de ciel bleu, voici une statistique intéressante : on nous bassine avec une croissance « nécessaire » de 3 % par an; eh ! bien : s’il y a quelque chose qui croît de 3 % par an (en même 3,3 %) depuis l’an 2000, c’est nos émissions de gaz à effet de serre. 3 % par an, cela veut dire un doublement tous les 24 ans, c’est-à-dire que nous sommes sur la pire pente du réchauffement climatique que les experts ont imaginée : de l’ordre de 6° supplémentaires en l’an 2100.
Adios humanidad ! Ciao umanità ! Bye bye mankind !
http://www.damienperry.fr/
pour yves paccalet, pardon bonjour.
Et en plus, maintenant que j’ai dit à toute la francophonie qui visite ce blogue que vous délirez comme on respire … vous allez avoir d’autant plus de mal à placer votre message … Désolée… :-[
Désolé, j’arrive un peu tard.
Dans les nomades, j’inclus les SDF (au moins ceux de France). Même si la plupart ne le sont pas volontairement. La société de cons[ommation] glorifie le nomadisme et méprise ceux qui le vivent sous son nez.
Pourquoi un peu tard ? moi je trouve que c’est une bonne question, les SDF. Notre système n’est même pas capable de partage équitable avec ses propres ressortissants, comment pouvons-nous imaginer résoudre la question des immigrés (climatiques ou non, peu importe …)
bonjour.
j’ai assistee a votre conferance que vous avez donné à la foire de la roche sur foron a annecy.
votre intervention etait tres vivante et tres interessante. cette année je cree dans mon lycée une journée de l’environnement.nous aimerions votre intervention pour cette manifestation car vous savez faire passer le message
je vous laisse mon adresse email pour que vous me contactiez et que vous me fassiez part de votre decision et que l ‘on voit ce qui est possible de faire
paupiette55@hotmail.com
merci du temps que vous m’avez accordez
et votre livre est vraiment bien ! bravo