31 décembre 2007
J’avais décidé de passer une journée de la Saint-Sylvestre optimiste, pour ainsi dire béate ; les doigts de pied en éventail, la bouche baveuse de foie gras, le cerveau en état d’encéphalogramme à peine ondulé, et un sourire d’imbécile heureux accroché aux zygomatiques.
J’ai dû redevenir sérieux, et même consterné. Les nouvelles sont mauvaises. Nos frères meurent… Nos frères humains expirent hachés par les bombes des militaires ou des terroristes, grillés par le napalm, déchiquetés par les mines, affamés par les sécheresses, contaminés par les eaux sales, assaillis par les nouvelles maladies ou empoisonnés par les pollutions.
Nos frères singes ne vont pas mieux. Les anthropoïdes sont à l’agonie. Il subsiste moins de vingt mille orangs-outans, quatre-vingt mille gorilles et cent cinquante mille chimpanzés. Les bonobos étaient plus de cent mille en 1980 ; il en reste moins de dix mille. Nous saccageons la forêt qu’ils habitent. Nous les chassons. Nous leur transmettons nos maladies.
Le chimpanzé commun (Pan troglodytes) et le bonobo (Pan paniscus), qu’on appelait naguère « chimpanzé nain », sont très proches de nous, les Homo sapiens, les « hommes sages » autodésignés (avec une rare prétention !). Ils nous sont tellement semblables que nous devrions les tenir pour nos égaux. Nous différons d’eux par moins de deux pour cent de nos gènes. Selon les critères habituels de la zoologie, nous devrions dire ou bien que nous sommes des chimpanzés (genre Pan), ou bien que les chimpanzés sont des hommes (genre Homo). Il y aurait ainsi trois espèces sœurs : Pan troglodytes, Pan paniscus et Pan sapiens. Ou Homo troglodytes, Homo paniscus et Homo sapiens. On pourrait aussi rebaptiser l’homme Pan demens (le « singe fou ») ; ou Homo martialis (l’« homme guerrier »).
Quelque classification qu’on adopte, nous serions tenus de reconnaître que nous sommes des bonobos rigolards et obsédés sexuels. Je ne suis pas sûr que cela sauverait nos frères les singes : le fait que nous nous sachions des hommes ne nous empêche nullement de nous étriper mutuellement. Au moins aurions-nous tranché un problème philosophique essentiel : nous aurions compris que le rire est le propre du singe.
J’ai decouvert votre blog apres la lecture de votre livre « l’humanité disparaitra, bon debarras ! » j’ai bien rigolé avec le chapitre « devorons nos bebes ». J’ai donc chercher sur Internet une recette mais rien !! J’ai donc aussitot acheté la suite : sortie de secour, que j’attaque demain… j’en profite pour remercier ici mon pere qui à l’aube de sa vie m’a fait decouvrir votre livre. Papa je t’aime. C’est aussi les hommes un peu d’amour, de temps en temps…
Comme Martial, je profite de ce post « fin-d’année-funeste » pour ne pas dire funéraire, pour narrer comment j’ai connu Yves PACCALET.
Donc, moi, je voudrais remercier … 8 Mt Blanc, la télé locale Haut-Savoyarde, car c’est grâce à elle que j’ai fait la connaissance de Yves dans une émission. J’ai tout de suite accroché au discours et en bon Haut-Savoyard rustre et méfiant, je me suis dit : « voyons si ce gaillard écrit aussi bien qu’il ne cause !! ».
Bilan : « L’humanité disparaîtra bon débarras » : Fantastique ! Maintenant, je suis en plein « Sortie de secours » et je n’arrive pas à m’arracher de la lecture.
Lire Yves PACCALET ne laisse pas indifférent. Je ne suis plus comme avant, c’est clair. Je suis militant politique car je voulais « changer-les-choses » comme on dit. En pratiquant le « Paccalet », je me suis rendu compte que, comme toute la classe politique, j’étais en train de secouer un paillasson alors que c’est l’ensemble de la maison qu’il faudrait refaire. En d’autres termes, au lieu de faire évoluer notre société, il faut la révolutionner, la changer radicalement. Plus facile à dire qu’à faire surtout quand on voit aux dernières élections le nombre de français qui ont donnés leur voix aux candidats « altermondialistes »…
Pour Yves Paccalet
Moi qui suis vos écrits depuis fort longtemps je devrais être habitué à votre pessimisme (même s’il est justifié)mais vous me surprenez toujours.Ne devriez-vous pas être « volontairement positif » comme le dit Hubert Reeves cela pourrait-être plus productif et il paraît que » c’est dans la nuit noir qu’il est bon de croire à la lumiére », je sais c’est difficile et cela me fait penser à ce que j’ai entendu derniérement d’un « spécialiste » qui disait que nous étions comme des grenouilles que l’on voudrait faire bouillir dans de l’eau,si on les jette directement elles chercheront à s’échapper (ça brule!!)mais si on les met dans l’eau et que l’on chauffe doucement elles finissent par s’endormir (elles sont détendues)et meurent sans s’en rendre compte.Alors j’espére simplement que nous ne soomes pas ces grenouilles.
Voilà, malgré tout cela je vous souhaite une trés bonne année pleine d’espoir (et de livres).
ouuuuuuh la la, mais keske c’est que ce billet-là, Yves!?!? Je vous y reprends de nouveau, vous avez regardé la télé!
je vous l’ai déjà dit mais vous ne m’écoutez pas: debarrassez-vous en! *
vous connaissez le tarif: un regardage de télé, un billet botanique/flore/faune a écrire! c’est la régle!
* et je vous rappelle les 6 principes existentiels d’une vie saine et equilibrée:
- ma télé je jeterai
- la demographie je limiterai
- le destin déjà scellé de l’humanité j’accepterai
- la democratie directe suisse je louerai
- de bonnes soupes à la courge je preparerai
- le ski de randonnée je pratiquerai (règle valable seulement de novembre à avril)
Allez, Yves, allez en paix dans le chemin de lumière!
Merci à Michel, mais un point de désaccord difficile à régler : au ski de randonnée, je préfère les raquettes. Comment réconcilier l’humanité, si la scission commence déjà là ?
« au ski de randonnée, je préfère les raquettes. Comment réconcilier l’humanité, si la scission commence déjà là ? »
Ces deux outils au service de l’exploration naturaliste ne sont point antagonistes mais complémentaires.
Donc aucune guerre ne sera basée ne sera basée sur cette pseudo-scission. Qu’on se le dise!
Dommage que l’on ne puisse pas insérer d’image sur vot’blog (encore que le BBCode pourrait peut-etre passer?) sinon je vous aurais mis ma trace de raquettes de samedi dernier sur fond de Piz Buin.
d’accord pour tout sauf pour la télé. ya plein d’émissions sur les bonobos…
Pour apporter ma modeste contribution à cette réflexion fort intéressante : comme le vélo, j’aime le ski de randonnée.
En effet ces deux moyens de déplacement facilitent la montée (quoique le vélo …) et surtout donnent énormément de plaisir à la descente.
Je suis d’accord avec ce que dit Michel, Les raquettes, je les utilise en complément, par exemple pour aller « explorer là où les skis sont peu pratiques, sous les « pesses » par exemple (terme générique local pour sapins, épicéas, etc.).
Malgré ce pessimisme affiché que je partage dans mes moments de lassitude et(ou) de colère, je vous souhaite, Yves,une très heureuse année.
J’en étais resté à votre livre sur la marche et j’ai découvert lors des fêtes de Noel passées à Paris la superbe exposition du parc de Seaux « Arborescences » dont vos textes nous ont profondément touchés, ma femme et moi, et d’autres gens que nous y avons croisé.Exposition qui mériterait de naviguer tout autour du monde, mais peut-être est-ce prévu?
Serait-il possible de se les procurer queque part?
ça par exemple c’est amusant, « Pan » en polonais signifie « Monsieur ».
Une différence génétique de 2% reste un obstacle gigantesque, quand on voit seulement ce que donne la différence de couleur de peau des hommes entre eux, qui doit représenter 0,0x % (sinon moins encore) du patrimoine génétique. (y a-t-il un généticien dans l’assemblée ?)