13 janvier 2008
Séquence émotion, comme ne disait pas Cousteau !
J’étais parti quelques jours pour une conférence en Bretagne, à l’invitation du »Café Philo » de Quimperlé. J’en ai profité : je suis remonté sur la Calypso. J’ai touché le bois de sa coque, j’ai caressé son plat-bord, j’ai retrouvé le carré où nous allions nous asseoir pour manger ou tirer des plans sur la planète. Je suis passé près de la cabine du pacha (JYC, le commandant, le bonnet rouge…). J’ai même revu l’encoignure de ma bannette…
Oh ! La Calypso n’est pas prête à reprendre la mer… Je suis allé la visiter à Concarneau, au chantier naval où sa réparation a commencé, après dix ans de pourrissement dans le port de La Rochelle. C’est une ruine, dont la passerelle et les mâts sont démontés, dont la coque et le pont semblent si fragiles qu’on ose à peine les toucher, et où presque tout a été volé… On n’y contemple évidemment plus ni matériel de plongée, ni soucoupe plongeante, ni hélicoptère : rien d’autre qu’une carcasse délabrée que les animaux marins térébrants avaient commencé de recycler…
Les péripéties passionnelles et juridiques qui ont mené jusque là ne m’intéressent plus. J’ai maintenant l’espoir que ce bateau, qui devrait être classé « monument historique », et qui a représenté l’aventure et la beauté de la planète aux yeux du monde, continue d’exister. Qu’il devienne un ambassadeur itinérant de l’écologie…
Jacques-Yves Cousteau m’avait dit qu’il voulait le couler avant de mourir. J’aurais aimé la séquence où le navire se serait enfoncé dans la houle, par exemple en mer Rouge, au-dessus du récif de Shab Roumi, où se trouve encore (auréolé de coraux, de gorgones, de lis de mer et d’ascidies) le garage de la soucoupe plongeante du village sous la mer « Précontinent II » (mission 1963).
Puisqu’un destin différent lui a été réservé, que la Calypso vive donc sa nouvelle vie ! Quant à moi, plus d’une décennie après la mort de Cousteau, j’ai recommencé en rêve l’une de ces expéditions dont j’ai eu le plaisir d’être le chroniqueur pendant plus de quinze ans.
J’avoue que ma gorge s’est serrée et que, si mes yeux sont devenus plus humides, ce n’était pas seulement parce qu’il pleuvait sur Concarneau.
14 commentaires
Eh bien effectivement remontée d’émotions… Je n’ai pas eu la chance de monter sur la Calypso, mais il y a 30 ans Armand Davso me laissait bricoler les caméras sous-marines qui partaient sur le bateau. Dans le hangar du quai Riva à Monaco, la où une partie du matériel de plongée était entretenu et entreposé.
Oui la Calypso devrait devenir un monument, une opportunité pour célébrer cette voie tracée, ce chemin d’apprentissage qui a déblayé la route, celle qui a une toute petite chance de sauver la biodiversité, la planète peut-être….
C’est juste cette année que j’ai donné a mes fils, qui sont adultes maintenant, les BDs joliment dédicacées par Sérafini qu’ils avaient laissées à la maison. Mais comment donc s’appelait un des scénaristes ?…..
Et devant Villefranche, c’était Précontinent 1 ?
Et aussi, qu’est devenue l’Alcyone ? Elle aussi mérite un peu de gloire, les concepts de sa propulsion sont bien dans l’air du temps !
13 janvier 2008 à 14:59. Lien permanent.
Devant Villefranche-sur-Mer, c’était Précontinent III, en 1965 (un mois de vie pour les océanautes à 100 mètres de profondeur). A cette époque, j’arrivais comme étudiant à Paris et je ne connaissais Cousteau que par les livres et la télé. Plus tard, j’ai souvent vu Armand Davso, en effet le grand bricoleur des caméras sous-marines de l’équipe de la Calypso.
L’Alcyone est toujours opérationnelle en principe, mais ne fait pas grand chose à ma connaissance. Je ne sais pas dans quel port elle se trouve en ce moment, mais je vais demander.
13 janvier 2008 à 15:33. Lien permanent.
Bonsoir Yves,
je vous souhaite sincèrement de pouvoir naviguer à nouveau un jour sur ce bateau mythique et légendaire (qui fonctionnera peut être alors avec des énergies renouvelables!) avec lequel vous avez beaucoup de souvenirs et de vécu en commun.
Vous parcourerez les océans pour aller à la rencontre des peuples pour les convaincre (utopie, utopie, que ton nom est est joli) de la necessité de maintenir une population constante et en adéquation avec les ressources locales.
Je vous autorise à prendre Rama Yade comme figure de proue
13 janvier 2008 à 19:15. Lien permanent.
Je suppose que le Commandant avait songé à vider tous les fluides avant de couler le navire. Non ?
15 janvier 2008 à 12:59. Lien permanent.
Ha La Calypso !! Ma jeunesse !! Les émissions du Dimanche soir. J’adorais. Ce bâteau est mythique assurément.
Une pensée pour le Commandant. Quel charisme.
Je me souviens de ses commentaires dénonçant déjà à l’époque les exactions humaines contre l’environnement. je me rappelle être aussi révolté que maintenant. Pour autant, j’ai suivi le troupeau.
Où est ce que ça a foiré ? Le système plus fort que JYC ? Surement.
15 janvier 2008 à 21:21. Lien permanent.
Homme libre, toujours tu chériras la mer… Ce serait pas mal Rama Yade en figure de proue, mais avec un bonnet rouge ! ou façon Simone de Beauvoir ?
à olivier : nous sommes plusieurs à constater que l’histoire recommence…Et si nous gardions la tête haute, ne serait-ce que pour servir d’exemple aux petits !
Bien amicalement
16 janvier 2008 à 1:17. Lien permanent.
Quelle joie quand je suis venue m’installer à La Rochelle pour ma passion, (les mammifères marins), de découvrir la Calypso, qui a sérieusement contribuer à cette passion… Comment ne pas se remémorer les aventures qui nous ont tous fait vibrer quand nous étions jeunes, et moins jeunes…
Mais quelle tristesse que de la voir ainsi, abandonnée à son triste sort pour une histoire de gros sous. Pathétique.
C’est avec une grande joie que je l’ai vue partir pour Concarneau. De la joie, et une indéscriptible sensation de vol. On m’a pris « ma » Calypso, celle que j’allais voir sur les quais de temps à autre, et où je me plaisais à l’imaginer dans ses missions aux quatre coins du globe… Je m’imaginais à bord, comme quand j’étais gamine et que je disais au gens que quand je serai grande « Je ferai comme le Commandant Cousteau »…
Les années ont passé, et et je suis toujours à terre. La passion est intacte, la nostalgie aussi. Et j’attends toujours de vivre la grande aventure qui m’emmenera découvrir des horzons lointains. Peut être à bord d’un autre bateau par contre…
17 janvier 2008 à 15:16. Lien permanent.
Bonjour à tous!
Je me présente: j’ai 21ans, je suis actuellement en préparation d’un dossier sur les gestes en plongée sous-marine pour tenter une école de cinéma.
J’ai trouvé le livre « La Passion du Bleu » de André Laban à la bibliothèque, je le lis avec plaisir dès que j’en ai l’occasion.
P 125, il parle d’une anecdote: Armand Davso s’est sauvé de la noyade à 5m de profondeur en réussissant à casser un fil de nylon d’un coup de rage alors que ses bouteilles étaient vides.
Je cherche à le contacter pour qu’il me raconter lui-meme cette histoire.
Si vous l’avez rencontré ou si vous le connaissez, pourriez vous m’aider s’il vous plait?
Merci Beaucoup!
10 mars 2008 à 18:13. Lien permanent.
un bateau , même aussi mythique que la calypso reste un objet périssable. Quelle que soit l’issue de cet immense travail qu’est la réfection d’un navire, celle ci n’est qu’une étape. L’image de ce bateau, l’oeuvre de ceux qui l’ont fait vivre est dans les esprits, dans les souvenirs de tous ceux qui ont vu les films de Cousteau. Tant de gens ont découvert la mer à travers eux… je ne suis pas étonné que JTC ait pensé à la faire couler. le bois et le métal passent, l’esprit subsiste. Bien sur, si la Calypso repart un jour, ce sera encore mieux. hervé
14 juillet 2008 à 11:19. Lien permanent.
boujour a tous
moi je suis un petit garcon
de 44 ans qui viens de finir sa collection cousteau polygram
apres avoir etait au cimetiere de st andre de cubzac est a la rochelle avec ma femme est nos trois enfants ou nous avons pleurer devant se triste bateau
qui a fait rever tand de monde
je vouler juste tenoignier
de la honte que je recent a ne rien avoir peu faire pour aider au sauvetage de se bateau
mais au jour d’hui que la restauration a commencer le reve lui seras t’il toujours le meme
sans son commendant
mes les souvenir de cette homme est de se bateau son ancret a tous jamais dans ma memoire est mon coeur de petit garcon qui reve d’etre marin au bonnet rouge
16 août 2008 à 11:08. Lien permanent.
félicitation pour tous vos articles qui parraissent soit dans le joural usuhaia ou vos livres comme le dernier qui parle de cousteau. Pourriez vous visiter mon site consacré a la Calypso et m’apporter d’événtuel modifications s’il y a. En espérant pouvoir rentrer en contact avec vous pour encore plus appronfondir mon site.Dans l’attente de revoir la Calypso a flot.
1 mars 2009 à 18:34. Lien permanent.
Bravo pour le site, qui me semble passionnant et déjà très complet !
J’espère aussi voir la « Calypso » à flot un de ces jours, mais je n’ai aucune prise sur ces événements…
2 mars 2009 à 13:12. Lien permanent.
Dear Yves Paccalet,
I would like to know if your book about ALbert Falco, Capitaine de la Calypso has ever been translated into English or Spanish and where could I find a copy…
Thank you and congratulations for your great job…
Carlos
16 mai 2009 à 22:29. Lien permanent.
Ouah… La Calypso… Ce nom me replonge au coeur de ma chambre d’enfant et d’ado… le poster de ce bateau sur ma porte, juste au dessus de JYC devenant un « immortel »… Sans doute une des rares chambres d’ado avec une telle déco ! Mais au delà de cette nostalgie, ce nom me rappelle tout le trajet parcouru, mon désir depuis toujours d »être Cousteau » dans ma tête d’enfant, puis celui d’éduquer à l’environnement quelques années plus tard. Je suis sans doute ce que je suis aujourd’hui grâce à ce bateau (et à son équipage !). Il a bercé mon enfance et forgé mes convictions ! J’ai encore dans un coin de mon appartement les fiches éducatives « Cousteau » (qui me valaient bien des moqueries de mes camarades de classes !), je rêve toujours de partir sur les traces de ce bateau mythique. Devenue adulte (enfin je crois), j’essaie de me montrée digne de cet enseignement à travers mon métier et mon quotidien, même si ce n’est pas toujours évident… Pour tout ça un grand merci à la Calypso et à toutes les personnes qui ont navigué dessus pour nous faire rêver, voyager, découvrir, aimer la vie et nous faire comprendre la nécessité de la protéger. Merci
27 octobre 2009 à 15:48. Lien permanent.