3 janvier 2008
Voilà des années que nous autres, écolos bornés, bêtes et méchants, le prédisons : ça y est ! Le pétrole a franchi la « barre » psychologique des 100 dollars par baril. Enfin !…
Enfin les consommateurs, petits ou grands, vont devoir comprendre que notre civilisation entière est bâtie sur l’énergie bon marché – cette énergie que la vie, durant des millions d’années, a accumulée dans le sol sous la forme d’hydrocarbures et de charbon… Enfin, le principe de réalité donne une baffe existentielle à l’utopie de la croissance…
La seule « sagesse » que les humains consentent est celle qui procède de la contrainte. Les accidents de la route n’ont diminué que grâce aux radars, aux PV et aux points retirés sur les permis de conduire. Les accidents de la consommation ne deviendront moins nombreux qu’avec l’augmentation générale des prix de l’énergie, c’est-à-dire de tous les prix sans exception.
Les pauvres seront encore plus malheureux, mais c’est dans leur nature : Dieu ou le Marché les ont créés pour ça. Ils leur reste à travailler plus pour gagner moins. Les riches y trouveront de nouvelles occasions de se moquer des SDF, RMistes et autres peuples du Tiers Monde condamnés à survivre avec moins d’un euro par jour.
Le Soleil n’en continuera pas moins de tourner autour de la Terre, comme le croient ceux qui prétendent aussi que « l’humanité finira bien par trouver des solutions »…
Bonne année à tous !
Ce qui est marrant dans tout ça c’est que tout le monde, même ceux du commerce du pétrole, s’accorde à dire qu’il n’y en aura bientôt plus. C’est une bonne nouvelle dans un sens, on va être obligé de passer à autre chose, mais ça prouve bien qu’ils ont l’intention de le pomper jusqu’à la dernière goutte, pourquoi chercher un meilleur moyen maintenant, alors que c’est justement maintenant que ça rapporte le plus…
Tout ses rois de l’or noir, qu’il soit dans un palai aux émirats arabes ou à wall street devraient être enterrés dans une gigantesque fosse commune, comme ça les génération futur (futur très lointain), pourront elles aussi jouer avec du pétrole (si ça c’est pas du développement durable… )
Tiens, justement, j’ai revu le film avant-hier soir :
« Dans un futur proche, les grandes nations sont entrées en guerre pour le pétrole ; exaspérées par la situation de crise, les populations se sont révoltées, les nations essaient de maintenir un semblant d’ordre tandis que des bandes de délinquants sillonnent les routes »
Ca me rapelle ma jeunesse
Moi aussi, quand j’ai entendu l’info hier soir ; le pétrole à 100 $, j’ai tout de suite pensé à ce film. ET l’intro avec cette phrase donne bien un avant goût de ce que sera NOTRE futur proche. Mais comme dans le post, rien à craindre, les « chercheurs-vont-trouver-autre-chose » pour que nous puissions jouir à nouveau de notre bonne vieille planète. Un autre souvenir qui me revient ; les paroles d’une chanson :
« J’ai peur de couver quelque chose disait la terre, à l’archange du Père éternel. On m’a mis des hommes sur le dos et ça m’démange disait la terre, pitié pour le petit personnel. Dites au grand patron qu’y s’dérange, j’ai des misères, j’ai peur de la sale migraine, je tourne encore mais je tourne à la catastrophe disait la terre, alors que tous les supérieurs s’ramènent. Et les hommes chantaient : on a mangé des tonnes de viandes, piccolé des tonnes de tonneaux, combien d’orgasmes on se demande a t’on atteint ? Liz Taylor is rich, on veut l’être aussi, on f’ra tout ce qui faut pour ça ici. Combien de guerres brûlantes en tout a t’on éteint ?… »
Paroles et musiques : Michel JONASZ – Février 1981.
Je ne m’inquiète pas, sur TF1 ils ont dit que ce n’était pas grave … ouf !
Meilleurs voeux.
SI J’ÉTAIS LA TERRE, au jour d’aujourd’hui, j’aurais vraiment beaucoup, beaucoup de choses à faire. Par quoi commencer d’ailleurs? Si, je sais: penser à moi d’abord, car je suis en danger. Tout le monde le sait, même si personne ne semble vouloir prendre les décisions nécessaires. Alors soit, je m’en occupe, puisque c’est moi la première intéressée.
Commencer par moi, cela veut dire analyser mon état de santé, voir où sont les urgences, les priorités et, ensuite, quels sont les choix possibles, si choix il y a. Définir ce qu’il convient de conserver ou non. Enfin, après ce nettoyage urgent et indispensable, envisager peut-être de reconstruire quelque chose.
A l’intérieur, pas grand-chose de changé, c’est plutôt à la surface que c’est le cirque l!!
Les plantes, d’abord. Encore pas trop de problèmes, ça crève par ci, ça repousse par là.
Ah! il y a ces quelques milliers d’OGM. A mettre sur la touche vite fait, va savoir ce que ça va nous donner, ces saloperies. On oublie que c’est moi qui choisis ici, non! Pour le reste, ça devrait bien marcher, si on ne déglingue pas les divers écosystèmes qui font l’équilibre de l’ensemble. Si, il faut que je règle cette destruction à outrance de mes belles forêts. J’ai trouvé le temps si long à les regarder grandir…
Les animaux ensuite. Certes, il y en a déjà beaucoup moins. Deux milles espèces qui disparaissent chaque année, ça allège bien. Malgré tout, j’ai toujours du mal à faire le compte.
Ah! J’en arrive à cette calamité qui m’encombre depuis quelques millions d’années. Ce maudit animal incapable de s’adapter à ce paradis que je lui ai offert. Avec ses avantages et ses inconvénients, certes, mais il lui suffisait de tendre la main pour manger, de se baisser pour boire. Oui, comme les autres, ni plus ni moins.
Non, il a fallut qu’il se dise le meilleur, le plus fort, le plus ceci, le plus cela! Et voilà le travail: il a détruit mes sources, mes fleuves, mes océans. Il a creusé partout pour trouver de l’or, des pépites et des gemmes, du gaz, du pétrole, et autres choses prétendument indispensables. Il creuse encore pour enfouir ses ordures et sa honte. Il démolit, dévaste, enflamme, pollue et pourrit tout ce qu’il touche…Mais il a oublié que sans moi il n’est rien, ce petit imbécile prétentieux.
En fin de compte, je ne suis pas si pressée que cela. Qu’est-ce qu’un millénaire ou deux pour moi, hein? Alors j’ai décidé de m’amuser, d’attendre encore un peu.
Voilà. Je les regarde se démener, mes petites fourmis humaines. Ah ça, ils y mettent du cœur, à tout casser! S’ils mettaient autant d’ardeur à réfléchir, juste un peu…
Oui, c’est amusant de voir le plus fort du monde s’autodétruire systématiquement.
Quand se sera fini et qu’ils seront là, tous, au fond de leur grand trou, j’irai, heureuse et ravie, y jeter des pierres et des pierres encore. Et bien vite les oublier…
Très jolie texte !
Oui, beau et fort papier avec cette chute on ne peut plus évocatrice, symbolique et convaincante : la Terre en train d’enterrer l’humanité !
Merci, Yves.
Sur un autre de vos billets, je vous demandait s’il est possible de trouver queque part vos textes qui accompagnent l’expo « Arborescences » du parc de Seaux, voire même le catalogue de ce superbe et très émouvant travail. En avez-vous une idée?
Pour le moment, il n’y a rien, pas de catalogue, mais peut-être un projet d’éditer le tout sous forme de livre. J’espère que ça se fera !
Et pourtant … Quand quelqu’un décède, à chaque fois on entend l’expression « on est peu de choses ! ».
Comme quoi, en être conscient, c’est déjà ça.
L’être humain est peu de choses, c’est vrai,mais le système lui, Ha le système, le logiciel, l’appareil !! TOut est là !!
En fait, c’est un peu une société type « Matrix » sauf qu’aux manettes, au lieu d’une « machine », ce sont des hommes. Cupides, mercantiles, où seul leur patrimoine compte. Ca me rappelle une caricature : un gros monsieur en costume avec haut-de-forme, en train de manger un sandwich ; des miettes tombent et aux pieds de ce géant, une foule immense en train de se battre pour ramasser les restes.
Le Communisme à un moment a été une occasion de sauver l’humanité. La nature humaine était trop contraire à cette grande idée. Surtout que les pays capitalistes ont tout fait pour que ça tombe en faillite.
Pourtant, sur le papier, le collectivisme, c’est bien. Ca me fait penser au mode de vie d’une colonie d’abeille. Il faudrait le remettre en place avec une grosse dose d’écologie en plus et surtout bien veiller que cette fois, comme l’apis melliféra, ce soit bien les « ouvrières », le peuple, qui change de Reine quand celle-ci ne va plus.
Moi aussi ça me rappelle Mad Max. D’ailleurs, ceux et ceusses qui ont suivi les quatres épisodes du documentaire « PLANETE SOUS PRESSION » diffusés sur France 5, savent que les spécialistes nous proposent 4 solutions d’avenir : le 1er en version Star Trek, les humains vont trouver une solution pour survivre, du style aller vivre sur d’autres planètes (!), le 2ème en version Mad Max, le 3ème en version politique dictatoriale verte, le 4ème m’échappe au moment où j’écris, tant pis !
Aller vivre sur une autre planète, si c’est pour faire pareil qu’ici ça va pas marcher longtemps, on finira par aller de planète en planète en pillant les ressources, comme dans « independance day » ou la kitchissime série « V ».
C’est quand je lis ce genre de propositions débiles que je me dis qu’on définitivement fichu.
@ Coqueli-so
et ils ne proposent pas une solution où la population humaine est en adéquation avec les ressources dont elle disposent? Ou les « specialistes » considèrent ils toujours l’expansion démographique comme un dogme que l’on ne peut pas remettre en question??
Et vous avez remarqué comme on entend moins Nicolas HULOT, par rapport au Printemps dernier, sur tous ces sujets d’environnement ? Etonnant non ?
Pourtant, par exemple, à défaut de rejoindre José dans sa lutte contre les PGM, il aurait pu au moins le soutenir verbalement ou en allant le voir non ?
Ha mais j’oubliais qu’entre temps le « grenelle-de-l’environnement » avait tout résolu. Ouf, on est sauvé !!!
José, si tu me lis, sache qu’il n’y a plus de problème d’environnement en France car le « grenelle » et notre Über-Président sont passés par là. Ha lala ! Faut croire que dans le Larsac, y z’ont pas la télé !!
L’expansion démographique, plus ça va, plus je sais à qui ça profite … c’est de la main d’oeuvre bon marché à portée de main ! « si t’es pas content tu dégage, il y a cinquante personnes derrière toi qui attende ta place ! » Qui construit les îles artificielles de Dubaï, qui construit les ports gigantesques de Chine, qui fabrique vos fringues et dépiote vos ordinateurs ? c’est toujours le plus pauvre que soi, et plus il y en a, mieux c’est : c’est des revendications en moins !!! Râââ, j’ménerve !
Et bien moi j’espère que la Terre va faire un grand ménage comme elle en fait de temps en temps : une petite épidémie, un joyeux tremblement de terre, un éternuement volcanique…. que sais-je, elle en aura peut-être bientôt assez de nos conneries.
Allez Yves, reprenez votre bâton de pélerin et écrivez-nous encore un de vos merveilleux livres sur vos balades à pied. Là, je rêve…
Amitiés,
Chris.