14 février 2010
Notre esprit doit être de tolérance, jamais de faiblesse : nous devons proclamer la liberté de conscience, pas celle de coercition. Les fanatiques de toutes les croyances (mais aussi fractions, nations, provinces ou ethnies…) se tiennent prêts. Ils n’avancent pas masqués : les talibans brandissent leur burqa, les salafistes leur niqab. Ceux-ci disent sans détour ce qu’ils feront à toutes les femmes lorsque, par notre lâcheté ou notre démission collective, nous les aurons laissés prendre le pouvoir. Les démocrates qui « excusent » ou « comprennent » le voile intégral, « excusent » ou « comprennent » aussi l’excision : dans un cas, on coupe aux filles leur clitoris, dans l’autre, on leur tranche (socialement) la tête. Avant de les lapider pour adultère, ou sous n’importe quel prétexte. Souvenons-nous de l’Inquisition catholique ou des « sorcières de Salem » brûlées par les protestants : obscurantistes de toutes les religions, vous êtes déjà unis !
J’écrivais ceci dans Le Grand Roman de la vie :
Il arrive que des sociétés religieuses tempèrent leur fanatisme et tolèrent les avancées de la raison. Mais toujours par opportunisme ou par faiblesse passagère : jamais par principe. Lorsque le dogme revient au pouvoir, quand la théocratie se rétablit (qu’elle soit juive, chrétienne, islamique ou – dirait le capitaine Haddock – anacoluthe ou bachi-bouzouk), il n’existe aucun exemple que la société échappe à la tyrannie des idées simples ; ou plutôt simplistes : « Dieu est grand ! », « Allah o Akbar ! » On voit vite triompher l’obscurantisme, l’excommunication des pécheurs, la dénonciation des blasphémateurs, la Sainte Inquisition pour les impies, la lapidation pour la femme infidèle, le pal ou la question pour le mécréant, la décapitation ou le bûcher pour l’apostat.
Je ne suis pas injuste ou moi-même intolérant en écrivant ces phrases : au contraire ! Je me sens l’âme légère, papillonne, atomique, moléculaire ou fouriéresque ; rabelaisienne (propagandiste du « Fays ce que vouldras ! » de l’abbaye de Thélème) ; ou encore voltairienne, avec à la bouche le leitmotiv du Traité sur la tolérance : « Écrasons l’infâme ! »
Écrasons l’infâme !
Durant les affaires Calas, Sirven et de La Barre, Voltaire signait ses lettres en abrégeant la formule : « Écr.L’Inf. » Je contresigne.


Niqab, burqa, Inquisition : trois symboles d'humanité en marche.

Photo de famille ! Souvenir, souvenir...