1er novembre 2008
J’apprends la mort de Jacques Piccard. L’un des hommes que j’ai le plus admirés…
Le 23 janvier 1960, à bord du bathyscaphe « Trieste » inventé par son père Auguste (oui : le modèle du professeur Tournesol), et en compagnie de l’Américain Don Walsh, il est descendu au fond de la fosse du Challenger, à Guam (l’une des Mariannes), à 10 916 mètres de profondeur… L’Everest à l’envers ; sauf que, depuis Hillary et Tensing, des centaines d’alpinistes ont escaladé le point culminant du globe, tandis que personne, je dis bien personne, n’est jamais retourné au creux du creux des océans…
J’ai connu Jacques Piccard quand j’écrivais le livre de son aventure et de celle de son père (« Auguste Piccard, professeur de rêve », chez Glénat, 1997). Je lui demandais de me raconter sa vie. Nous travaillions près de Lausanne, au bord du Léman, où il avait installé son centre de recherches. C’est l’homme le plus courageux et le plus humble que j’aie jamais côtoyé. Au plus profond de la fosse des Mariannes, il avait vu un poisson plat et une crevette rouge… A l’époque, on se demandait si la vie était possible dans des conditions aussi dures d’obscurité, de pression et de froid. Jacques Piccard a donné la réponse – et du coup, sa mission est devenue tout autant philosophique que scientifique. Ecologique, aussi : on envisageait alors de déverser dans les fosses marines nos pires déchets chimiques et nucléaires. Le fait qu’on ait trouvé de la vie aussi loin de la surface avait contraint les pollueurs à renoncer à ce projet délirant.
Salut, Jacques ! Le plancton luminescent des abysses scintille comme le font les étoiles.
Bonjour, Yves.
Je l’ai vu ce bathyscaphe du commandant Piccard. Plus sommaire que dans le sous marin du « Trésor de Rakkham le Rouge »…
Si ma mémoire est bonne il était exposé ou même tout simplement posé près de la Tour Royale à Toulon. Il ressemblait au casque d’un scaphandrier avec ses gros boulons et ses vitres épaisses.
Mon père nous avait emmené le voir et nous avions été très impressionnés.
Déjà, à l’époque, les travaux et recherches du Professeur passaient presque inaperçues.
Merci, capitaine, de rappeler ces informations qui ne sont pas passées avec l’annonce de la nouvelle dans les journaux. ça en change le relief.
Même pour ceux qui n’ont jamais eu la chance de le rencontrer, il restera sans aucun doute, tout comme son illustre paternel, la représentation ultime du génie dans ce que celui ci a de meilleur, sa gratuité et son désintérêt face aux vils choses de ce monde pour ne se consacrer qu’aux deux seules trésors ayant de la valeur: la Connaissance et la Vie.
Puisse son combat ne jamais s’éteindre faute de combattants, tant qu’il existera des aveugles aux charmes de Gaïa.
juste…
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