12 février 2009
Juste pour continuer dans la veine positive…
Prenez les choses comme vous voudrez : les saisons passent et, quoique je sois plus vieux que l’an passé à la même date, j’ai mes hormones. N’ayez crainte : je ne tiendrai ici que des propos convenables. Je veux parler de mes hormones de balade. Les biologistes ne les ont pas encore étudiées. J’apporte ma pierre à l’édifice de la science. Il s’agit de molécules à la fois subtiles et puissantes, qui créent chez moi une irrépressible pulsion. J’enfile mes chaussures et je marche. Mettons que c’est une migration animale. Je suis le péripatéticien de la fleur et de l’insecte. Je vais au hasard du rossignol ou de la salamandre. Je trouve mon chemin grâce au rayon de soleil, au lichen, au murmure de la source.
J’ai accompli, il y a quelques mois, une jolie balade au-dessus de mon hameau de Tincave. J’exagérerais si je parlais d’une Bérézina, mais ce n’en fut pas loin. Obéissant à l’oukase de mes hormones, j’ai enfilé mes chaussures. Je me suis cassé un ongle. Un lacet s’est brisé. Je me suis dit que ces mauvais présages ne choqueraient ni les renoncules, ni les mille-pattes. J’avais tort. Le ciel, la terre, les arbres, les bêtes se sont ligués contre ma pauvre personne. Mon horoscope était pourtant favorable.
En sortant du village, j’ai glissé sur le chemin de pierres. Cela ne m’était plus arrivé depuis le cours moyen première année. Mon coccyx a eu très mal. J’ai grimpé le sentier des frênes. Qui aurait supposé que la branche sous laquelle je passe depuis cinquante ans ploierait au point de m’entrer dans l’oeil et de me lacérer le nez ? J’étais à peine remis de mon éborgnement et de ma rhinotomie sauvages, qu’un escadron de moucherons s’est fourré dans ma bouche ; de sorte que j’ai pu me prendre pour le gobe-mouche soi-même. En arrivant à la forêt, j’ai voulu voir les fourmis : je les ai senties quand elles m’ont inoculé leur acide formique. L’instant suivant, j’ai dérangé une guêpe innocente. En détalant, je me suis pris le pied dans une racine. Ma cheville n’a pas voulu croire que ma jambe partait dans l’autre sens. Entorse et claudication consécutive : Talleyrand n’avait qu’à bien se tenir.
Je répète à longueur de temps que la nature est bonne. Elle est notre mère. Or, une mère ne saurait offrir autre chose à sa progéniture que des flots d’amour pur. Telle est la raison pour laquelle je me suis mis à siffloter en arrivant à la tourbière du vallon. Qui donc aurait pu me prévenir ? Au grand jamais, je n’avais entendu parler de cette faiblesse du sentier, ni de ce trou béant sous mes pieds. Je me suis englouti. L’eau du marais était glaciale, née de la dernière neige. Je me suis demandé de quelle façon je devais accueillir cette nouvelle preuve d’amour de Maman Nature. J’ai compris. C’était une médecine. Je n’avais, soudain, plus mal ni à l’ongle, ni au coccyx, ni à l’oeil, ni au nez, ni à la cheville, ni au doigt, ni même à l’âme. Grelottant, plongé jusqu’au cou dans la tourbière de mon enfance, tel un bébé dans une couveuse où l’on aurait juste oublié de brancher le chauffage, j’ai songé que mes hormones de la balade me donneraient, cette année encore, bien du bonheur.
Et dire que, de l’autre côté de cet écran, le lecteur croit que je marche en m’amusant !
La nature, elle aussi, peut parfois donner dans la blague puéril, ou on rit au dépend l’autre. Si elle était toujours bonne et gentille, elle serait ennuyeuse, belle mais ennuyeuse.
Martine avait peut-être raison : pourquoi désigner Yves comme chef? Un guide digne de ce nom ne se prend pas les pieds dans les racines…et ne conduit pas son troupeau dans les tourbières!
Bon, je ne résiste pas à ramener ma fraise. Yves est un artiste véritable, l’humour et le sérieux se mélangent très finement. Avec le sourire il nous démontre comment mère nature nous fait le « qui aime bien châtie bien » …Pas vrai, Anne-Marie ? Merci encore à vous Yves, je ferai attention où je mettrai les pieds.
Oh, les tourbières ce n´est pas si mal. On nous retrouverait dans quelques centaines d´années en parfait état de conservation. Sacs à dos, thermos, chaussures, appareils photos, jumelles, tout notre équipement ferait la joie des archéologues. Et peut-être découvriraient-ils aussi, dans le fin fond d´une besace, un petit reste de la mondeuse dégustée pendant le pique-nique qui avait précédé la traversée des tourbières.
La nature, toute la nature, rien que la nature
Ite, missa est
Je me souviens que ma maman était fachée contre moi quelques fois… Yves a sans doute écrasé un moucheron ou trop circulé et pollué…
Dans la tourbe hier…J’ose en « tremblant », dans quoi demain?
Les joies de la promenade…je me souviens avoir fini involontairement dans une rivière jusqu’en bas du dos en voulant photographier une cascade depuis un rocher détrempé et glissant…heureusement j’ai sauvé de justesse mon appareil photo, et il n’y avait pas de témoins.
Si, si, il y avait des témoins : une écrevisse, une truite, un cincle plongeur, un martin-pêcheur, une libellule, etc. Tout le monde en rit encore, comme dans ma tourbière.
Merci pour cette bonne humeur.
@ Yves:
sans doute, mais comme ils savent rire en silence, mon ego en a été épargné…
Tu sais, Yves, si Maman Nature t’a taquiné de ses facéties, ce jour-là, c’est que dans sa grande bonté à notre égard, nous voraces lecteurs de ce blog, elle te permette de nous régaler une fois encore d’un te tes merveilleux, émouvants, poétiques et truculents récits. Merci à vous deux…
Si dans tes balades tu passe par le Var tu es le bienvenu à SAINT PAUL EN FORET 83 en souvenir de Chamonix
A ceux qui ont des envies de lecture et peut-être des réponses ou du moins des conseils à me donner.
Bonjour,
Je poste ce hors-sujet en commentaire de cet article fort poétique (il est très agréable de lire des articles scientifiques, sérieux, enragés, mais toujours poétiques)
Je viens donc ici poser un problème qui peut être a ce jour n’a pas de réponse.
J’ai bientôt 20 ans et je suis étudiante en biologie, donc une apprentie biologiste (je précise, la science de la vie). Mes passions et projets d’avenir désespérés sont l’écologie comportementale et la biologie de la conservation, car je ne peux étudier le comportement des animaux et ignorer que la plupart ont un avenir plus que sombre. Le problème est le suivant : Comment pratiquer une science, une passion, être actif dans ce que l’on défend avec un monde scientifique tel en France et dans le monde ?
Comment être actif dans les domaines de l’écologie et de la biodiversité sachant que ces deux termes deviennent totalement décrédibilisés puisqu’à la mode, dans la bouche de tous les politiques, dans toutes les campagnes de pub…etc. (On ne met plus une blonde en bikini sur le capot des voitures maintenant pour les vendre, mais on colle le véhicule dans une forêt, avec des oiseaux qui semblent parfaitement heureux de respirer les gaz de son pot d’échappement).
Auprès de qui recevoir des conseils quand la majorité des chercheurs ne voient pas plus loin que le bout de leur microscope, quand les filières en écologie et environnement proposées en France sont toujours plus ou moins liées à l’industrie (ce qui n’est pas prêt de s’arranger avec les nouvelles réformes en cours), et donc forcément pas en accord avec ma vision de la biodiversité et des écosystèmes, et les façons de la préserver.
Lorsque votre but est d’aller auprès des peuples pour leur expliquer comment il est possible de cohabiter près de grand prédateurs, pourquoi cette forêt est étroitement liée à leur survie, parce que vous les avez observés et étudiés, (ma vision principale de l’écologie comportementale et de l’environnement) on ne vous propose que des stages en labo où vous passez vos journée à torturer des chats et des macaques, et où ils espèrent établir je ne sais quelle conclusion sur tel ou tel comportement.
Rappelons également, et c’est un problème pour certains étudiants (ou pas d’ailleurs), qu’à 19 ans on n’est pas crédible, on n’a pas notre mots à dire, et nos idées sont d’avance foireuses quel que soit le mal qu’on se donne pour les faire entendre.
Car c’est bien connu, à 19 ans, si l’on veut aller en Guyane, ce n’est pas pour étudier/protéger les écosystèmes tropicaux, mais pour passer de bonne vacances.
On n’est pas tous comme ça.
D’ailleurs une question, si on ne donne pas leur chance à des jeunes qui sont motivés et qui ont des idées, on va laisser faire qui ? Les politico-écolos à moitié vendus qui vont de meeting en meeting en jet privés ? Les ministres ?
Oui, car si on ne s’appelle pas Hulot( que je respecte par ailleurs), qu’on est pas grisonnant avec un CV en or massif et des amis bien placés, il est TRES difficile de décoller de sa petite ville, de son université, pour être actif, surtout si on n’a pas beaucoup d’argent. Savez-vous combien coûtent les missions d’éco-volontariat ?
Bien sûr on me dira, fais tes preuves, passe tes diplômes, et après reviens nous voir (ce que je fais, en bonne étudiante française bien élevée,), mais après, quand je reviendrai les voir, on en sera où ?
A travers cet article, je ne pleure pas sur mon sort, puisque pour moi la bataille est déjà engagée, mais je suis consternée par ce qu’on fait de la science, notamment de la biologie, qui, très loin de s’occuper du sort du vivant, préfère accumuler de façon grotesque des informations sur des tonnes de molécules, des gènes, des protéines, sans penser à lier entre elle ces informations, comme sont liés tous les êtres vivants sur cette planète. La société de consommation est perceptible à travers les sciences, on accumule, on accumule, et on gaspille.
Je suis d’accord pour dire que la majorité des jeunes étudiants n’en ont rien à faire de toutes ces préoccupations, qu’ils ont simplement hâte de trouver un labo privé et un gros salaire, mais pas tous. Et les rares qui ont des idées, ne peuvent que se les retourner dans tous les sens et se mordre les doigts de ne servir à (presque) rien dans leur combat.
Comment pratiquer la science de la vie, tout en la respectant, cette vie ?
Céline, étudiante à Nice. (barrier.celine@etu.unice.fr)
Allo maman bobo!
Protestez contre la plumaison des oies vivantes
10 février 2009, par Animauzine Seb > Lettres – Pétitions
MERCI à vous :
http://www.animauzine.net
Pour Pierre Locatelli :
Alors là, j’en reste assis ! Quarante ans après ! Bien sûr que je passerai un de ces jours par le Var, à bientôt…
Céline ce que vous vivez n’est pas propre à votre domaine scientifique.Je vous conseille de lire le livre de celui que certains nomment le nouvel Einstein : »Rien ne va plus en physique ! » de Lee Smolin.
En tous cas conservez votre façon
de voir les choses , vous êtes dans le vrai.
Il n’y a que le coupant du diamant de la jeunesse pour blesser les certitudes de tous les establishements.
Think and be different!!!
Pour Yves ,ce que vous avez vécu
lors de votre ballade poétique s’ apparente à ce que l’on appelle dans l’industrie la loi des LEM :
loi des emmerdements maximum sur une journée ou une affaire.
Pour Céline, ci-dessous, un lien internet qui à pour sujet : le (déclin) de la science…
http://www.syti.net/DeclinScience.html
Ci-dessous, encore un autre lien, qui a pour thème : « la science sans conscience » ou si vous préférez, la science au service de vils intérêts…,…
http://www.syti.net/Implants.html
Tout ça n’est pas très gai, je vous l’accorde, mais c’est assez instructif !… En tout cas, ça donne à réfléchir…
Vous êtes apparement une future scientifique, je vous souhaite bonne chance et bon courage…
Bien à vous.
Nicolas.
@Céline
Toutes les « sciences » ont pour finalité de « servir » l’homme, cet animal qui pense qu’il est au sommet de l’échelle du vivant.
Ignorant et souvent cruel, il a oublié qu’il doit sa vie et survie à tous les organismes du vivant.
La crise écologique actuelle est le résultat d’une perception erronée du monde, dans laquelle l’homme se conçoit comme une partie INDEPENDANTE de la nature.
Je ne vois pas d’autre alternative pour vous que de démontrer quotidiennement votre amour et votre respect pour les malheureuses petites souris de laboratoire que vous allez devoir malheureusement martyriser.
Pour Céline:
Pour plusieurs raisons,que je développerai peut-être plus tard, je suis très sensible à votre témoignage, mais « malheureusement »,comme le dit Hifi, la voie que vous avez choisie vous obligera à faire des choix corneiliens. Si vous acceptez, malgré vos « réticences » , de sacrifier quelques vies animales pour obtenir vos diplômes, il vous reste encore une chance, minuscule,celle de trouver une voie qui fera avancer la science sans porter atteinte à la vie végétale ou animale.Une voie très étroite et difficile qui ne vous couvrira pas de lauriers et qui ne vous permettra pas d’acheter des montres de luxes!
http://www.antidote-europe.org/
Claude Reiss était chercheur au CNRS mais il me semble avoir lu qu’il avait eu d’énormes problèmes dans sa carrière de chercheur…
Bon courage.
Céline, je trouve votre (ton) intervention admirable. Est-ce que vous (ou tu ?) m’autoriserais à la rapatrier sur mon blogue ? J’aimerais beaucoup avoir ce témoignage dans une de mes boites …. (sans l’adresse bien sur) N’étant pas scientifique, je ne peux malheureusement t’être d’aucune aide. Simplement te soutenir car le chemin que tu empruntes me semble le plus escarpé et le plus difficile . Il me semble que tu n’as pas fini non plus de t’abimer le coccyx dans la pierraille , ni de t’entendre traiter de sorcière ….
Quand les scientifiques sont honnêtes, ils reconnaissent quelquefois que telle molécule utilisée dans le traitement de telle maladie est la même que celle utilisée dans la science des simples . Et qu’il ne font que vérifier une démarche scientifique différente de la leur. Mais il est plus couramment admis que le seul éclairage possible soit celui du microscope électronique. Comme si les fleurs n’étaient pas constituées de molécules , ou comme si ces grosses molécules de protéines n’étaient pas, en fin de compte, des animaux qui souffrent …
Le blogue c’est celui du bas de la liste d’yves à droite. vero le blaireau .
Bon courage ….en tous cas tu n’es pas si seule !
@ Véro :
« Est-ce que vous (ou tu ?) m’autoriserais à la rapatrier sur mon blogue ? »
Oui oui bien sûr.
Bonjour, Je tiens à dire tout d’abord que je vous admire. J’ai pendant longtemps cherché un être pensant et réfléchi qui puisse m’orienter et m’aider davantage dans la vie, défendant les idées et les valeurs primordiales que j’encourage à défendre. Actuellement en première L, je participe à un concours d’éloquence et je souhaiterais parler de la société d’hyperconsommation. Pourriez-vous me donner quelques conseils? Je vous remercie à l’avance.
Cordialement
Bonjour, Camille !
C’est gentil de me dire tout ça, mais très immérité. Quant à l’hyperconsommation, il me semble que j’en parle du mieux que je peux (je ne vais pas me répéter ici) dans « Sortie de secours », notamment aux chapitres « Le bonheur est dans le peu » et « La décroissance enchantée »… Aux éditions Arthaud et (en livre de poche) chez J’ai lu, pas cher, 4,80 euros…
Merci Céline…
Pour en revenir à la Nature, elle nous offre parfois, souvent même , des moments d’émotion pure…Cette semaine, une mésange bleue s’est assommée sur une vitre de notre véranda, trompée sans doute par des reflets.
Afin de la protéger de nos quatre chats, je l’est prise dans le creux de mes mains, jusqu’à ce qu’elle recouvre ses esprits. Puis je l’ai posée dans l’olivier plusieurs fois centenaire (dont j’aimerais bien entendre les souvenirs) qui est le roi de notre petit jardin… Je ne sais pas si je peux joindre une photo à ce texte. J’essaie tout de même.
Raté…
Vous aurez rectifié: »je l’ai prise »…
Est-il impossible de joindre une photo?
Céline : Comme tous ici, merci de ce courage et de cette volonté. aucun conseil à vous donner, vous saurez vous battre, j’en suis certain.
à tous : Mère nature ne met pas que des croc en jambes aux marcheurs, elle donne aussi du bonheur. Yves parfois parlait avec toujours le même talent de son affection pour son petit fils, là bas, au Japon, il saura ce que je ressens aujourd’hui, car mère nature, par l’intermédiare de ma fille, vient de nous donner un petit enfant. Ma deuxième petite fille vient de naître en ce quinze février. Ce sont là des émotions indescriptibles… bienvenue chez les humains petite Chloé… Chez les humains… Pas si facile d’y vivre. Et je prends encore plus conscience des idées magnifiques de Céline, de la grandeur des pensées de Yves, de vous tous, légitimes amoureux de la vie vraie. Ma première petite fille m’avait donné envie de combattre la saleté, là, c’est encore plus de volonté qui m’est accordée par cette autre naissance. Je veux leur laisser une vraie belle terre. Aux miens, comme aux vôtres.
Pour Patrice:
Une grande brassée de fleurs et de bonheur liée de quelques rayons de soleil pour le petit bout de demoiselle arrivé chez vous.
Ce qui est étrange, avec les naissances, c’est qu’elles sont toujours accompagnées d’au moins autant de crainte que de joie. Pendant longtemps, on redoutait la tuberculose, la variole, la coqueluche, que sais-je ? Maintenant, notre angoisse, c’est l’avenir de ces petites et petits sur une Terre saccagée et polluée. Ah ! condition humaine…
Bienvenue à Chloé, donc, en espérant que tout ce qui nous effraie pour le XXIe siècle n’est que construction fantasmatique de pessimistes professionnels au cerveau déjà grignoté par mister Alzheimer.
L’autre jour, malgré le froid, j’ai aperçu une violette en fleur sous le rocher proche de l’oratoire de Tincave : violette en hiver, espoir ! Je l’offre à Chloé.
Chloé, »la verdoyante » , »herbe naissante »,Quel jolie prénom !
Belle ballade à toi Chloé!!!
Pan sur les doigts pour le « e » de joli
L’art d’être grand-père (1877).
Victor Hugo (quelques extraits).
JEANNE FAIT SON ENTRÉE :
Jeanne parle; elle dit des choses qu’elle ignore;
Elle envoie à la mer qui gronde, au bois sonore,
A la nuée, aux fleurs, aux nids, au firmament,
A l’immense nature un doux gazouillement,
Tout un discours, profond peut-être, qu’elle achève
Par un sourire où flotte une âme, où tremble un rêve,
Murmure indistinct, vague, obscur, confus, brouillé,
Dieu, le bon vieux grand-père, écoute émerveillé.
L’AUTRE :
Viens, mon George. Ah! les fils de nos fils nous enchantent,
Ce sont de jeunes voix matinales qui chantent.
Ils sont dans nos logis lugubres le retour
Des roses, du printemps, de la vie et du jour!
Leur rire nous attire une larme aux paupières
Et de notre vieux seuil fait tressaillir les pierres;
De la tombe entr’ouverte et des ans lourds et froids
Leur regard radieux dissipe les effrois;
Ils ramènent notre âme aux premières années;
Ils font rouvrir en nous toutes nos fleurs fanées;
Nous nous retrouvons doux, naïfs, heureux de rien;
Le coeur serein s’emplit d’un vague aérien;
En les voyant on croit se voir soi-même éclore;
Oui, devenir aïeul, c’est rentrer dans l’aurore.
Le vieillard gai se mêle aux marmots triomphants.
Nous nous rapetissons dans les petits enfants.
Autre extrait, très joli aussi…
« Je prendrai par la main les deux petits enfants;
J’aime les bois où sont les chevreuils et les faons,
Où les cerfs tachetés suivent les biches blanches
Et se dressent dans l’ombre effrayés par les branches;
Car les fauves sont pleins d’une telle vapeur
Que le frais tremblement des feuilles leur fait peur.
Les arbres ont cela de profond qu’ils vous montrent
Que l’éden seul est vrai, que les coeurs s’y rencontrent,
Et que, hors les amours et les nids, tout est vain;
Théocrite souvent dans le hallier divin
Crut entendre marcher doucement la ménade.
C’est là que je ferai ma lente promenade
Avec les deux marmots. J’entendrai tour à tour
Ce que Georges conseille à Jeanne, doux amour,
Et ce que Jeanne enseigne à George. En patriarche
Que mènent les enfants, je réglerai ma marche
Sur le temps que prendront leurs jeux et leurs repas,
Et sur la petitesse aimable de leurs pas.
Ils cueilleront des fleurs, ils mangeront des mûres.
Ô vaste apaisement des forêts! ô murmures!
Avril vient calmer tout, venant tout embaumer.
Je n’ai point d’autre affaire ici-bas que d’aimer. »
Bien à vous Patrice.
Nicolas.
Coincée par des problèmes de santé, je ne puis marcher dans la nature depuis quelques mois. C’est passager, j’espère et cela me démoralise sérieusement, comme vous vous en doutez, Yves.
Or, voilà t-y pas qu’un des oiseaux qui volettent autour de chez nous a heurté les vitres de la maison et s’est posé sur une branchette à portée de main. Comme il ne bougeait plus, je suis allée le prendre délicatement dans mes mains avant que mes 4 chats ne le repèrent. Je l’ai déposé sur l’olivier millénaire près de notre petite maison et j’ai pu photographier la mésange bleue, de très près. au bout de cinq minutes environ, elle est revenue à elle et s’est envolée.
La nature était venue à moi qui ne pouvais plus aller à elle…
Vous aurez tous noté que Luri et Lurette sont dans le même bateau, pardon dans le même cabanon, et je n’avais pas lu son commentaire…
Hou là là, merci à tous, La violette, Victor hugo quel maître, l’herbe verdoyante, un « e » de plus, sans gravité bien sûr, et lire aussi qu’une mésange a été sauvée, photographiée dans un olivier centenaire, luri et lurette etc. L’émotion continue, mais la raison aussi. Yves, vous avez raison. Merci de votre gentillesse à tous.
Bienvenu au petit d’homme et félicitations aux parents et aux grands parents!
Jolis texte et peintures :
Le petit d’homme : Belles plumesJacques Lacan disait que le petit d’homme naît prématuré. … Petit d’homme dit qu’on met au monde des petits comme le fait n’importe quel animal à quelques …
bellesplumes.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/20/le-petit-d-homme.html – 42k -
le lien:(nouvel essai…)
http://bellesplumes.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/20/le-petit-d-homme.html
Merci pour le lien, Anne-Marie, c’est très beau, en effet !
Le message que j’avais laissé pour le bébé paccalet peut servir pour la petite chloé, mais où est-il ? Seul le grand-père pourrait le retrouver dans ce fouillis! D’ailleurs il peut servir pour tous les bébés du blogue
Pour patrice : Le billet est bien rangé dans la catégorie paccalet! décembre 2007.
Merci Véro, je suis allé voir, dommage que je ne puisse pas mettre de photo ici …
Pour un monde meilleur:
Nous qui rêvons un monde plus humain pour nos enfants ,le monde bling bling suggère une nouvelle valeur:
Si à 50 ans, on n’a pas une Rolex, on a raté sa vie »
Pour Patrice le Tourangeau,
Pour la photo, sur ce gestionnaire de blogs, c’est assez compliqué, il faut que je m’y colle moi-même, je peux essayer mais il faut que je l’aie sur ma boîte mail.
Zut, quand on gambade allègrement vers la soixantaine, cela vous fiche le bourdon d´apprendre qu´on a raté sa vie. Complètement déboussolée par cette petite phrase de Monsieur Jacques Ségala, je cherche désespérément dans mes affaires depuis ce matin, j´ai tout retourné pour voir si, par hasard, une Rolex ne traînait pas quelque part dans un tiroir, même une toute petite, même une, faite dans l´atelier d´une centrale pénitentiaire chinoise, cela suffirait. Rien, rien, rien, ni plus que des Ray Ban d´ailleurs. Bon, les Ray Ban ce n´est pas trop grave, je ne passe pas mes vacances à Megève. Pour la Rolex, c´est plus difficile à gérer, va falloir augmenter la dose de Prozac.
Coucou Yves, ne vous en faites pas pour l’histoire de photo, c’était pour dire … je la trouve tellement mimi la petite Chloé.
Quant aux rolex, Cher Bernard, j’ai lu cette remarque en effet. Alors moi aussi, selon ces critères, j’ai raté ma vie. Il est vrai qu’avoir un sablier sous la manche de chemise n’est pas très pratique non plus, ou un cadran solaire à la rigueur. Chacun son truc pour écraser de sa supériorité, certains ont choisi la voiture …
Ben moi, c’est godasses de rando, pattes poilues ( déconseillé aux dames )et chapeau ringard ! voilà !!!
Bonjour les amis!
J’ai le coeur en fête ce matin!Disons que je suis moins pessimiste que d’hab!Pourquoi? Je viens de tomber sur un article écrit par Jean-Claude Guillebaud (TéléObs ciné n°2310 février)qui prouverait que les « prêches » d’Yves et de ses rares collègues « écolos » commencent à percer!
Que le NouvelObs , qui chaque semaine, nous bassine avec ces pubs « modes et tendances »( rolex etc …)accorde une page à Guillebaud sur « L’injonction paradoxale » ça fait du bien même si ce n’est pas suffisant, hélas…Dommage que je ne puisse pas vous scanner l’article (que certains ont peut-être déja lu) …juste le titre et quelques passages :
« Entre les nécessités écologiques et les mirages consuméristes, il faudra bien un jour choisir »
« Si l’on met bout à bout ce qu’on entend , au sujet de la crise , à la radio et à la télévision, on obtient un discours assez étrange.Il a ceci de paradoxal qu’il frise en permanence la schizophrénie. il est m^me porteur des ce que les comportemantalistes de l’école de Palo Alto et notamment l’anthropologue Gregory Bateson appellent le « double bind » la double contrainte ou l’injonction paradoxale »….
Conclusion : Alors? Le regretté André Gorz avait bien vu qu’entre les impératifs économiques de base et l’hystérie consumériste,il existe une incompatibilité absolue. Les deux projets sont contradictoires. Absomument. Ils se ridiculisent l’un l’auitre. ils relèvent de la double contrainte ».Pour le moment , on fait encore semblant de ne pas voir.On fait mine de croire que nous pourrrons être à la fois économes et gaspilleurs. Schizophrénie en effet. »J.C G.
A bientôt!
A vous d’en rajouter une louche en écrivant au courrier des lecteurs :courrier@teleobs.com…
Yves écrit ou a écrit de temps en temps des articles dans le NouvelObs…Peut-être pourrait-il intervenir plus efficacement que nous?…
Martine. A partir de la cinquantaine si on est pas relax, on rate sa vie. Qui sont Ray Ban et Prozac?
Patrice. Godasses de rando, pattes poilues et chapeau ringard !Ce doit être impressionnant vu en contre jour ! Je blague. Félicitations pour Chloé ! A propos de naissance, l’Ophrys Abeille, en début d’éclosion est une pure merveille; J’y vois un nouveau né dans son berceau.
Autre bonne nouvelle (toute relative): relance du projet de parc national pour les calanques de Marseille-Cassis. Mais toute relative, je dis, car on ne peut trop espérer l’avis favorable d’un premier ministre fan de vroum vroum sur la création d’un parc dans l’idée duquel est contenue analytiquement l’interdiction de tout type de loisirs motorisés…
Pareil ! Bientôt un demi bien frais… (un demi de siècle) Et moizaussi ! Je fais partie du lot de ceux qui ont raté leur vie ! Et j’en suis bien content ! Parce que si le passage obligatoire dans une vie est d’avoir une Rolex et bien c’est triste ! J’aimerai bien connaître l’inventaire complet de « Celuiquiaréussisavieblingbling ».
)
Et le GPS TomTomGO il en faut un aussi ?
Et les collections Altaya ?
Pourquoi faut-il que nous ayons tous les voitures et camions de pompier à travers les âges ???
Quel intérêt d’avoir, chacun, la même collection ? Quel intérêt d’avoir des collections ??? Et son fascicule…
Le bonheur dans la vie, avant 50 ans, avant d’avoir la Solex, avant d’avoir les moyens de se l’offrir, avant de n’avoir comme but ultime ce Graal, c’est… La collection ! Attention, il faudra ensuite acheter la vitrine pour la mettre en valeur dans le salon.
Imaginez la joie du collectophile, quand ses amis s’extasient devant une telle merveille, aux couleurs chatoyantes… Et des explications de l’heureux propriétaire, qui après des mois, sans avoir manquer une seule parution, vous fait la soirée sur le sujet… Que du bonheur vous dis-je… Après le pré, le bonheur est dans la collectionnite aiguë !
Allez, bientôt la fin de semaine et comme disent les Quebécois si je peux mettre mon chapelet sur la corde à linge, j’irai collectionner, à pieds, les étangs de la Brenne… Quand j’en reviendrai, je n’aurai rien dans les poches ni en vitrine mais sûrement encore de belles images dans les yeux… Les cistudes, le papillon cuivré de marais, les guifette moustac, la Caldésie à feuilles de Parnassie, les orchidées…
En photo là : http://www.parc-naturel-brenne.fr/nature/faune-flore/index.html
Comment ça ce n’est pas très consommateur-citoyens ? Ah bah zut alors !
Ah ! l’ophrys abeille, vous avez raison, Stan, maintenant que vous le dites. je tâcherai de mettre cette vision en photo ce printemps.
Eric, vous êtes dans la Brenne ? Je n’en suis pas si éloigné, et aller voir une cistude, oui, ça vaut le déplacement; je rangerai mes pattes poilues ( forts jolies au demeurant ) dans un pantalon, car les moustiques aiment beaucoup mon sang labellisé bio. Et merci pour le lien, il est chouette. Je conseille aux amateurs de voir également le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, j’y vis, et il est bien également.
bon, je vous laisse, mon sablier de précision Suisse pour ceux qui ont raté leur vie me dit qu’il est l’heure d’y aller …
Paysages sublimes, nature sauvegardée, air pur, ciel bleu, animaux sauvages et animaux de la ferme, Féerie de la Forêt, fleurs sauvages, ail des ours, parfums des sous-bois en été, renards, sangliers, martres, cerfs bondissants sur les pentes, panoramas grandioses, chevreuils, biches, faon, écureils malicieux, petites grenouilles, crapauds, petits ruisseaux, cascades de plusieurs mètres de haut, pie, lézards coureur de sprint, chouettes, chauve-souris, campagnol, traces d’animaux dans la neige, hérons, hérissons, mésanges, merles, perce-neige, colchiques, myrtilles sauvages, , framboises sauvages, fraise des bois, rapaces diurnes, des lynx aussi, mais personnellement je n’en ai encore jamais aperçu !… Rouges-gorges, chamois, etc,… Beauté des bois…
Nature Majestueuse !… Beauté des cimes !… Féerie !… Tout ce dont je vous souhaite… A vous toutes et à vous tous…,…
Bienvenue dans un cadre de nature inoubliable, bienvenue dans le « Parc Naturel régional des Ballons des Vosges »… Bienvenue chez moi !…
Pour celles et ceux qui ont beaucoup de temps, je vous mets un lien internet pour découvrir tout ça…
Cliquez pour entrez sur le site du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, puis cliquez sur « Réserves naturelles », après cliquez sur « réserve naturelle Massif du grand Ventron » (c’est ici mon univers !)…
Cliquez enfin sur « patrimoine naturel », celui-ci est divisé en 5 parties : les forêts, les tourbières, les chaumes, les falaises et éboulis, et enfin l’eau ! En cliquant sur ces différentes parties, vous découvrirez des textes qui vous feront découvrir la faune et la flore du côté de chez moi, etc… !
Le tout illustré par des photos…
http://www.parc-ballons-vosges.fr
Nicolas, clin d’oeil; Veintron…Pas Ventron !
Stan,
Ray Ban et Prozac sont à notre société ce que les orgies étaient à la civilisation romaine en pleine déconfiture: à vomir!
Ah ! Le Grand Ventron, et plus généralement les Hautes-Vosges… J’y ai fait quelques balades des merveilles. La hêtraie-sapinière, le lycopode inondé et la drosère carnivore des tourbières, la gélinotte des bois et le grand tétras, la pulsatille du printemps sur les hautes chaumes, la belladone et ses fruits bleu-noir, hallucinogènes et empoisonneurs… Les traces de lynx (?) dans la boue. Le chamois et la gentiane bleue… Sans oublier la ferme-auberge du Grand Ventron, après l’effort !
Hors sujet, mais très instructif:
Darwin aurait souhaité le prouver.
Lien :http://www.hominides.com/html/theories/preuve-evolution-lezard.php
Je viens de remarquer que je mettais 2 L à balade.Certainement que mes partitions, mon séquenceur musical en sont la cause.
Comme punition ,lors de ma prochaine balade je siffloterais « la ballade des gens heureux »
Cher Monsieur,
Après avoir créé et animé le réseau Who’s Alpes (acteurs et décideurs des Alpes du nord, 38, 73, 74 et suisse francophone), j’ai développé un support complémentaire dédié à la thématique du développement durable : Dur’Alpes
C’est un support de presse web qui touche à ce jour plus de 6200 lecteurs identifiés : responsables, cadres d’entreprises et de collectivités, hommes politiques, aménageurs de montagne, universitaires, journalistes…
Ce n’est ni un journal savant, ni un journal militant, mais tout simplement un hebdomadaire de presse spécialisée qui apporte un éclairage sur une problématique grandissante traitée à travers des articles comme celui de l’eau, du tourisme, de la gouvernance, du réchauffement climatique… dans les Alpes.
Sa particularité est de faire intervenir les acteurs alpins. Ceux-ci témoignent de leurs actions en termes de développement durable. Par ailleurs les articles de fond rédigés par des experts enrichissent la réflexion. Cela constitue une grande diversité d’opinion.
Nous avons ouvert un dossier généraliste : approche critique du développement durable, à qui il profite et à qui il devrait profiter, ce qu’il ne faudrait pas rater, perspectives…
Plusieurs auteurs référents en termes historique (Dominique Levet), économique (Bernard Maris et Léon Dayan), politique (Christian Brodhag), d’environnement (Claude Lorius) et de territoires – liens entre DD et Territoire (Hervé Gumuchian), vont nous offrir leur plume.
C’est plus particulièrement sur l’approche sociologique et/ou philosophique que je souhaiterais vous solliciter.
C’est à dire, si vous en êtes d’accord :
- en quoi la situation actuelle nous interroge sur le lien entre bonheur et accumulation de besoin, mais aussi sur le risque que l’humanité disparaisse,
- en donnant des perspectives ou au mieux quelques pistes positives.
Je reste cependant à l’écoute de suggestions qui vous paraitraient plus pertinentes.
Chaque article fait l’objet d’une lettre hebdomadaire diffusée tous les lundis.
A la fin de ce dossier, les articles seront réunis dans un fascicule qui sera distribué à l’ensemble des collectivités et des groupements syndicaux (patronaux et salariés) (38 – 73 – 74 – suisse francophone). Ce fascicule sera complété par un certain nombre de conseils et références techniques. Ceux-ci constitueront une deuxième démarche de sensibilisation.
J’espère vivement que vous puissiez nous faire l’honneur de vos réflexions, de vos critiques et de vos conseils.