20 décembre 2007
Je revendique ce privilège pour les générations futures. Il n’y a pas de raison : mon petit-fils, Adrien Yuuto, doit avoir le droit de voir ça un jour. Le plus étonnant spectacle que l’humanité puisse nous offrir après celui de Don Quichotte grimpé sur Rossinante : notre président, Nicolas Sarkozy, entrant à cheval (comme il en a le droit), vêtu en chanoine (puisque tel est son titre honoraire) dans l’église Saint-Jean-de-Latran, à Rome. En soutane et chasuble, avec étole et tonsure…
Publié dans la catégorie humour par Yves Paccalet le 20 décembre 2007.
4 novembre 2007
On me demande toujours qui était l’écolo lèche-cul qui allait parader et papoter de ministre en ministre, et que j’ai évoqué dans un moment d’irritation bénigne en racontant la réunion de l’Elysée avec Sarkozy, Al Gore et Barroso. Ce n’était évidemment pas Nicolas Hulot : lui, c’est plutôt les ministres qui viennent le lécher en essayant de poser avec lui pour la photo. Ce n’était aucun des participants ONG aux discussions finales du Grenelle. Oh ! et puis je laisse tomber. Mettons que je me sois trompé ; qu’il allait revendiquer et non pas quémander… J’ai eu tort de rigoler là dessus : nous sommes tous capables, un jour ou l’autre, de nous coucher devant un puissant pour en obtenir une faveur. Il me vient à l’instant cette terrible certitude exprimée en latin d’arrière-cuisine : Homo homini lechecus, « l’homme est un lèche-cul pour l’homme ».
Publié dans la catégorie humour par Yves Paccalet le 4 novembre 2007.
27 juillet 2007
Il y a un parallèle à faire entre le Tour de France et la marche triomphale de notre économie : les coureurs et nous-mêmes sommes dopés. Aux amphétamines, à la cortisone, à l’hormone de croissance, à la testostérone, à l’EPO, aux énergies fossiles, à l’énergie nucléaire… Les coureurs savent que les produits interdits sont mortels, mais ils y recourent : sans « pot belge », pas de performance, donc pas d’existence.
C’est la même chose entre les groupes industriels ou commerciaux, ou entre les pays du monde. Areva vend des centrales nucléaires aux Chinois et aux Libyens, les Russes font la même chose en Iran – au risque d’une mortelle prolifération atomique. Tout le monde sait qu’il ne faudrait pas, mais on le fait, parce que sans performance économique, on n’existe pas. De la même façon, les industriels délocalisent en sachant qu’ils se suicident. Les paysans de la FNSEA ont compris que les premières victimes de l’utilisation massive des engrais chimiques et des pesticides (les premiers empoisonnés, cancérisés, stérilisés), c’est eux ; mais ils aspergent nos campagnes…
Nous avons une mentalité de coureurs cyclistes derrière le maillot jaune. Les urines de notre société ressemblent au trop-plein des toilettes d’un hôpital. La course continuera jusqu’à la chute finale du peloton, dans un virage de la descente du Galibier ou du Tourmalet, sous l’oeil goguenard des loups ou des ours enfin tranquilles dans la montagne.
Publié dans la catégorie humour par Yves Paccalet le 27 juillet 2007.
14 mai 2007
Conformément à la Constitution, et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous, Nicolas Sarkozy, président de la République Française, nommons au ministère d’Etat de l’Ecologie, de l’Energie, des Transports, de l’Agriculture, de l’Urbanisme et de la Chandelle verte, monsieur Yves Paccalet, voleur de parfums et amateur de haïkus, pour la durée ordinaire de ce que vivent les roses, l’espace d’un matin.
Pour valoir ce que de droit, fait au palais de l’Elysée,
Nicolas Sarkozy, président de la République
(Je déconne, mais c’est pour souligner à quel point nous aimons le pouvoir : qui n’a secrètement rêvé d’être appelé aux plus hautes fonctions ? Qui ne s’est imaginé un jour en dictateur, en tyran, en César, en Napoléon, en Hitler, en Staline, en Mao Tsé-toung, en Pol Pot, bref en monstre capable des pires ignominies, sexuelles ou non ? Ne faites pas les chochottes, je sais la boue qui stagne en moi, par conséquent je connais la vôtre. L’homme est un tyran pour l’homme : Homo homini dictatorius.)
Publié dans la catégorie humour par Yves Paccalet le 14 mai 2007.
8 mai 2007
Le citoyen dépend de son supérieur.
Qui dépend du sien. Qui dépend du sien. Qui dépend du ministre. Qui dépend du Premier ministre. Qui dépend du Président. Qui dépend du sondage.
Qui dépend du citoyen.
C’est notre faute. Nostra culpa, nostra culpa, nostra maxima culpa. Quoiqu’il n’existe pas, le Bon Dieu barbu (ou Allah, ou Yahvé, ou Vishnou, ou Manitou…) se tord de rire derrière son nuage.
Publié dans la catégorie humour par Yves Paccalet le 8 mai 2007.