24 janvier 2012
Vous vous souciez de moi et de mes livres avec une grande gentillesse : soyez-en tous remerciés… Le Grand Roman des hommes n’est pas en librairie pour la bonne raison que je n’ai pas achevé de l’écrire ! Les éditeurs (ici, JC Lattès) font des annonces de parution sur la base des promesses des auteurs. Qui sont des menteurs. Mais là, j’ai abusé. Je croyais en finir vite, je n’avance guère. Conjonction de facteurs négatifs : une authentique déprime littéraire après le mauvais traitement médiatique réservé par Arthaud au livre auquel je tiens le plus : Les Deux mamelles du bonheur. (Mais j’ai quand même commencé la suite.) Et du boulot quotidien (usant, répétitif, chronophage et énergivore) pour honorer mon statut d’élu régional. Qui pourrait devenir candidat aux législatives… Sans oublier d’autres chantiers : un grand film sur les ours du Kamtchatka (intitulé Terre des ours, à tourner cette année), une idée (en chantier, commencée elle aussi) de pièce de théâtre, un beau livre sur les Prairies fleuries, etc.
Pour Le Grand roman des hommes, j’espère réellement avancer dans les semaines qui viennent. Je vous en livre les premiers paragraphes, en « bonnes feuilles ».
Qu’est-ce que l’homme ?
– Rien.
Que croit-il être ?
– Tout.
Le philosophe paraphrase ici l’abbé Sieyès qui, à l’aube de la Révolution française, pose la question et y répond en parlant du tiers état. Hélas ! Le genre humain incarne un tiers état sans noblesse.
Homo sapiens se prend pour tout : il n’est rien. Or, c’est cette créature vaniteuse que le penseur se propose d’observer… Mission impossible ! L’homme n’a acquis le langage abstrait, le logos qui le distingue des autres bêtes, que pour mieux se mentir à lui-même et abuser ses semblables. Il aime se raconter des histoires et tromper son prochain. Le scientifique ou le philosophe ne sont, ici, pas différents du bateleur de foire ou du candidat aux élections.
Qu’il soit ego cartésien, roseau pensant pascalien ou pilier de bistrot, l’homme se prend pour le sommet ou l’achèvement de la création. Il se conçoit comme une espèce sans égale, pour ainsi dire parfaite, non seulement supérieure aux autres, mais qui donne son sens au cosmos. Certains idéalistes (jusqu’où n’iront-ils pas ?) suggèrent que l’univers aurait besoin de la conscience humaine pour exister : faute d’être pensé par Notre Suffisance, le réel ne serait pas ! Devant de tels délires, le matérialiste comprend qu’il a du travail à abattre. Il peut, heureusement, recourir à l’humour ; par exemple, concocter une mixture d’Alexandre Vialatte et de Salvador Dali, et proposer la définition suivante : l’homme est un individu au chapeau mou qui attend le train de l’éternité en gare de Perpignan, c’est-à-dire au centre du monde.
Milieu du monde
Centre de l’homme
Nombril d’Adam

Yves, si c’était juste pour nous faire baver, c’est gagné !… Mais ça va pas suffire !
J’aimerais aussi encourager notre auteur à continuer à nous écrire des essais et des romans mais je ne sais pas comment le dire!!!
Bon courage?
« Formule qui permet de quitter son interlocuteur en ayant l’air de compatir à son sort, qu’on juge trop ordinaire ou tristement banal : le boulot, la famille, la maison, la bagnole, les voisins, les impôts…
« Bon courage! » pourrait s’adresser, au sens fort à ces fameuses « générations futures « dont chacun fait mine de se préoccuper pour mieux ne rien sacrifier de son confort immédiat. » (« Les mots pour le pire » Dictionnaire énervé de l’écologie Yves Paccalet)
Bonne continuation?
Encouragement ridicule, proféré par un individu qui se moque comme de sa première couche-culotte de l’avenir de celui à qui il s’adresse. L’exclamation signifie en fait : « Bon débarras! »
Cloportes, cancrelats, scorpions, araignées et rats, mes frères, saluons l’humanité d’un définitif sonore ; bonne continuation! » autrement dit : « Bonne disparition »
(« Les mots pour le pire » Dictionnaire énervé de l’écologie YP)
Une réflexion que m’évoque notre société soit : » le développement de l’être et le consommer dans l’avoir… » tout le problème de la démesure et de tous les désordres engendrés !.. à bientôt de vous lire
On se débat, on s’autojustifie. Mais l’être humain n’est rien et rien est encore trop !
« Etre libre, c’est s’exercer à n’être rien. » (Cioran)
dystopie ou utopie:
http://www.latribune.fr/blogs/inside-davos/20120126trib000680603/les-raisins-de-la-dystopie-avec-nouriel-roubini.html
Très belle, la citation de Cioran, et ô combien juste.
Qu´il serait doux de pouvoir rêver du jour où l´être humain la ferait sienne!
C’est la déprime!
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/312711-francois-hollande-oublie-l-ecologie-une-fois-de-plus-eva-joly-ou-etes-vous.html
Sauvez les abeilles ? Et pourquoi ne pas aller plus loin? Pourquoi ne pas dénoncer toute souffrance animale , celle des poules ou des porcs en élevage industriel ou celle des taureaux massacrés dans les arènes…Allez un effort!
http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/28/ecologie-francois-hollande-s-engage-a-ouvrir-une-conference-environnementale_1636011_1471069.html#ens_id=1635987&xtor=RSS-3208
Allez, très sincèrement : courage Yves ! N’oubliez pas que vous êtes le modèle de « jeunes » auteur(e?)s qui rêvent devant votre bibliographie
Je ne sais jamais s’il faut ou non mettre un « e » à auteur lorsqu’il s’agit du féminin…
Quant à ce fameux livre Les Deux Mamelles du Bonheur, non seulement j’ai relayé l’info sur ma page Facebook en temps et en heure et il semble que cela ait plu, mais en plus, j’ai offert l’ouvrage à quelqu’un que – hasard de la vie – vous avez connu dans le cadre du travail et qui, comme moi, admire votre plume. 1000 fois, cette personne m’a dit depuis : « ah, si j’osais, je lui écrirais pour lui dire combien j’ai aimé cet ouvrage en particulier ». Peut-être le fera-t-il un jour ? Vous voyez, tous ceux qui l’ont lu en ont retiré quelque chose de complètement inattendu, moi également. Ce livre finira par trouver son public, j’en suis certaine…
Espoir?
En lisant le discours de Eva au congrès de FNE, je viens de découvrir une phrase encourageante:
« Je modifierai le code civil et le code pénal pour protéger des mauvais traitements les animaux domestiques et les animaux sauvages. »
« Je modifierai le code civil et le code pénal pour protéger des mauvais traitements les animaux domestiques et les animaux sauvages. »
Encourageant mais insuffisant! Et puis c’est quoi, les « mauvais traitements » aux animaux domestiques? Il y a déjà des lois contre ça. Il faudrait les renforcer. Et punir sévèrement l’abandon d’un animal de compagnie.
Introduire également un code de bonnes pratiques dans l’agriculture et l’élevage. Pour les animaux concernés bien évidemment mais aussi pour l’environnement dans son ensemble, animaux sauvages inclus.
L’exemple le plus caricatural est l’ours des Pyrénées. Voilà un animal extraordinairement discret, qui ne commet quasiment aucun dégat si ce n’est de croquer de temps à autre (fort rarement) une brebis égarée dans la montagne. Car les éleveurs ont renoncé depuis longtemps à garder leurs troupeaux. Donc il y a beaucoup de bêtes qui se perdent..
Eh bien voilà des gens qui vivent avec plus de 50% d’argent public, le vôtre, le mien, et qui cherchent à éradiquer cette espèce emblématique essentiellement pour faire parler d’eux et de leurs difficultés! Difficultés qui sont réelles mais ce n’est pas une raison, il y a bien d’autres modes d’actions qui seraient plus appropriés!
Et que fait le Ministère de l’écologie au lieu de taper sur la table? Il compatit..
Dame, un ours ça ne vote pas!
…pour mieux se mentir à lui-même et abuser ses semblables. Il aime se raconter des histoires et tromper son prochain.
N’est-ce pas un paradoxe ? je suis méfiant tout à coup en vous lisant
D’autre part, pour moi l’homme n’est ni rien ni tout.
Mme Royal tnaiet pendant sa campagne presidentielle un discours quasiment de droite parfois. Comment pourrait-on maintenant lui faire confiance dans cette nouvelle posture quasi altermondialiste ? Son desir d’avenir semble surtout un desir de revanche.