10 août 2008
Il y avait un bout de temps que ça n’allait plus… Je viens de démissionner de mon poste de président de Green Cross France. Je vous joins, ci-dessous, le texte de la lettre (officielle) que j’ai envoyée aux membres français et internationaux de cette organisation, dans laquelle j’ai cru et avec laquelle (je pense) j’ai fait oeuvre utile. Je peux accepter (chacun ses faiblesses) des colifichets comme la légion d’honneur, mais pas des reniements ou des compromis avec l’éthique de mes combats de toujours.
Le 28 juillet 2008
À tous les membres de Green Cross France
À tous les membres de Green Cross International
Chers amis,
J’ai accepté, voici environ deux ans, de devenir président de Green Cross France (GCF). Les deux ambitions essentielles de cette ONG – aider à la solution des problèmes mondiaux de l’eau et contribuer au maintien de la paix entre les peuples – correspondaient à mes préoccupations et à mes intentions d’action. La présidence internationale de Mikhaïl Gorbatchev me paraissait une garantie d’efficacité et de liberté.
Deux événements sont venus bouleverser la situation. Tout d’abord, Mikhaïl Gorbatchev a manifesté son désir de se retirer et a laissé libre le poste de président de Green Cross International (GCI). Jan Kulczyk l’a remplacé. J’ai fait savoir à tous les groupes internationaux de Green Cross qu’à mes yeux, ce dernier n’était pas la bonne personne. Il crée à lui seul d’insolubles conflits d’intérêt. Selon ma conception du bon fonctionnement d’une ONG écologiste, Jan Kulczyk a trop d’intérêts financiers directs dans des secteurs industriels pollueurs (pétrole, automobile, etc.) pour diriger GCI. J’ai demandé, lors d’une réunion à Moscou, en mars 2008, que ce problème soit réglé, notamment par un abandon du poste de président par Jan Kulczyk et par un changement des statuts et du mode de gouvernance de GCI. Mes exigences sont restées sans réponse.
Tout récemment, il s’est ajouté à cette situation déjà intenable le fait que le secrétaire général de GCI, Bertrand Charrier, lui-même en désaccord avec Alexandre Likhotal, du bureau de Genève, a décidé de quitter Green Cross et de rejoindre la Fondation Chirac. À mes yeux, la présence de Charrier est une condition décisive de la continuation des travaux de GCI en général et de GCF en particulier : c’est lui qui joue le rôle de cheville ouvrière dans la plupart des programmes d’aide que nous développons, au Proche-Orient comme en Afrique.
Pour ces raisons, j’avise ici Green Cross France et Green Cross International que je démissionne de mon poste de président de Green Cross France. J’appelle tous les membres de Green Cross France à se réunir en Assemblée générale à Paris, le 19 septembre 2008, afin de prendre acte de cette démission, des nouveaux événements en cours, et d’aviser des suites qu’il convient de donner aux activités de GCF.
Je remercie chacun d’entre vous pour le travail accompli, et j’espère que nous aurons, les uns et les autres, maintes occasions de poursuivre avec succès les entreprises qui nous sont chères – pour le bien de l’humanité actuelle et des générations futures.
Yves Paccalet