30 septembre 2009
Le monde est complexe, nous sommes complexes, et quand deux complexités s’affrontent, cela donne… un sac de noeuds. Dans le genre, l’affaire Roman Polanski est exemplaire. Elle entremêle ce que nous estimons légitime, ce qui relève de notre expérience et ce qui tient à nos préjugés.
Tout d’abord, il y a la loi – mais elle-même est complexe. Un homme est accusé de relations sexuelles avec une mineure de treize ans. Il plaide coupable. Il a l’impression de s’être fait berner par son juge, qui le menaçait de cinquante ans de prison. Il s’enfuit. On l’arrête trente ans plus tard (laissons la question du « pourquoi en Suisse, pourquoi maintenant ? »). S’il est extradé, il devra répondre de ses actes.
Ensuite, il y a notre expérience : la justice américaine n’est impitoyable que dans les affaires de sexe et de terrorisme. Elle est littéralement obsédée par ces deux sortes de délits. Le reste (crimes de sang « ordinaires », crimes économiques…) est beaucoup moins sévèrement traqué et puni. Nous savons que les juges américains sont capables d’envoyer pendant des années des innocents au secret (et à la torture) à Guantanamo, hors de tout champ légal. Nous n’avons pas confiance lorsqu’un de ces obsédés réclame l’extradition d’un Polanski.
En troisième lieu, il y a nos préjugés. Là-dessus, nous varions selon notre histoire personnelle, nos représentations morales, sociales et culturelles. Certains disent que, célébrité ou pas, tout délit doit se payer. D’autres affirment que, trente ans après, ça n’a plus grand sens. D’autres encore font remarquer que la victime, Samantha Galey, aujourd’hui femme mûre, a retiré sa plainte après avoir été indemnisée par Polanski, et qu’il est incompréhensible que la justice américaine veuille poursuivre le coupable au-delà des réclamations mêmes de la victime.
Si je devais donner mon sentiment personnel, ce serait le suivant : je n’ai aucune confiance dans la justice américaine (sur ce sujet), j’espère que Polanski ne lui sera pas livré, et je me demande s’il serait possible (probablement pas !) de « transporter » le procès (ou la peine) dans un pays comme la France. J’admets fort bien qu’on me dise tenir au jugement en Californie. Je ne suis sûr que d’une chose : la solution sera mauvaise. A l’image de nos lois, de nos pratiques, de notre morale, et finalement de notre Histoire entière. L’espèce humaine est une désastreuse approximation qui se prend pour Dieu.

Adultes et consentants !
Publié dans la catégorie justice par Yves Paccalet le 30 septembre 2009.
17 septembre 2009
Plus léger que la fin des commentaires du dernier billet…
Elle s’appelle Miyuki Hatoyama, c’est la femme du nouveau premier ministre (démocrate) du Japon. J’avais fait sa connaissance par l’intermédiaire du blog d’un de mes brillants rejetons (soit dit en toute objectivité !) : http://tonique-revoltant.over-blog.com. On y apprenait comment cette bonne dame avait voyagé jusque sur la planète Vénus dans un ovni de forme triangulaire ; et que « l’endroit était très beau et très vert ». Vlà-t’y pas que l’aventure se corse. Selon Japan Today (voir Courrier International n° 984, 10-16 septembre 2009), elle a aussi rencontré l’acteur (scientologue) Tom Cruise (lui-même jadis japonais) dans une vie antérieure.
Puis Miyuki Hatoyama a enchaîné, dans une émission de télévision : elle a « mangé du soleil »… Il suffit d’en attraper des morceaux avec les mains, explique-t-elle en mimant : « Comme ça, hmmmm ! Ca me donne une immense énergie. Mon mari s’y est mis, lui aussi. »
L’espoir renaît. Les angoisses des écologistes sont balayées. Voilà résolus les problèmes d’énergie, de soif et de faim, et tous les autres. On ne pouvait rêver meilleure nouvelle. L’humanité est sauvée. Il lui suffit de manger du soleil. Y en aura pour tout le monde.

Publié dans la catégorie énergie par Yves Paccalet le 17 septembre 2009.
9 septembre 2009
Je vous le mets, comme un papa montre à tout le monde la photo du petit dernier…
Et avec un texte extrait de sa conclusion :
Ami lecteur, et toi, mon cher et vieux Lucrèce à qui je parle par-delà les siècles et le tombeau, me voici parvenu au terme du premier volume de cette histoire générale du monde, des êtres et des hommes.
J’ai tenté de répondre, aussi honnêtement que je le pouvais, avec la curiosité du philosophe et les arguments de la science, aux deux premières des grandes questions qui se posent à l’homme, dès lors qu’il est conscient d’exister et cherche à savoir quel est cet animal à gros cerveau dans lequel il habite, et qui lui offre le privilège du cogito :
– d’où vient l’univers ?
– d’où vient la vie ?
J’ai voulu développer, dans un même élan, cette philosophie que j’aime, que je caresse et que je baise depuis longtemps, et que j’appelle mon « matérialisme ironique » ou mon « matérialisme poétique ».
J’ignore si j’ai réussi ne serait-ce que l’ébauche de cette entreprise, dont je vois bien qu’elle participe de la folie mégalomaniaque. Mais je sais que ce labeur m’est indispensable ; que je ne pourrais pas rejoindre en paix le monde des molécules, où les amis sont rares, les plaisirs de la bouche peu fréquents et les délices du sexe encore moins assurés, sans avoir composé cette œuvre ambitieuse et modeste.

Publié dans la catégorie philosophie par Yves Paccalet le 9 septembre 2009.