17 septembre 2009
Plus léger que la fin des commentaires du dernier billet…
Elle s’appelle Miyuki Hatoyama, c’est la femme du nouveau premier ministre (démocrate) du Japon. J’avais fait sa connaissance par l’intermédiaire du blog d’un de mes brillants rejetons (soit dit en toute objectivité !) : http://tonique-revoltant.over-blog.com. On y apprenait comment cette bonne dame avait voyagé jusque sur la planète Vénus dans un ovni de forme triangulaire ; et que « l’endroit était très beau et très vert ». Vlà-t’y pas que l’aventure se corse. Selon Japan Today (voir Courrier International n° 984, 10-16 septembre 2009), elle a aussi rencontré l’acteur (scientologue) Tom Cruise (lui-même jadis japonais) dans une vie antérieure.
Puis Miyuki Hatoyama a enchaîné, dans une émission de télévision : elle a « mangé du soleil »… Il suffit d’en attraper des morceaux avec les mains, explique-t-elle en mimant : « Comme ça, hmmmm ! Ca me donne une immense énergie. Mon mari s’y est mis, lui aussi. »
L’espoir renaît. Les angoisses des écologistes sont balayées. Voilà résolus les problèmes d’énergie, de soif et de faim, et tous les autres. On ne pouvait rêver meilleure nouvelle. L’humanité est sauvée. Il lui suffit de manger du soleil. Y en aura pour tout le monde.

3 janvier 2008
Voilà des années que nous autres, écolos bornés, bêtes et méchants, le prédisons : ça y est ! Le pétrole a franchi la « barre » psychologique des 100 dollars par baril. Enfin !…
Enfin les consommateurs, petits ou grands, vont devoir comprendre que notre civilisation entière est bâtie sur l’énergie bon marché – cette énergie que la vie, durant des millions d’années, a accumulée dans le sol sous la forme d’hydrocarbures et de charbon… Enfin, le principe de réalité donne une baffe existentielle à l’utopie de la croissance…
La seule « sagesse » que les humains consentent est celle qui procède de la contrainte. Les accidents de la route n’ont diminué que grâce aux radars, aux PV et aux points retirés sur les permis de conduire. Les accidents de la consommation ne deviendront moins nombreux qu’avec l’augmentation générale des prix de l’énergie, c’est-à-dire de tous les prix sans exception.
Les pauvres seront encore plus malheureux, mais c’est dans leur nature : Dieu ou le Marché les ont créés pour ça. Ils leur reste à travailler plus pour gagner moins. Les riches y trouveront de nouvelles occasions de se moquer des SDF, RMistes et autres peuples du Tiers Monde condamnés à survivre avec moins d’un euro par jour.
Le Soleil n’en continuera pas moins de tourner autour de la Terre, comme le croient ceux qui prétendent aussi que « l’humanité finira bien par trouver des solutions »…
Bonne année à tous !
20 juillet 2007
Cher Marc ! Je ne vais pas résumer en trois phrases le problème du nucléaire… On y aura probablement droit, et à grande échelle, parce que tout le monde préférera ce risque au désagrément de devoir réduire sa consommation en énergie. De même qu’on exploitera massivement les schistes bitumineux et les sables asphaltiques, substituts du pétrole encore plus polluants que lui. Et le charbon, qu’on liquéfiera pour faire tourner nos moteurs de bagnoles. L’humanité cherchera toujours son confort immédiat, plutôt que la sagesse du futur. Elle finira par en crever.
Cela dit, au cours du prochain siècle, le nucléaire sera tout, sauf une solution.
Primo, il n’y a pas assez d’uranium pour satisfaire les éventuels besoins de substitution, ne serait-ce que d’une partie des énergies fossiles. Dès à présent, les prix montent. N’oublions pas que les réserves de minerai uranifère ne sont ni en France, ni même en Europe, mais au Niger ou au Canada. Question indépendance énergétique, ça laisse à désirer… Je rappelle que si, en France, 80 % de l’énergie électrique proviennent du nucléaire, celui-ci ne représente que 2 % de l’énergie totale consommée dans le monde.
Secundo, les risques ne sont jamais nuls, même en mode de fonctionnement normal : pollutions radioactives des “stériles” de mines, incidents variés de réacteurs, accidents lors du transport ou du stockage de déchets, etc. Loin d’être “propres”, les centrales nucléaires polluent chimiquement les eaux qui les refroidissent ; et les polluent encore davantage thermiquement. (De toute façon, comme nous manquons de substance liquide dans nos rivières, nos réacteurs seront condamnés à ralentir ou à s’arrêter de plus en plus souvent.)
Les accidents majeurs, du type Tchernobyl, nous pendent toujours au nez. En général, ils sont dus à des erreurs humaines. Marc pense qu’on peut les éviter en réservant le nucléaire aux pays riches et responsables ; mais c’est omettre la tentation permanente des industriels, qui consiste à vendre leur technologie partout où c’est possible. Y compris dans les contrées incapables financièrement, politiquement ou culturellement de surveiller des installations aussi “sensibles”… Pour faire baisser le prix du kilowatt-heure, il faut “rentabiliser” en vendant les usines à qui les désire, en “tirant” sur les coûts de surveillance et de maintenance, et en faisant supporter à la collectivité les frais (colossaux) du démontage des réacteurs en fin de vie.
Tertio, il y a l’imprévisible. Une polémique actuelle montre que les risques sismiques ont été systématiquement sous-estimés, en France comme ailleurs. (Voir les documents confidentiels EDF publiés hier par le réseau “Sortir du nucléaire”, www.sortirdunucleaire.fr) Le récent tremblement de terre du Japon, qui a provoqué de graves dégâts dans la plus grosse centrale du pays, ne peut qu’inquiéter. Je n’évoque que pour mémoire le péril terroriste, genre 11 septembre à Nogent-sur-Seine, Fessenheim ou Flamanville…
Quarto, il y a les déchets… Personne ne sait qu’en faire. On n’a encore aucune solution scientifique ou technique pour leur traitement, sinon la vitrification des plus dangereux et leur mise en silo sécurisé ad vitam aeternam (pour des siècles ou des millénaires, selon les cas). Si tout le monde réclame du courant électrique, personne n’accepte une décharge nucléaire dans sa commune : le syndrome “pas dans mon jardin” joue à plein. Il rend socialement ingérable la généralisation de ce type d’énergie.
Pour conclure, je dirai (quoi qu’on insinue à propos des nouveaux mélanges combustibles du type MOX), que celui qui possède un réacteur nucléaire peut toujours, s’il en a la volonté, le détourner et lui faire fabriquer les ingrédients (uranium 235 ou plutonium) nécessaires à la bombe atomique. Fût-elle artisanale ou même “foireuse” comme celle de la Corée du Nord… Il n’y a jamais eu, il n’y aura jamais de nucléaire “pacifique”. La prolifération des armes atomiques nous rapproche d’un Hiroshima mondial. Elle constitue, à mes yeux, le plus terrifiant des périls écologiques.
Plus radical encore que le chaos climatique… Vous me direz que, partis comme nous sommes, nous aurons probablement les deux !
17 mai 2007
Je rappelle ce calcul, qu’on trouve notamment dans « Le plein, s’il vous plaît », de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean :
Un esclave qui travaille une journée pour son maître déploie une quantité d’énergie de l’ordre de 1 kilowatt-heure.
Un moteur à explosion qui brûle un litre d’essence dégage dix fois plus : 10 kilowatts-heure.
Chaque fois que nous faisons 10 kilomètres en bagnole, nous faisons travailler dix esclaves durant une journée.
Où prendrons-nous nos esclaves, quand nous n’aurons plus de pétrole ?