7 mars 2008
Pour Adobo (« Bébé Ad », Adrien, Yuuto) – qui n’a que trois mois et ne se met pas encore debout !
Bébé s’éveille dans son berceau. Bébé babille et sourit. Il s’accroche aux barreaux. Il tire sur ses bras, se redresse, vacille, manque lâcher prise, bande ses muscles et se casse la figure. Il recommence et opère un rétablissement de champion de barre fixe. On le félicite. Il triomphe. Ses petites jambes ondulent, ses genoux dansent, mais il tient. Il éclate de rire. Il émet une modulation de Tarzan miniature. Le chat détale. Maman n’en peut plus d’être aussi fière. Elle applaudit et ronronne plus fort que le chat. Demain, bébé marchera. Il parlera. Il posera des questions et répondra à celles d’autrui. Il forgera son corps et sa cervelle d’Homo sapiens ordinaire, c’est-à-dire cruel et superbe.
Le petit humain sourit. Il est beau, tendre, irremplaçable. Les yeux vifs. Les sens en éveil. Il scrute son environnement. Il l’interprète comme une énorme sucrerie. Il va non pas dévorer la vie, ce qui correspond à un psychisme de saurien, mais la humer, la lécher, la cuisiner, la teindre, la parfumer, la façonner, s’en délecter, la rendre mille fois plus subtile et savoureuse. Il va apprendre non seulement les gestes utiles, mais ceux des plaisirs sans nécessité. Il entendra avec ravissement des comptines absurdes ; des légendes de sorcières et de méchants loups. Il ouvrira son âme au Beau, peut-être au Vrai. Il est destiné à jouir de l’art, de la science et de la philosophie. Il appartient à une espèce sans pareille, au moins dans le cercle rapproché des planètes. Il hérite d’une culture qui lui offre Lascaux et Angkor, Confucius et Newton, Bashô et Verlaine, Einstein et Picasso.
Une perfection commence. L’enfant sourit à sa mère. Il l’appelle. Elle l’attrape, le soulève, le cajole, le couvre d’une couche de tendresse tiède et rose. Depuis le refuge des bras maternels, bébé toise le monde. Il lui parle. Il lui accorde une risette.
Mon esprit froid s’empare de ce sourire et remonte à l’origine des choses. Un petit homme de 7 kilogrammes se compose de 10 puissance 27 atomes (un, suivi de vingt-sept zéros.) Adulte, sa masse sera dix fois supérieure : 10 puissance 28 atomes. La Terre entière recèle 10 puissance 50 atomes. Vertige des chiffres. Pascal avait raison de nous peindre entre deux infinis – le grand et le petit. Je me demande par quel prodigieux assemblage de causes et d’effets, par quel improbable recoupement de hasards et de nécessités, tout ce que je contemple a pu paraître. Des particules aux atomes. Des atomes aux molécules. Des molécules aux cellules. Des cellules à l’homme… La vie a commencé voici 4 milliards d’années sur ce bout d’univers. Elle a été bactérie, protozoaire, éponge, ver, échinoderme, poisson, amphibien, reptile, mammifère, avant de s’épanouir sur les lèvres, dans les yeux, les mains et le cœur de cet enfant qui, pour la première fois, s’est mis debout dans son berceau. Des trillions de trillions d’atomes ont préparé cette risette. La probabilité pour que cela advienne était infinitésimale. Cela est advenu.
Un enfant. 10 puissance 27 atomes d’innocence et d’espoir. L’humanité devrait être solidaire. Hélas ! Nous ne nous aimons pas les uns les autres. Nous méprisons les générations futures. Nous leur préparons des jours de sang, de sueur et de larmes. Quiconque a contemplé une seule fois la risette des atomes, ne peut plus supporter qu’elle se résolve en amère grimace.
« Nous méprisons les générations futures » écrivez-vous.
C’est moins du mépris que de l’ignorance crasse.
Si les nantis des pays riches, en particulier les femmes,les ados et les quelques hommes « fashion victims », cessaient de tomber dans le consumérisme stupide, on pourrait peut-être laisser une planète viable à nos enfants.
sarvodayawanadoofr.blogspot.com
Addmirable conclusion que celle de votre texte. Il me parle autant qu’à vous, puisque je suis grand père d’un petit paquet de 10 puissance 27 ( et quelques ) d’atomes féminin, de vingt et un mois, qui balbutie ses toutes premières phrases, qui trottine encore maladroitement et encore tendre et innocente.
Je me pose les mêmes questions, j’ai les mêmes peurs et bien d’autres car c’est une petite fille.
Nous l’aimons, nous avons peur.
Nous ne sommes pas assez nombreux à nous aimer les uns les autres.
Et puis pour finir avec un petit sourire, je préfère l’art de la grotte Chauvet à celui de Lascaux, et Gustave Courbet à Picasso … question de goût, je suppose, juste question de goût !
D’accord avec Patrice : ces petits bouts n’ont rien demandé, ils sont là, à eux de gérer nos champs de mines.
Dans un genre moins solennel, je suis d’accord aussi sur la conclusion : y compris pour des papys décatis comme nous, « L’Origine du monde » de Courbet a quelque chose de plus émouvant que « Les Demoiselles d’Avignon » de Picasso. Quoique Picasso, dans nombre de dessins…
Votre petit fils, c’est 10 puissance 27 atomes et aux 3/4 de l’eau…
Mais pour vous qui, comme moi, ne croyez pas à un Dieu créateur et encore moins à son dessein, qu’est-ce qui pousse la vie à s’organiser ?
Qu’elle est votre vérité de philosophe ?
hifi a écrit : « Si les nantis des pays riches, en particulier les femmes,les ados et les quelques hommes “fashion victims”, cessaient de tomber dans le consumérisme stupide, …
Patrice : « Addmirable conclusion…
Yves : « D’accord avec Patrice…
Il n’y a vraiment rien qui vous chiffonne dans la phrase de hifi.
Relisez bien…
C’est vrai Nathalie que les hommes ne sont pas à la traine en matière de consumérisme.
A ce qu’il parait, on ne les distingue des enfants que par le prix de leurs jouets !
Pour vero : dans « Sciences et Avenir » de mars : interview de Christian Velot…et chronologie de la domestication des animaux….pour Michel : domectication de la vache (et de son veau!) il y a 8000 ans…( création de l’OABA ,Oeuvres d’assistance aux bêtes d’abattoirs en 1961 par Jacqueline Gilardoni…) sachant que c’est notre ami le chien qui a été domestiqué le premier il y a 14000 ans…et qui est encore aujourd’hui torturé et massacré…
Sans commentaire…Excusez-moi, je vais faire une pause , je vous laisse dialoguer entre vous sur ce blog, Joyeuses Pâques à tous!
Excusez-moi , je me suis trompée de billet , mon commentaire était pour le billet précédent…mais vous l’avez sans doute remarqué…
La société humaine va réaliser trop tard dans quel pétrin elle s’est mise. Je crains qu’à la sortie ce ne soit le chaos ou la dictature écolo. Une démocratie d’êtres responsables capables d’envisager de s’autolimiter; ce serait idéal. La démocratie du 20ème siècle est selon moi un échec, la dialectique (la raison) a été assassinée et l’emballement médiatique (la passion) a été consacré. La bêtise a gagné.
Dans le débat qui nous intéresse, les réalistes traitent les écolos d’hurluberlus et de passéistes. Le comble, c’est que ces mêmes réalistes qui nous disent depuis 30 ans : « Vous n’allez quand même pas nous faire revenir au Moyen-âge » sont ceux-là mêmes qui vont nous y précipiter. Le problème des réalistes, c’est de manquer de bon sens, d’avoir perdu le sens des priorités. Beaucoup de citoyens ont perdu ces notions et l’argument ; « Il faut être réaliste, voyons » en devenu un non-argument qui clôt la discussion.
Pour Ergu :
Promis, je vais revenir sur la question de Dieu. Encore un truc à semer la zizanie sur ce blog, comme la question du référendum sur l’Europe… Mais j’espère que nous le prendrons avec un peu plus de hauteur, si j’ose dire à propos d’un type censé habiter une HLM au-dessus des nuages.
Pour Lenseclaes :
Je reviendrai aussi sur la question des élections. La liste municipale sur laquelle je me présentais à Bozel, et où j’incarne l’écolo sérieux mais ferme (jusque-là adjoint au maire à l’environnement), a pris une grosse claque hier au soir. Les citoyens du village ont massivement voté pour « les autres », qui promettent du béton, des places de parking et des remontées mécaniques qui défigureront la montagne – ceci afin profiter de la « manne » financière de notre voisine friquée, Courchevel. Le suffrage universel adore le développement catastrophique.
Sur la conclusion de Lenseclaes, c’est vrai que c’est souvent à se les mordre, vu que les propos de ceux qui profèrent le fatal « il faut être réaliste, voyons » sont souvent, en réalité, dénués de réalisme. « Leur » réalisme consistant plutôt à se mettre la tête dans le sable et à espérer que « ça passe ».
Cher Yves, désolé d’apprendre que même votre présence (et donc surement vos propos) sur cette liste n’ont pas suffit à amener un peu de raison (de « réalisme » ?) dans les choix. Reste à espérer que les autres bretelles et ceintures empêcheront le béton et la ferraille de trop défigurer le paysage, ou pas de manière trop irréversible. Tiens charmant reportage l’autre jour sur l’Albanie à Thalassa. Rivages recouverts de bunkers qui n’attendent plus maintenant que l’effet des années pour disparaitre. Ces gens là avaient surement été « réalistes »….
Oh là, là ! De retour pour faire mon devoir civique de citoyen (qui donne souvent, hélas, un résultat décevant), j’ai lu les deux derniers billets. Bonjour les coups de pied et les digressions, mais c’est formidable de faire une digression parce qu’elle est révélatrice des préoccupations de chacun.
Lorqu’on fait un petit homme, une petite femme, qu’on procrée, puisque c’est le moyen le plus naturel de laisser une trace de l’éphémère et précaire passage, de s’ancrer dans le grand tout, on le fait pour le reste de sa vie. Un enfant, c’est merveilleux, mais il peut aussi vous briser le coeur et sa disparition est une telle douleur que si l’on choisit d’y survivre, on ne peut le faire qu’au prix de sa propre intégrité, physique et morale. On ne peut demeurer intact et la poursuite de la vie reste un choix de tous les instants.
Lorsque « l’enfant paraît », pour reprendre des accents hugoliens, quel bonheur ! quelle joie de voir les premiers pas, les premiers balbutiements, quelle sensation ineffable d’admirer et de serrer contre soi cette petite vie. Mais… un enfant c’est un être humain à part entière. Et l’être humain est composé de deux composantes égales, masculine et féminine. La Déclaration des Droits de l’Homme (1789) art.1 stipule : « Tous les hommes… », et celle, Universelle de 1948 : art.1 rectifie : « Tous les êtres humains… », mettant à égalité : race, et surtout sexe.
En juin 2000, la loi sur la parité a été votée. Qu’en est-il aujourd’hui ? Il me semble encore que l’on reproduise, inconsciemment, les stéréotypes inhérents au sexe (ne serait-ce Yves Paccalet, que lorsqu’on propose de « pisser » ensemble pour montrer son désaccord. C’est bien une proposition de MEC. Avez-vous vu une femme « pisser » debout, ou alors c’est la cata. Alors si l’on mettait votre proposition en pratique, gageons que les curieux se déplaceraient plus pour voir les femme « pisser » (vu la position) pour jauger, faire une étude comparative de ce qui s’offre à la vue, que pour voir les hommes qui sont plus discrets lorsqu’ils font ce besoin naturel.
Alors, le jour où ne se posera plus la question du sexe : c’est un garçon, c’est une fille ; « en tant que femme, je pense…, en tant qu’homme, je dis… » etc. mais qu’on le fera avant tout en tant qu’être humain, sans distinction de sexe, les choses n’auront-elles pas évolué ?
Oui, je sais, on naît homme ou femme et les animaux agissent en fonction de cette différence, mais ils ont un avantage sur nous, leur différence sexuelle est respectée, elle est acceptée.
N’est-il pas temps d’éduquer nos enfants non en tant qu’être sexué mais en tant qu’être humain à part entière, de leur faire comprendre et admettre… l’égalité dans la différence ?
Vous écrivez :
[mais ils (..les animaux) ont un avantage sur nous, leur différence sexuelle est respectée, elle est acceptée ]
Il faudra que j’en parle au mâle de la mante religieuse, ça va sûrement l’intéresser
Pour Jeanne :
Ah ! Cette idée que les femmes pissent debout sur les frontières ! Arrêtez de titiller nos fantasmes indignes de mâles obsédés…
Pour Hifi :
Il y a pire exemple que la mante religieuse dans le règne animal : chez certaines araignées, le mâle, dix fois plus petit que la femelle, doit lui apporter une proie (une mouche…) pour la distraire pendant qu’il accomplit l’acte ; à lui de choisir le cadeau assez gros pour ne pas finir à son tour dévoré !
Pour Yves PACCALET « La liste municipale sur laquelle je me présentais à Bozel, et où j’incarne l’écolo sérieux mais ferme (jusque-là adjoint au maire à l’environnement), a pris une grosse claque hier au soir. Les citoyens du village ont massivement voté pour “les autres”, qui promettent du béton, des places de parking et des remontées mécaniques qui défigureront la montagne – ceci afin profiter de la “manne” financière de notre voisine friquée, Courchevel ».
Hélas oui, que ce soit au niveau local, national ou mondial, vive l’écologie mais uniquement lorsqu’elle est rapporte de l’argent, pour preuve la politique du Canada d’exploitation intensive des sables pétrolifères de l’Alberta depuis que le baril de pétrole a dépassé les 100 $. Peu importe les émissions massives de CO2 et de l’impact ravageur sur le biotope des mines à ciel ouvert, c’est rentable. Comme quoi vous vous êtes réjoui trop vite dans un billet précédent sur l’augmentation de l’or noir.
Moralité : De Bozel à Calgari, vive les pépettes et après nous le déluge !
Mais qu’est-ce qui, et QUI, arrêtera cette escalade insensée ? Commémoration : 1968-2008 ! C’est loin et les temps ont changé, sauf peut-être le formidable et dévastateur appétit de fric et de pouvoir de certains qui, comme le dit Patrice, se fichent bien de leurs semblables pourvu qu’ils aient, hic et nunc, puissance et richesse. Et par ailleurs le temps de cette année 1968 a-t-il réellement changé, apporté quelque chose de nouveau, de neuf, au comportement de l’ »Homo sapiens », (« sapiens », tu parles, quelle foutaise !).
Pour Yves : j’ai peut-être eu des propos brutaux mais je n’ai voulu en rien « titiller » fantasmes et libido, qu’ils soient masculins ou… féminins.
Pour Hifi : ah ! la mante religieuse, quel symbole métaphorique : déguster, anéantir le mâle après copulation… Quelle jouissance pour la femelle ! (Je plaisante bien sûr !) mais, il n’empêche que le rappel d’Hifi est judicieux car combien de femmes n’ont-elles pas entendu, un jour ou l’autre, cette réflexion : être une mante religieuse ! ou au mieux, se montrer castratrice ?
Je n’ai voulu que dire, maladroitement, que « tous les êtres humains sont égaux ». La réflexion de Patrice au billet de Y. P. : « Je me pose les mêmes questions, j’ai les mêmes peurs, et bien d’autres, car c’est une petite fille », est suffisamment bouleversante pour qu’on y soit sensible et fait penser au long combat pour la reconnaissance de la femme en tant qu’ »être humain à part entière ». Parce que je suis particulièrement sensible à cette lutte, je pense que les choses ne sont pas gagnées. Les meilleurs défenseurs de ce combat ont souvent été… des hommes, par exemple François Poullain de la Barre (1647-1725) qui a démontré dans son ouvrage dont le titre se suffit à lui-même : « De l’égalité des deux sexes, discours physique et moral », (avec cette phrase) : « Où l’on voit l’importance de se défaire des préjugés) ». Je ne veux pas m’attarder mais tout y est démontré, et d’ailleurs S. de Beauvoir, dans « Le Deuxième sexe », a repris, en grande partie, et fait connaître les thèses que Poullain défend. Citons aussi Pierre Leroux (1797-1871) qui a lui aussi remarquablement démontré que les femmes sont « cette moitié de l’Humanité qui a toujours partagé le sort des parias, des esclaves et des prolétaires », (Encyclopédie nouvelle, « Egalité »).
Je cite de mémoire, alors méfiance).
Aujourd’hui, on dit que ce combat est « ringard », que les femmes sont devenues égales… du moins dans les pays occidentaux. Et je ne peux m’empêcher de comprendre la réflexion de Patrice.
Que vont connaître nos petits-enfants ? Quelle planète leur laisse-t-on ? En tout cas, merci au grand-père du petit Adrien Yuuto de nous offrir cet espace de réflexion et d’expression.
Un truc très chagrinant (enfin au moins pour moi) avec les paquets respectifs de +/-10**27 atomes qui nous constituent, c’est notre tendance persistante à croire que nous sommes les seuls êtres intelligents et capables d’émotions sur cette planète.
Je viens de lire un entrefilet très émouvant sur un dauphin qui, sur une plage de Nouvelle-Zélande, a sauvé deux baleines de l’échouage (alors que les efforts des hommes avaient été vains).
Solidarité inter-espèces alors que nous sommes souvent incapables de montrer de la solidarité envers notre voisin de palier, ou nos aînés…. Une belle leçon.
Sinon, une question que je me pose, c’est : sur les 70 Kg que pèsent nos 10 puissance machins d’atomes qui nous constituent, combien représentent les organismes non-humains qui vivent en symbiose avec nous (dans nos entrailles..) ?
Ah! Gilles, je ne résiste pas à la tentation de te répondre!(Je n’ avais plus envie d’ajouter mon grain de sel sur ce blog…et je n’ai pas le temps de développer) L’étude du comportement animal dans son milieu naturel est très récente et l’étude « objective » est encore balbutiante…Pourquoi? Pour reconnaître la solidarité interespèce encore faut-il oublier que nous sommes, nous , humains, toujours les rois de la création .Pour reconnaître la valeur de chaque être vivant encore faut-il avoir le désir de le respecter.Pour le torturer,le massacrer,le manger, mieux vaut voir en lui un être démoniaque ou menaçant. Des exemples de solidarité ne manquent pas dans la nature (exemple du singe captif qui recueille un oiseau dans ses « pattes » et qui l’aide à s’envoler)Yves Paccalet connait bien la solidarité chez les dauphins, les baleines et autres animaux ou végétaux…
Tu soulèves une autre question très intéressante : quelle est la frontière à établir entre les êtres vivants et pourquoi l’établir?Le brin d’herbe (Voyage au pays des fleurs…) ressent-il de la douleur, a-t-il un système nerveux?Quels sont les critères à définir pour établir une frontière? La beauté, l’intelligence ou la capacité à ressentir du plaisir et de la douleur? A bientôt!
Pour Gilles : sur google : le grand singe et l’oiseau…
Merci Anne-Marie ! J’ai mis la news de Yahoo sur le dauphin et les baleines en url, mais c’est bien moins joliment dit….
Merci Gilles!Bravo et félicitations à Moko qui lui n’aura pas de médaille!Il serait intéressant de savoir pourquoi les baleines s’échouent sur le rivage?Pollution? Ultrasons de l’armée?????
Anne-Marie : connaissez vous ce site ? J’en ai eu connaissance sur Arte, un documentaire, qui mettait, sans aucun doute, en cause les équipements de la marine (sonar…)
euh, oui, le site : http://sounds-of-seas.info/blog_en/
Pour Anne-Marie et Sophie :
J’ai pas mal étudié les causes éventuelles des échouages des dauphins et des baleines. C’était dans ma vie antérieure « Cousteau-Calypso ».
J’ai recensé un grand nombre d’hypothèses, que j’ai retranscrites dans « La Planète des baleines » et dans « La Vie secrète des dauphins ». Parfois, la cause de ce comportement est une maladie des oreilles, ou des proliférations de petits vers parasites dans l’oreille interne. D’autres fois, les responsables sont des pollutions chimiques. De plus en plus souvent, il faut invoquer l’effet des sonars (notamment militaires, de très grande puissance), qui brouillent le sonar biologique des cétacés. On a même évoqué d’anciens souvenirs ataviques de routes maritimes aujourd’hui disparues… On a surtout étudié le comportement social de ces espèces et ce qu’on a appelé « l’effet moutons de Panurge » (chaque individu suit celui qui se jette à la côte). On a pensé, et c’est le plus vraisemblable, à une conduite d’assistance à congénère en difficulté, surtout si la matriarche de la bande est malade et paumée (les dauphins, orques et cachalots vivent en matriarcat).
Bref, beaucoup de suppositions, mais aucune qui soit la seule, l’unique, l’incontournable ! Avec, pour faire bon poids, ce mystère récurrent : les dauphins ont un cerveau assez gros pour avoir conscience d’eux-mêmes, la condition sine qua non pour savoir qu’on existe ; donc, éventuellement, pour choisir de ne plus exister… En delphinarium, prisonniers du béton et malheureux comme des pierres, on a vu ces mammifères se jeter la tête la première contre les murs, et littéralement se suicider. Le font-ils aussi (mais pour quelle raison ?) en liberté dans la mer, quand ils viennent massivement s’échouer sur une plage et qu’ils y retournent alors même qu’on s’efforce de les remettre à l’eau ?
Bonjour, je viens de vous découvrir.
Je suis en train de dévorer » L’humanité disparaîtra, bon débarras ! « . Même si certaines images sont assez crue, j’aime votre façon de voir les choses ! Je souhaite seulement ne pas être aussi sourd que l’humain de base. J’ai aussi des travers, mais j’essaye de calmer mes jeux …
Cette nuit, je crois bien avoir fait un rêve en rapport avec le bouquin, assez traumatisant …
Les mers et les océans sont-ils encore un espace de liberté pour les espèces qui y vivent ? Je lisais récemment qu’un atlas planétaire de l’impact des différentes perturbations liées aux activités humaines (pêche, pollution, changement climatique…) sur tous les océans et mers a été établi, précisant que « seulement 4% des océans restent intacts ». Je veux bien croire en effet que « pousser au suicide » constitue un autre dramatique impact de l’humain (je ramène volontairement la notion « d’activités des humains » à leur seule présence sur la planète).
Hors sujet ? Peut-être pas tant que ça, parce que j’ai en mémoire une photo d’un petit garçon « risettant », baignant dans l’eau rouge d’une baie quelque part aux îles feroe, une eau rouge du sang des dauphins massacrés par son peuple ; ce petit garçon semblait tout disposé à perpétuer la tradition. Y a-t-il une petite chance pour qu’il regarde, grimaçant, les choses sous un autre angle en prenant de l’âge ?
Bonjour monsieur Yves Paccalet
J’ai vu hier une rediffusion de la « la Place du village » de tv8 Mt Blanc où vous étiez l’invité.
J’ai apprécié votre démarche « du haut et du bas les mains dans le cambouis ».
Vous évoquiez comme dans votre note « zones de turbulence » du 17 mars 2007? « Je me suis bagarré pour la station d’épuration »
Sur internet la station de Bozel apparait traditionnelle…
Pourriez vous en dire plus sur la nature du combat mené par l’écolo scientifique et philosophe tel que vous vous définissez?
Et que pensez-vous de la station à lits à macrophytes de Curienne? http://www.curienne.com/rubriques/station/