31 août 2009
Il y a Claude Allègre : incompétent en écologie et démagogue expérimenté. Il est contre la taxe carbone, il explique qu’il faudrait la remplacer par beaucoup plus de bagnoles neuves (je schématise).
Il y a l’UFC-Que choisir ? Elle est contre la taxe carbone : ses responsables hurlent que c’est un « hold up fiscal ». J’ai l’impression d’entendre Jean-Marie Le Pen : c’est son vocabulaire. Plus démago, tu meurs.
Il y a Ségolène Royal : si elle arrive au pouvoir, je pense qu’elle prendra logiquement Claude Allègre comme ministre de l’Ecologie. Elle aussi est ennemie de la taxe carbone, quoique, comme candidate aux dernières présidentielles, elle ait signé le « pacte Hulot » qui la prévoyait. Et le Parti socialiste la suit (à l’exception de quelques courageux comme Vincent Peillon) ; et Martine Aubry renchérit : à bas cet impôt nouveau qui ne pèse que sur les pauvres.
La conjuration des démagogues compte chaque jour de nouveaux membres. Quand il s’agit de promettre au peuple qu’on rasera gratis, il y a du monde. Or de quoi s’agit-il ? Du chaos climatique en cours. De la simple survie de l’humanité au XXIe siècle… De cela, aucun mot, ni chez Allègre (évidemment, il n’y croit pas), ni chez les associations de consommateurs (pour lesquelles seul compte le fric, comme dans le cerveau des patrons de supermarchés), ni au Parti socialiste, décidément fidèle aux vieilles lunes productivistes, et qui ne chante qu’une seule rengaine : augmentons le pouvoir d’achat, c’est-à-dire la consommation de biens matériels.
Je vois mal se conclure une alliance PS-Verts : les idéaux des uns et des autres sur l’avenir de la Terre sont à l’exact opposé. Bon courage pour les prochaines élections.
Je suis spécialement en rage contre les socialistes : ce sont les pires. Leur démagogie est non seulement insupportable, mais contre-productive : en tout cas, avec un tel discours, ils n’auront jamais ma voix. Je ne me verrais pas représenté par eux aux discussion sur le climat de Copenhague… Ce PS d’opposition automatique en arrive à démontrer une seule chose : que Nicolas Sarkozy et son gouvernement, certes, ne se défoncent pas vraiment pour l’avenir des humains sur la Terre ; mais que, de toute évidence, ils en font davantage que la gauche.
Admirable résultat d’une stratégie dite « de reconstruction ».

Lever de Lune sur la Vanoise.
Publié dans la catégorie politique par Yves Paccalet le 31 août 2009.
24 août 2009
Extrait d’un livre en cours, Légumes oubliés d’hier et d’aujourd’hui, avec 125 recettes, coécrit avec Kathleen Paccalet, chez Hoëbeke, à paraître le 8 octobre prochain :
Le légume est un être vivant.
Il naît, vit et meurt pour nous. Il nous offre son énergie, ses saveurs, ses parfums, ses molécules, ses vertus médicinales… Il existe dans le temps. C’est un produit de saison : la tradition rurale nous le rappelle. Les leçons de l’écologie nous le confirment.
Le légume dépend de la terre, de l’air, de l’eau, de la glèbe qui l’accueille. Mais aussi de la mécanique céleste… Il résulte de cette magie astronomique qui fait tourner notre globe avec une inclinaison de 23 degrés 27 minutes par rapport à la verticale au plan de l’écliptique : ce « détail » est à l’origine de la ronde des saisons. Nous dépendons de ces lois. Nous tentons de nous en détacher en exaltant notre civilisation énergivore, polluante et ravageuse. Nous feignons de croire que ce gâchis durera. Mais si nous persévérons dans notre vanité, la nature nous ramènera à notre nature – avec pertes et fracas.
La terre jardinière a ses rythmes – son temps biologique, ses biorythmes. Ses périodes de naissance (ou de renaissance), de jeunesse, de maturité, de vieillesse, de mort… Notre planète danse sur la musique des quatre saisons. Elle nous emporte avec elle en tournant.

Carottes de collection.
Publié dans la catégorie nourriture par Yves Paccalet le 24 août 2009.
… quand tout se déglingue autour de nous ?
2 août 2009
Je reviens sur ce blog, que j’avais lâchement abandonné le temps de finir quelques menus bouquins d’automne dont je vous reparlerai forcément. Au total, avec Le Grand roman de la vie chez JC Lattès, ça fera cinq ! Combien de wagons de papier ?
Je suis allé l’autre jour inspecter la station de chardons bleus des Alpes (Eryngium alpinum) de Pralognan, en montant au col des Saulces. Peut-être la plus importante de France. J’en suis revenu… bleu de rage ! Cette espèce reste allègrement et massivement cueillie par de sinistres imbéciles, bien qu’elle soit totalement protégée ! J’en appelle au maire de Pralognan (Thierry Thomas) et aux gardes du parc national de la Vanoise. Sévissez ! Collez des amendes : les voleurs de beauté ne comprennent que la raison de leur portefeuille…
Après quoi, je me suis plongé dans le numéro d’août de « Science et Vie ». Une bonne nouvelle au début : « Le rire existe depuis plus de 10 millions d’années », avant la séparation des hommes et des grands singes. Puis tout foire grave, comme diraient les d’jeun’s. Une étude prouve que les bébés qui regardent la télévision acquièrent plus tardivement et plus mal la fonction du langage. Une autre démontre, chiffres à l’appui, que « les pays émergents sont devenus les plus énergivores » (bon courage à tout le monde pour Copenhague !). Puis on apprend qu’une nouvelle espèce de nuage a été observée (toute tordue, mais par quoi ?). On se voit confirmer que la déforestation des pays tropicaux ruine à tout coup les indigènes auxquels on avait promis les fastes du « développement » par le défrichage. Que le mercure polluait déjà les Incas. Que les récifs coralliens, outre qu’ils blanchissent, s’aplatissent et offrent moins de refuges aux animaux. Que le virus de la grippe A (H1N1) est un inquiétant melting-pot de gènes viraux porcins, aviaires et humains. Que les pesticides augmentent l’incidence de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs. Que « les océans sont malades du plastique » et que, dans le fameux « gyre » (tourbillon central) du Pacifique Nord, on pêche désormais 5 kilos de déchets de plastique par kilomètre carré, soit six fois plus que de plancton !
J’arrête la revue de presse. Comment pouvons-nous encore espérer quand tout se déglingue autour de nous ?
Il y a bien un embryon de réponse dans ce même numéro de « Science et Vie », pour ce qui concerne ma génération – un entrefilet intitulé : « Avoir un but maintient en vie les personnes âgées ». Raison pour laquelle j’écris tant de livres, et avec de secret espoir corollaire d’enfoncer un jour un bouquet de chardons bleus dans le derrière de celui (ou de celle : pas de sexisme hypocrite !) qui l’aura cueilli.
Il y a une autre bonne nouvelle, pour les ados cette fois : le gène de l’hormone de la puberté a été découvert. Moins de boutons d’acné ?

Chardon bleu et rhapontique scarieux, Pralognan.
Publié dans la catégorie science par Yves Paccalet le 2 août 2009.