
Dauphin commun, Pico, Açores.
28 mai 2009
Puisque j’en reviens, cette « impression dauphins » aux Açores… Pour nous faire oublier le flop en cours ou annoncé du Grenelle de l’Environnement, du Grenelle de la Mer, de la conférence sur le climat de Copenhague, et de l’humanité en général !
Au milieu de l’océan Atlantique, près de l’île de Pico, dans l’archipel des Açores… On dirait que des paquets d’écume bondissent dans l’écume. On jurerait que des fragments de vagues se figent un instant, puis se propulsent vers l’avant à une vitesse phénoménale.
Ce sont des dauphins ! Des dauphins communs, Delphinus delphis, les protégés du dieu Apollon… Ils nous font un bout de conduite. Je les reconnais à la tache bizarre de leur flanc, en forme de signe mathématique de l’« infini », jaune, gris, noir et blanc. Ils nous narguent. Ils se moquent de nos peines de terriens inadaptés à la fureur de l’eau. Ils incarnent la beauté, l’élégance, la vitesse, la perfection de la nage. Ce sont les esprits de la mer.
Les princes des vagues… Ils font du surf dans les rouleaux. Ils enchantent les lames. Ils chevauchent l’océan. Ils avancent par escouades. Impossible de dire s’ils sont vingt, trente ou cinquante. Ils émergent et soufflent. Ils ondulent sous la surface. Ils bondissent. Ils s’élèvent d’un ou deux mètres dans l’atmosphère, torpilles de chair qu’un nimbe de gouttelettes rend magiques.
Nous avons le radar : les dauphins disposent de leur sonar. Cet équipement biologique leur permet de pratiquer l’écholocation. Ils « voient avec leurs oreilles ». Ils décèlent à un mètre, en pleine obscurité, un fil de fer d’un dixième de millimètre de diamètre. Cet organe des sens leur offre non seulement une représentation acoustique précise du monde, mais (puisqu’il s’agit d’un dispositif d’échographie) une image de l’intérieur du corps de ceux qu’ils saluent. Les dauphins regardent battre le cœur du nageur qui les rejoint dans l’océan. Ils voient le bébé dans le ventre de sa mère !
Filez et bondissez, beaux cétacés ! Réjouissez-vous de la folie des éléments ! Riez des hommes, ces vaniteux primates que leur technique finit toujours par trahir, et qui en sont encore bien souvent réduits à scruter les nuées d’orage pour entrevoir un phare !
Publié dans la catégorie mer par Yves Paccalet le 28 mai 2009.

Papillon, Amazonie, Equateur.
15 mai 2009
Je reçois ce mot de François Veillerette, président du MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures), dont vous avez sûrement lu le bouquin (cosigné avec Fabrice Nicolino) : « Pesticides : révélations sur un scandale français ». Je vous mets en premier commentaire de ce billet le texte de la pétition qu’il nous demande de signer, et que j’ai évidemment signée.
Bonjour,
Vous savez peut être déjà que le MDRGF est attaqué en justice pour avoir osé faire analyser des raisins de table et avoir – plus grave encore – publié les résultats en dénoncant la présence de très nombreux résidus de pesticides dans les grappes testées ( plus de 8 en moyenne par grappe, jusqu’à 16 dans le même échantillon !!!). On nous accuse de dénigrement et les producteurs de raisin de la FNSEA nous demandent la modique somme de 500 000 euros ! Notre existence et plus encore la liberté de contre expertise et d’expression sont en jeu dans cette affaire. Voir le doc joint pour plus de détails.
Comme nous savons que, comme nous, vous vous battez pour notre environnement et notre santé, nous nous permettons de solliciter votre soutien dans cette affaire.
Toutes les modalités de soutien sont précisées, elles aussi, dans le document joint.
D’avance grand merci pour votre aide si précieuse !
A bientôt !
Cordialement,
François VEILLERETTE
Président du MDRGF
Tel: 06.81.64.65.58
mdrgf@wanadoo.fr
Publié dans la catégorie pesticides par Yves Paccalet le 15 mai 2009.

Humberto, Indien Huaorani, Equateur.
5 mai 2009
Pas trop le temps, ces jours-ci. Je suis en charrette pour finir « Le Grand roman de la vie ». Dont je vous transcris ici un paragraphe, puisque ce blog a, semble-t-il (merci encore, Sébastien), surmonté ses petits coups de mou techniques…
Qu’est-ce que l’homme ?
Un être de hasard parmi des millions d’autres, né des particules élémentaires et des énergies du Grand Bang ; d’une supernova, du Soleil et du carrousel des planètes ; des comètes et des météorites ; de l’eau liquide et de la dérive des continents ; de l’acide désoxyribonucléique et de « luca », le dernier ancêtre commun universel ; des microbes et de l’oxygène rejeté par la photosynthèse ; sans oublier la magnétosphère, la couche d’ozone, l’invention du noyau et du sexe, la grande glaciation du Précambrien, notre ancêtre symétrique « urbilateria », la sortie de l’eau au Dévonien, les désastres de la fin du Primaire, les catastrophes du Secondaire, la résistible ascension des mammifères au Tertiaire, le lait, le poil et le gonflement connexe de ce gros cerveau qui nous permet, non seulement de raisonner et de nous connaître nous-mêmes (ô Socrate !) en observant le vaste monde (oui, Aristote !), mais de nous exterminer les uns les autres, en donnant à nos massacres les noms ronflants d’ »héroïsme » ou de « glorieux sacrifice » !
Quitte à faire ensuite de ces atrocités des œuvres d’art – une peinture d’Uccello, une symphonie de Beethoven, un roman de Tolstoï, un film de Coppola, un poème d’Apollinaire…
Avec un mot d’amour pour conclure !
Publié dans la catégorie philosophie par Yves Paccalet le 5 mai 2009.