1er novembre 2008
(J’ai entendu récemment un élu vert - j’ai oublié son nom – qui s’insurgeait contre le gaspillage des illuminations de Noël. Car ça recommence, évidemment : bientôt, nous y aurons droit de la Toussaint à Pâques. L’an passé, j’avais fondé le GROIN. Je vous remets le billet : unissons-nous contre la laideur qui pollue !)
Les illuminations de Noël : l’une des plus sinistres inventions de l’humanité après la bombe atomique et le moteur à explosion ! Une maladie de saison que nous nous inoculons à nous-mêmes avec un masochisme communicatif, en bêlant des chants si sucrés qu’ils nous donnent le diabète…
Ce chancre malin apparaît de plus en plus tôt en décembre. Sa laideur contagieuse gagne les villes et les villages, dont la peau se met à luire de couleurs si laides que ceux qui les ont choisies ne pourront jamais être pardonnés. Certains habitants aident à la propagation du virus en l’important directement dans leur maison, sur un malheureux sapin auquel on a tranché le corps, et sous lequel on entasse des cadeaux promis à une rapide revente sur Internet…
Plus les illuminations de Noël se répandent, plus la société devient méchante. Il y a une relation de cause à effet. Le jeune de banlieue à qui l’on a infligé dès l’enfance le spectacle de ces éclairages kitchissimes, a forcément été traumatisé : je comprends qu’il se venge en mettant le feu à la voiture de ses parents. Je sais aussi pourquoi, à Noël, tout le monde est si triste, en faisant semblant d’être heureux dans le parfum du vomi de champagne et de foie gras…
Je n’oublie pas, bien sûr, que ces illuminations consomment une énergie folle et participent du chaos climatique. Voilà pourquoi je me révolte ! Amis de l’humanité et de la beauté, certains d’entre nous ont fauché les champs d’OGM : la lutte continue ! Jetons bas les guirlandes d’ampoules ! Révoltons-nous contre la dictature de la laideur électrique !
Rejoignons le combat, faisons-le connaître : je fonde dès aujourd’hui le GROIN, le Groupe Résolument Opposé aux Illuminations de Noël.
Publié dans la catégorie société par Yves Paccalet le 1 novembre 2008.
23 février 2008
J’ai écrit ce texte voici plus d’une douzaine d’années. C’était une de mes « Humeurs sauvages », dans la revue Terre sauvage. Je ne crois pas qu’il faille en retrancher grand chose aujourd’hui…
Neige sur la montagne. Blancs, les arbres ; blancs, les rochers ; blancs, les nuages… Blanche, l’hermine qui gambade sur le névé ; blanc, le lièvre variable aux narines frémissantes ; blanc, bien sûr, le lagopède changé en boule de neige par la magie du camouflage… Concentrés, quintessences de blanc. Avatars fascinants de la vie sans couleurs…
“Sans couleurs” ? Eh ! non, justement. Le blanc résulte de l’addition de toutes les couleurs. C’est le comble du mélange, le summum du composé, le point extrême de la mixité, du métissage, du croisement, de l’hybridation, de la bâtardise, de la combinaison de tous avec toutes. L’arc-en-ciel le démontre après la pluie. Isaac Newton s’amuse derrière les nuages avec son prisme. En songeant à ce simple fait physique, je me demande comment, dans le symbolisme simplet de notre vie quotidienne, nous avons pu associer le blanc au pur, au virginal, à l’immaculé, à ce qui est sans tache, sans mélange, sans contamination. L’espèce humaine conjugue l’illogisme à tous les temps, en se persuadant qu’elle est la raison même.
Or, c’est au nom de la pureté des êtres, des peuples et des religions que se commettent les injustices et les crimes les plus abominables. Ici, la femme est réduite en esclavage domestique parce qu’elle est “impure”. On la lapide parce qu’elle a été “souillée” par le péché d’adultère (un simple contact de peau, un peu de sperme !). Le fanatisme religieux poignarde l’apostat, égorge l’infidèle ou lance contre l’écrivain “blasphémateur” une condamnation à mort en forme de fatwa. Son bras armé terroriste dissimule une bombe dans un cimetière, qui hache dix enfants pour le plus grand bien de Dieu Tout-Puissant… Ailleurs, la dictature du “politiquement correct” isole les groupes humains en prétextant le respect des droits des minorités : touche pas à la “pureté” de mon sexe, de ma race ou de mon histoire, que je m’arroge le droit de récrire comme ça m’arrange…
Le massacre de la Saint-Barthélemy s’est perpétré à la gloire de la “pureté” de la religion chrétienne ; épisode, entre mille, de la façon dont les intégrismes se préservent de la “contamination” du paganisme et de l’idolâtrie. On brûle les sorcières ou les incroyants comme des linges infectés par la peste. Rien n’arrête l’escalade de l’horreur pure. Le nazi envoie six millions de Juifs à la chambre à gaz en invoquant la protection de la “race aryenne”. Le stalinien dénonce l’”origine de classe” suspecte et l’idéologie “putréfiée” de l’intellectuel ou du petit-bourgeois ; et il leur fait goûter la pureté du goulag. Le garde-rouge maoïste et le khmer rouge au Cambodge expédient, de même, quelques millions de “contre-révolutionnaires” vidanger les latrines et crever dans les camps, pour le grand profit de l’”idée juste” prolétarienne… Voyez le génocide des Indiens d’Amérique, des Aborigènes d’Australie, des Arméniens, des Kurdes : pureté, vous dis-je ! Considérez les massacres, les viols, les exécutions sommaires, les déplacements de populations en ex-Yougoslavie : “purification ethnique” ! Un demi-million de morts en deux mois au Rwanda. Ce n’est peut-être encore rien, comparé aux hécatombes monstrueuses qui se préparent en Inde ou au Nigeria.
Est-ce cette “pureté”-là qu’on voudrait continuer de me faire associer au blanc ? Mais je refuse ! Mais la seule couleur symbolique qui lui convienne, c’est le rouge ! Le rouge sang dont elle dégouline… Avec l’ignoble brun des dysenteries d’Auschwitz ou de Kigali ; la sanie verdâtre des typhus et des pestes ; et le bleu-noir des blessures de guerre puantes de gangrène, que visitent les mouches !
La montagne enneigée étincelle d’un blanc que, dorénavant, je ne qualifierai plus que d’“impur”. Engrossé par toutes les nuances de la vie. Avec le vert tendre des herbes qui naissent, le mauve des crocus, l’argent des pulsatilles, le brun de l’hermine et du lièvre en été, l’or des trolles, le bleu roi des gentianes et le rouge, le rouge merveilleux du sang qui pulse dans les artères des enfants heureux, quelle que soit la couleur de leur peau.
Publié dans la catégorie société par Yves Paccalet le 23 février 2008.

Ceci n’est pas une illumination de Noël ; c’est de la neige qui tombe…
22 décembre 2007
Les illuminations de Noël : l’une des plus sinistres inventions de l’humanité après la bombe atomique et le moteur à explosion ! Une maladie de saison que nous nous inoculons à nous-mêmes avec un masochisme communicatif, en bêlant des chants si sucrés qu’ils nous donnent le diabète…
Ce chancre malin apparaît de plus en plus tôt en décembre. Sa laideur contagieuse gagne les villes et les villages, dont la peau se met à luire de couleurs si laides que ceux qui les ont choisies ne pourront jamais être pardonnés. Certains habitants aident à la propagation du virus en l’important directement dans leur maison, sur un malheureux sapin auquel on a tranché le corps, et sous lequel on entasse des cadeaux promis à une rapide revente sur Internet…
Plus les illuminations de Noël se répandent, plus la société devient méchante. Il y a une relation de cause à effet. Le jeune de banlieue à qui l’on a infligé dès l’enfance le spectacle de ces éclairages kitchissimes, a forcément été traumatisé : je comprends qu’il se venge en mettant le feu à la voiture de ses parents. Je sais aussi pourquoi, à Noël, tout le monde est si triste, en faisant semblant d’être heureux dans le parfum du vomi de champagne et de foie gras…
Je n’oublie pas, bien sûr, que ces illuminations consomment une énergie folle et participent du chaos climatique. Voilà pourquoi je me révolte ! Amis de l’humanité et de la beauté, certains d’entre nous ont fauché les champs d’OGM : la lutte continue ! Jetons bas les guirlandes d’ampoules ! Révoltons-nous contre la dictature de la laideur électrique !
Rejoignons le combat, faisons-le connaître : je fonde dès aujourd’hui le GROIN, le Groupe Résolument Opposé aux Illuminations de Noël.
Publié dans la catégorie société par Yves Paccalet le 22 décembre 2007.