1er décembre 2008
(Curiosité : je voulais savoir dans quel état d’esprit j’étais voici juste trente ans, le 1er décembre 1978. J’ai un avantage : je l’ai écrit dans « L’Odeur du soleil dans l’herbe », chez Robert Laffont, 1992. Eh ! bien, moi non plous yé né pas changé, voici le passage !)
Nuages noirs du grand pin ; pâle fumée des oliviers ; et ce sentier inutile qui naît et meurt dans la broussaille…
Derrière moi, la trace immatérielle de mes jours, que les végétaux absorbent en même temps que les photons de Frère le Soleil. Ne resteront de mon passage que quelques molécules de sucres à trois carbones. Plus utiles qu’une inscription sur une plaque de marbre.
désarroi de l’homme devant sa propre finitude sur une terre qui ne lui appartient même pas. Quel manque d’humilité devant la beauté de la nature et son inhumanité. Nous sommes obsédés par notre futur et tourmentés par notre passé, si bien que nous perdons la capacité de vivre le présent, seul moment pourtant ou nous pourrions réaliser que nous sommes tous un fragment de cet universalisme, en dépit de nos particularismes égocentriques.
En parallèle de mes activités dans l’industrie médicale puis automobile, je travaille également sur la publication d’un livre prévue pour décembre 2008. Celui-ci je pense est proche de vos idées.
En partant du nécessaire équilibre entre vie privée et vie professionnelle, le livre aborde une vision de la relation professionnelle, des méthodes utilisées ainsi que des imperfections du monde économique dans lequel nous évoluons. Les rapports humains sont également abordés pour ne pas oublier l’impact possible de chacun dans ce système.
Ce nécessaire équilibre se fait par une alternance, et ce, à tout les niveaux. Mais le plus important est la cohabitation entre :
. Nécessité de rentrer dans le système pour le changer, tout en le comprenant pour s’en
protéger,
. Le rapport avec notre terre que nous devons entretenir pour faire durer
notre possible existence,
Pour ce livre, je souhaite réaliser une promotion qui me permette d’atteindre un public assez large et prolonger les échanges que les écrits devraient initier.
Avec votre expérience, pouvez vous aider une personne comme moi qui débute dans le monde du livre mais animé d’une volonté forte de participer au changement qu’on a des chances d’initier avec la prise de conscence actuelle…En tout cas j’espère
L’actualité du moment rentre parfaitement avec le contenu de mon livre (également en vente sur le site de la Fnac)
http://www.jetsdencre.fr
(égalmenet dispo sur le site de la FNAC)
http://livresurequilibre.blogspot.com
Ronan HEMIDY
06 76 93 21 73
A la naissance nous prenons le chemin de la vie et de l’histoire; nous y laissons l’empreinte de nos pas dans celles des Autres.
Peu importe la longueur du chemin,pourvu que nous y découvrions sa douceur, sa beauté ,ses senteurs.
Et puis au bout du chemin, au bout de ce rêve la mort nous réveille.
Yves,
Voilà une réflexion très imprégnée de philosophie boudhiste!Comme le dit très justement Lio, prisonniers du passé qui nous colle à la peau et que bien souvent nous regrettons, rongés par l´angoisse de l´avenir, nous ignorons le présent. Notre vie se passe à tenter d´ exorciser la seule certitude que nous possédons dans l´existence, celle de son point final. Les soi-disant grands de ce monde, vibrions tonitruants, font des pieds et des mains pour entrer dans l´histoire, et nous, ceux d´en-bas (!), nous nous agitons de-même pour laisser quelque chose derrière nous, nous parlons haut et fort. Nous consommons comme des forcenés, cela nous donne le sentiment d´exister. En regardant autour de moi, j´ai acquis l´intime conviction que la plupart de nos contemporains sont accros au stress de leur vie quotidienne, même s´ils prétendent le contraire. Ils redoutent le silence, synonyme de vide, de vacuité, donc de mort.
chère Martine
oui, c’est vrai l’époque est à la consommation et à la frénésie, tout va trop vite, et vous avez raison, cela ressemble à une fuite. il y’ a plus de 200 ans un philosophe demande à Montaigne ce qu’il a fait dans sa journée, quelles ont été ses occupations, celui ci lui répond qu’il n’a rien fait au sens actif, mais qu’il a été lui même dans ce laps de temps, je pense qu’il faut comprendre que l’homme a activé sa conscience aiguë du temps présent et déroulé son immédiateté, c’est une forme de méditation. Pourquoi ne pas revendiquer le plaisir de se retrouver seul en montagne face à l’immensité? au risque de se faire taxer de taré ou pire de crétin des alpes? situation « Panurgesque ».. retour aux philosophes de l’antiquité, il voyaient si juste…
lio
Au delà de cette notion atomistique (merci Démocrite!) (il est vrai que nos atomes de carbone resserviront….), Je pense que grâce à ce type de blog par exemple nous nous communiquons les uns aux autres nos énergies positives….
Merci à Horace qui nous permet de souffler un peu!
Sachez que vous avez sur moi un effet placebo…Vos commentaires me rassurent, je me sens moins seule….Non, vous n’êtes pas que des atomes! Vous êtes tous pleins d’énergie. Et si nous sommes tous en SYMBIOSE, nous arriverons peut-être à quelque chose, en tout cas j’y crois.
A bientôt
Carpe diem…… eh oui, un peu de légèreté ne fait pas de mal…surtout quand on est excessivement lucide
Décidément, je me rends compte, moi qui suis une scientifique, une cartésienne pure…que la philosophie nous sauvera.
REDEVENIR SAGES ET HUMBLES est la solution à tous les problèmes
Pour Delphine. Vous écrivez : « il est vrai que nos atomes de carbone resserviront… » en espérant qu’ils seront non nuisibles pour l’environnement n’est-ce pas ! Alors vous qui êtes « une scientifique, une cartésienne pure » que pensez-vous de la crémation des corps ? Est-ce bien le bon choix de consommer de l’énergie pour envoyer du carbone fossile et le carbone de notre corps participer au réchauffement climatique de notre belle planète ? La question n’est pas très marante mais je m’adresse aussi à la philosophe bien sûr !
Pour Lio tout d´abord,
prenons sans crainte le risque de se faire traiter de taré ou de crétins des alpes. Quand, plantée au beau milieu d´un pré voisin du village ou j´habite, j´admire un vol de grues cendrées ou d´oies sauvages en pleine migration, je m´attire des réflexions goguenardes et je passe pour une farfelue. Tant mieux! Revendiquons le droit à la différence, secouons cet instinct grégaire qui fait de nous une masse docile et « moutonnante » (et encore, ce n´est pas flatteur pour les moutons de nous comparer à eux).
A l´intention de Marc:la solution à la crémation des corps serait peut-être le système tibétain. Les corps sont découpés à la hache et laissés aux charognards.
La colonie de corbeaux qui habite dans la forêt n´aurait rien contre, tout particulièrement en hiver!
Nos corps exposés aux charognards seraient une bonne solution , ils ne s’attaqueraient plus aux vaches…Mais pourquoi la hâche ? laissons leur un peu de travail…Ce qui m’inquiète c’est le rapport entre le nombre d’humains et le nombre de charognards…La France n’est pas le Tibet…Quelles seraient les conséquences d’une telle pratique?
J’avais moi-même (je crois que c’est dans « L’Odeur du soleil dans l’herbe ») préconisé la méthode des Parsis indiens, qui consiste à porter les morts au sommet de tours funéraires où des vautours viennent les dépecer…
Le problème est que ce n’est hélas plus possible : les populations de vautours indiens sont en cours d’effondrement. Plus de 95 pour 100 de ces rapaces ont disparu en 15 ans. On soupçonne que la cause principale du désastre est la suivante : le pays a autorisé l’emploi vétérinaire d’un anti-inflammatoire qui empoisonne les charognards lorsqu’ils recyclent les restes de vaches.
Même morts, les pollutions nous tuent encore !
Quand j’ai lu le commentaire de Martine, la pensée qui m’est venue illico a été : « vous voulez (ou tu veux, c’est égal) empoisonner les vautours !!! » je pensais bien sur à nos dépouilles imbibées de chimie ….Et voilà que, dans le commentaire d’yves, la réalité dépasse ma fiction ! L’affaire est donc difficile : les cadavres relativement sains qui n’empoisonneraient pas le peuple des charognards ailés, zet zélés, seraient les accidentés de tous poils …. mais ceux-ci sont par ailleurs très convoités pour leurs organes … Que faire ? Peut-être une nouvelle carte à porter toujours sur soi …. je donne mon corps éviscéré aux vautours ….le reste de mon idée est censuré…
Pour vero : une carte recyclable ou digestible pour les vautours?
la carte sera donnée en pature aux chèvres, c’est bien connu qu’elles mangent n’importe quoi ..
pour Yves: sur quel animal a donc été testé ces anti-inflammatoires?
En dehors du problème éthique que pose l’expérimentation animale, je me demande si nos chercheurs ne sont pas des apprentis sorciers…
Pour Véro, mea culpa, j´avais complètement oublié que nous sommes devenus des bombes à retardement. Les corbeaux du coin vont faire la tête!
Pas d´accord: les chèvres ne mangent pas n´importe quoi, cela c´est le privilège des humains.
Dans le monde animal, les matières rejetées par le corps après la digestion se différencient des aliments ingurgités. Ce n´est pas toujours vrai pour l´être humain, il suffit de jeter un oeil sur le contenu des assiettes d´une enseigne fast-food.
C’est bizarre ce comportement. Pourquoi vouloir à tout prix rechercher des solutions exotiques au recyclage des corps. Les asticots dans cette bonne vieille terre font très bien le boulot, sans bruit, sans odeur, tranquillement. Ils lancent nos atomes et molécules vers de nouvelles aventures minérales ou vivantes au hasard d’une rencontre.
Un très célèbre écrivain naturaliste écrivait en conclusion d’un livre tout aussi célèbre : « Quand j’aurai trépassé…je veux qu’on brûle mon corps et qu’on jette mes cendres par-dessus le pont du ruisseau de mon hameau natal…Ma poudre s’éparpillera dans l’eau du torrent et c’est ainsi que débutera l’extase. Une pincée de ma substance sera bue par un ver de vase…La majeure partie de mes reliefs filera vers le rivière…j’alimenterai les racines du nénuphar…Le reste de mes cendres ira vers la mer…Je deviendrai diatomée, globigérine ou gonyaulax…J’escaladerai les confins de la stratosphère, où l’attraction du Soleil me saisira pour m’expédier, à des vitesse relativistes, vers un de ces puits de matière hyperdense qu’on nomme « trou noir » ; où je réaliserai pour le restant de mon immortalité, le bonheur d’avoir vécu quelques années sur la Terre, dans le parfum des fleurs, en caressant les miens, sous l’œil énigmatique des étoiles. ». C’est beau mais le poète se trompe. Les cendres éparpillées dans le torrent ne seront que de la poudre d’ossements et de cendre de bois du cercueil. Toutes les molécules de vie, eau et carbone, auront déjà été projetées dans l’atmosphère sous forme de gaz brûlant, entraînés par les gaz de combustion d’un hydrocarbure fossile volé à la Terre. Alors adieu à ce parcours de rêve ruisseau, rivière, fleuve, mer. Ce sera la projection immédiate, brûlante et violente dans l’atmosphère. Ce sera aussi une dramatique contribution au réchauffement climatique. Avec un peu de chance quelques atomes pourront peut-être s’évader vers l’espace et observer impuissants le désastre.
Alors bienvenue aux asticots !
Il restera aussi de vous, Yves, la précieuse trace de votre pensée dans nos esprits et cette trace nous la transmettons à nos enfants et à nos amis. C’est mieux pour l’humanité que « quelques molécules de sucre à trois carbones ».
Pour Marc : vous m’avez convaincue , moi qui ne souhaitais pas dire bonjour aux asticots…Mais encore faut-il que nos traitements médicamenteux ne les empoisonnent pas…
En fait, pour que l’humanité survive , entre deux maux , il va falloir choisir le moindre, un moindre qui par sa puissance rique de nous exterminer, nous et les asticots…Autrement dit, c’est l’impasse?