Les fleurs du temps

16 juin 2008

La politique et ses rancoeurs, ça suffit… Hier matin, je me suis échappé de St-Jean-Cap-Ferrat, où j’étais en signatures et conférences, et j’ai gagné les lieux de l’arrière-pays de la Côte d’Azur où j’ai, depuis trente ans, des rendez-vous amoureux avec les fleurs. Je n’ai pas vu les lis turbans (ou pompons), ni les iris graminées, mais des amours parfumées de chèvrefeuilles d’Italie, de pois de senteur rose vif et de gueules-de-lion jaunes ou purpurines… Je vous joins ce petit texte, que j’avais publié en introduction à L’Enchantement des fleurs sauvages, un livre (avec photos) chez JC Lattès, depuis belle lurette épuisé.

Fleurs du temps. Mémoire des corolles…
Qu’il fasse beau, qu’il fasse laid, chaque jour je me débrouille pour aller visiter les fleurs. Je veux dire : les fleurs sauvages. Celles qui décident du lieu où elles poussent, de la terre qui lèche leurs racines, du vent qui baise leurs feuilles, de la lumière qui exalte leurs pétales, du parfum qu’elles répandent.
Je me mets en marche. Je file sur mes souliers comme un ange sur ses deux ailes ; sauf que je n’ai pas l’allure séraphique. Je ressemble à un scarabée balourd davantage qu’à un esprit du ciel. Mais j’avance. Je sillonne la campagne, j’entre en forêt, je grimpe la montagne, je patauge dans les marécages, je longe l’écume de la mer. Je me perds avec délices dans ce qui reste de nature. Je m’extirpe de la gadoue, je traverse les buissons, je froisse les herbes, je rebondis sur des tapis de mousses. Je râpe mes mains aux rochers. Je déchire mes pantalons aux ronces, comme quand j’étais gosse. Je palpe les feuilles, je frôle les corolles, je dénombre les étamines, j’effleure les pistils, je câline les fruits. Je vagabonde sur la pente naturelle de mes bonheurs végétaux. Je vais de clairière en étang, de bois en dune, de prairie en falaise. Je hume l’air et les nuages. Je frissonne dans le vent en gobant la lumière. Je m’emplis les poumons de cent parfums qui m’enivrent.
Je tâche de communier avec ce monde qui m’a fait naître et qui consent à me laisser persister – encore un moment, monsieur le bourreau !
Les fleurs sont les médiatrices odorantes et éclatantes de mes simples plaisirs. Elles guident la quête essentielle et inutile que je mène, et dans laquelle je finirai par m’anéantir comme tous ceux qui ont paru sur cette Terre sans savoir ni pourquoi, ni comment, ni même si cela a un sens. Elles incarnent à la fois la permanence de la vie et l’image des destins éphémères. Elles pointent, poussent, s’épanouissent, fructifient, fanent et renaissent avec obstination. Elles ponctuent les saisons. Elles rythment les époques de la Terre, depuis le triomphe des dinosaures jusqu’à l’Homo sapiens, en passant par l’australopithèque et l’Homo erectus.
Fleurs du temps. Mémoire des corolles…
Les bleuets, les marguerites et les coquelicots s’exposaient en bleu, blanc, rouge le 14 juillet 1789, comme ils s’offraient aux regards le 14 juillet de chacune des années de l’Histoire où, à cette date, rien n’advint de mémorable. Ils piquetaient les seigles de la montagne savoyarde, le 14 juillet 1945, tandis je participais à la moisson encore bien calé à l’intérieur du ventre de ma mère. Je m’en souviens. Je regardais passer des ombres de pétales bleu, blanc, rouge à travers le liquide amniotique.
C’est de ce moment que j’aime les fleurs. C’est de ce temps que date ma quête des corolles.
Enfant, je me suis repu de la splendeur des plantes. J’en ai nourri mes sens. J’en ai gavé mon âme. Je me rappelle les humbles violettes qui fleurissaient à Noël, cernées par la neige, dans le creux sec d’un rocher exposé au midi, près de l’oratoire de mon hameau natal de Tincave, face aux glaciers de la Vanoise. J’ai revu la même touffe, dans son écrin de schiste, l’hiver passé. Le parfum m’a rendu mes sept ans. J’ai refondu mon être aux teintes de crépuscule qui glorifient ces corolles zygomorphes. J’ai remonté le ruisseau du temps.
Je me souviens…
Je me souviens des printemps de la montagne et de leurs neiges fondantes, quand les crocus d’albâtre, les primevères coucous jaunes, les primevères farineuses roses et les soldanelles en jupes mauves se pressent sur les plaques d’herbe nouvelle, au bord des ruisselets qui glougloutent. Je me remémore mes ébahissements dans les alpages de mai, quand les orchis sureaux crème ou rouges magnifient les pulsatilles des Alpes blanc-bleu et les pulsatilles soufrées jaunes, non loin des pulmonaires rose et bleu, des trolles planètes d’or et des gentianes trompettes bleues.
Je me remembre mes balades lumineuses, tandis que je gardais les chèvres de grand-père dans les rochers où, fin juin, paraissent côte-à-côte le lis martagon rose, le lis de saint Bruno immaculé et le lis de la Saint-Jean orange.
Je me rappelle, sous les épicéas, les touffes d’or des sabots-de-Vénus, ces orchidées aux labelles gonflés comme des chaussons de nymphes ou des bulles d’alchimistes. Je m’y suis englouti, tel l’insecte ivre de nectar. Je m’y suis égaré. Je m’y perds encore en tentant d’y déchiffrer la signification du monde.

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21 réponses à Les fleurs du temps

  1. Joël dit :

    Qu’il fasse beau, qu’il fasse laid,…
    J’aime bien ce début qui rappelle le grand Denis. Le reste du texte est super écrit quoique un peu trop lyrique à mon goût.

    Quand on aura disparu qui fera regardera encore les fleurs ? Les limaces peut-être, les limaces adorent la fleur d’iris, un vrai régal!

  2. Yves Paccalet dit :

    Oui, le grand Denis… Merci d’avoir reconnu le clin d’oeil ! Pour le côté « trop lyrique », je suis d’accord, j’ai écrit ce texte il y a plus de dix ans, aujourd’hui je ferais plus simple. Plus on vieillit, plus on se dépouille. Progressivement, de tout…

  3. Gilles dit :

    Apres vous avoir raté le samedi, vos groupies étaient aussi dans l’arrière-pays dimanche (mais pas loin, sur les Baous…). Une question qui accompagnait nos pas : sauf votre respect, vous arpentez les mêmes sentiers depuis pas mal de temps (désolé ! :-D ). Notez vous des signes évidents du réchauffement climatique le long des sentiers ? (fleurs apparaissant plus tôt, migration des espèces….). Nous avons cette impression, mais il faut parfois se méfier des impressions….

  4. Yves Paccalet dit :

    Un exemple.
    Lorsque j’ai accompli ma troisième (je crois) balade de la série « Sentiers sauvages » pour le magazine Terre Sauvage, en 1991, j’ai trouvé dans les Vosges une mante religieuse. Les spécialistes du parc régional m’ont dit que c’était la deuxième observation historique de cet insecte méridional dans leur montagne. Aujourd’hui, on trouve couramment des mantes religieuses dans les Vosges… (A ma connaissance, pas encore de scorpions !)

  5. véro dit :

    Les recettes de Véro :

    Prenez un texte d’Yves Paccalet où c’est qu’il y a plein de fleurs.
    Enlevez les fleurs, ou plutôt non ! ne cueillez rien ne coupez rien : attendez simplement la fin de saison ;-)

    Voici ce qu’il reste :

    Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
    Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
    Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
    Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

    Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
    Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
    Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
    Par la Nature, -heureux comme avec une femme.

    Question 1 – fastoche : trouver l’auteur
    Question 2 – niveau 2 : dire les différences – et la similitude – Sans jugement de valeur
    Question 3 – Niveau 3 Difficile : Aimer les deux textes ; l’un pour son bouillonnement, l’autre pour sa pureté
    Question 4 – Niveau 4 expérimenté : Imaginer la tête du quidam qui déteste la nature en train de lire ça :-)
    Question 5 – Niveau 5 surhumain : Trouver deux textes (deux images, deux émissions de télé peu importe) que l’on déteste, et s’imaginer en quidam du 4.

  6. véro dit :

    Merci Yves et Joël! Il y a longtemps que cet exercice mijote chez moi…. Depuis la patience du pissenlit, ou la fleur extra-terrestre, je ne sais plus. Je voulais en faire une réflexion sur la beauté (sur les beautés) sur mon blogue ; ce n’était qu’une ébauche, et en voici une deuxième (meilleure),
    inspirée par le commentaire de Joël .
    Arthur quant à lui, a profité de l’occase pour se glisser là par hasard …
    Je sèche, pour Denis ?

  7. Jeanne dit :

    « Qu’il fasse beau, qu’il fasse laid, c’est mon habitude d’aller vers les cinq heures du soir me promener vers le Palais-Royal… »

    Merci à vous, Yves Paccalet et Joël, de nous rappeler cette
    jolie phrase. Il y a bien longtemps que je ne me promène plus au Palais-Royal depuis que la BNF n’est plus rue Richelieu… C’était un autre temps, et c’est le « passé dépassé ».

    « Bien calé à l’intérieur du ventre de ma mère [...] je regardais passer des ombres de pétales bleu, blanc, rouge à travers le liquide amniotique. »

    Merci Yves Paccalet pour cette phrase qui m’a fait me rappeler notre petite fille devant laquelle, nous adultes, nous parlions et à qui nous disions qu’elle ne pouvait se souvenir puisqu’elle était dans le ventre de maman, a répondu : « mais si je me souviens, c’était rouge et noir ! »

    Nous n’avons jamais pu en savoir plus. Merci aussi Véro de m’avoir rappelé cette fin : « Tels qu’un dieu aux énormes yeux bleus et aux formes de neige, la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre la foule des jeunes et fortes roses, » que j’écrivais de façon bête et prétentieuse à ceux que je croyais aimer (et impressionner), et dont je pensais qu’ils m’aimaient. A 18-20 ans, on est souvent incorrigible ; mais change-t-on réellement ?

    En tout cas, Véro, restez telle que vous êtes. Votre blog me fait chaud à la tête et me met le coeur à l’envers. Je fais partager votre humour, et en profite avant le « rush ».

  8. véro dit :

    Ah yes, le neveu de Rameau … Par le grand Gougle mais c’est bien sûr…

  9. véro dit :

    L’image du jour pour Yves ,Joël, et vous tous, sous ce lien.
    http://myrmecos.net/insects/Monarch2.html
    Normalement CT pour chez moi, pour le terrier (-i feel like a flower- était le texte) , mais je partage, ça s’impose ! J’ai adoré sur le blog de Joël le billet « never complain » … Au revoir …

  10. Lilou dit :

    J’ai des bleus à l’âme…Pour mon anniversaire, une triste nouvelle : le phoque-moine des caraïbes est déclaré éteint…moins émouvant qu’une défaite de foot puisque cela ne fera pas la une…moins affligeant pour certains qu’une demande en mariage de Domenech…
    Quelle drôle d’humanité!

    http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/06/16/le-phoque-moine-des-caraibes-est-considere-comme-une-espece-eteinte_1058723_0.html

  11. véro dit :

    C’est un peu comme si tout ce blog était en deuil…

  12. Yves Paccalet dit :

    Le phoque-moine des Caraïbes est tenu pour éteint depuis plus de quinze ans : la nouvelle recherche américaine ne présente, hélas, pas la moindre originalité. Les deux autres phoques-moines (d’Hawaii et de Méditerranée) ne vont guère mieux. Le dauphin du fleuve Yangzi (le baiji) est, depuis cette année, tenu pour éteint lui aussi. Le dauphin du Gange et celui de l’Indus (les susus) sont proches de l’anéantissement. Le marsouin du golfe de Californie (ou vaquita) est au bord de l’extinction, car le fleuve Colorado n’apporte plus d’eau dans la mer, et toute l’écologie locale s’en trouve bouleversée. Faut-il que je continue ? Non. Voici une bonne nouvelle : la baleine grise de Californie, que les baleiniers ont failli deux fois anéantir, a quasiment reconquis ses effectifs d’origine : environ 12 000 individus. Saurons-nous l’encourager dans cette belle initiative ? Là, c’est moins sûr.

  13. véro dit :

    Il est intéressant de se demander pourquoi cette nouvelle revient dans l’actualité du Monde , mais il est vrai que l’écologie … est un grand sujet d’actualité :-)
    Bon, disons que vos arguments sur le patrimoine animal de l’humanité ont porté …. Hum Hum …Je vais rester gentille.
    C’est pas bien si je dis « Phoque them all They’re phoquing bastards !? » Comme quoi il est encore utile de diffuser l’info de la liste des espèces menacées UICN 1 oiseau sur huit en danger ….

  14. véro dit :

    A propos de votre billet et du poème d’Arthur : à la relecture, je m’adresse une auto-critique puisque personne ne relève : les dimensions « Temps » et « Mort » sont cruellement absentes du Rimbaud.
    C’est pas rien ….Surtout que si je suis ici, c’est bien parce qu’on y parle librement de Temps et de Mort …J’ai posté trop vite ! Asta la vista !

  15. Jeanne dit :

    Le temps est mort et la mort est temps ! Chiasme facile, mea culpa ! mais qui m’a fait relire « Ego monstre I, II, III », -certainement parmi les plus beaux poèmes que l’on puisse lire, – du grand poète afghan, Sayd Bahodine Majrouh, assassiné à Peshawar en février 1988 parce qu’il voulait que l’Afghanistan soit libre.

    On sait ce qu’il en est aujourd’hui.

    La très belle préface de Serge Sautreau met l’accent sur la mort qu’ »il nommait « la nécessaire » :

    Voici ce que S.B. Majrouh écrit : « Elle change la vie en destin. Elle éclaire d’une vive lumière de cohérence l’ensemble du passé. L’homme meurt à chaque instant, ô chercheur, mais son ombre le suit et invente son avenir. Tout ce qui a commencement un jour doit trouver fin. Dès l’origine, l’être conscient se prépare à mourir, et cette action donne son sens ultime à la vie. Sans une telle fin; une fin à finir conscience, que seraient donc destin et liberté ? » (Ego Monstre, III, 15, « Oasis du défi »). Le Voyageur de minuit, Phébus, 1989, Ego Monstre I, p. 9.

    Pour vous tous et toutes, bonne fin de semaine, et pardonnez-moi j’ai l’impression d’avoir pas mal « posté » ces temps-ci.

  16. Lily dit :

    Je viens de découvrir votre blog et j’en suis enchantée…

    « Il est d’étranges soirs où les fleurs ont une âme » Albert Samain

    (*-*)

  17. lornitella dit :

    il n’y a point seµlement qµe ces gracieµses saµvages qµi bénéficient des brises insensées…
    pas plµs loin qµe dans le jardinet de mon Alzheimer patronne, j’ai cµeilli en partant de qµoi embaµmer singµlièrement mon intérieµr.
    noµs les avons embaµmées de nos savants hospitaliers mµsées verts…poµrtant, elles tendent toµjoµrs & toµjoµrs, ces proµesses qµe sont les pivoines, à s’assembler qµoi qµe noµs en pensions avec les dames de onze heµres qµe, qµelqµes heµres plµs tard, aµ flanc d’µne montagne à caillasses, j’emportais religieµsement poµr mes affaires internes.
    O joie qµe de n’y troµver aµcune classe mais tant de silencieµx réconfort.

    alors, à l’heµre, je soµffle dessµs en attendant qµe ça mµrmµre.

    avant de sentir, j’ai crµ les entendre

  18. Joël dit :

    Zut, j’avais oublié ce blog. Sale coup! Heureusement en tapant « qu’il fasse beau, qu’il fasse laid… » les voies de Googol sont très pénétrables… et c’est tant mieux.
    Merci pour le monarque dont la chenille est plus belle que le papillon, aussi le cas de l’orgie pudibonde (si, si!)
    http://perinet.blogspirit.com/archive/2005/11/24/orgyie-pudibonde.html

    Larme pour tous les phoques et rage pour la stupidité de notre espèce d’espèce.

  19. Patrice de Touraine dit :

    Admirable texte, admirable émotion que vous nous offrez, Yves.
    je partage exactement les mêmes sentiments, je les exprime mille fois moins bien que vous. De plus, je connais Bozel et Tincave … je vous comprends encore mieux !
    Je vous comprends, je vous comprends !
    Patrice de Touraine … je signe ainsi désormais, j’ai vu d’autres Patrice qui vous répondent !

  20. Stéphan dit :

    Bonjour,

    On peut dire que vous avez le mot juste. …Et c’est encore plus doux à entendre en conférence lors d’un festival photo. En revenant de Pralognan, je me suis dit que vous aviez peut-être un message à faire passer à un collectif de photographes ainsi qu’à notre public. Si nos apéros photos ne mérite pas le détour du fait d’un trop faible public, un article a vitae eternam sur notre site pourrait encourager au respect de l’environnement. Désolé de poster ma requête au pied de votre article mais je n’ai pas trouvé de formulaire pour vous contacter. A bientôt.

  21. Cadeau du blaireau dit :

    Il y a deux voies pour prolonger la vie : la première est d’éloigner l’un de l’autre ces deux points que sont la naissance et la mort, afin d’accroître la route à parcourir. Sur ce chemin, tant de machines et de choses ont été inventées qu’il semble impossible, pour autant qu’on y jette un regard, qu’elles servent à autre chose qu’à nous tuer, domaine dans lequel les médecins ont fait bien des progrès ; la seconde voie est de marcher plus lentement, en laissant les deux points là où Dieu voulut qu’ils fussent : c’est la voie des philosophes. Ceux-ci ont découvert que la meilleure des choses est de vivre comme s’il s’agissait d’une promenade d’herboriste qui va, zigzaguant, ici tentant de sauter un fossé, plus loin encore un autre, et qui hasarde une pirouette, là où nul ne le voit, pour poursuivre ensuite.
    (Le miroir de l’âme, trad. Charles Le Blanc, p.137, Éd. José Corti, 1997)

    G.C. Lichtenberg 1742-1799
    Dire merci aussi à Gilles Jobin ! ;-)

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